Miller : des critiques d’Ocasio-Cortez le blessent en tant que juif
Rechercher

Miller : des critiques d’Ocasio-Cortez le blessent en tant que juif

Interpellé sur certains tweets jugés racistes du président Trump, son conseiller a tenté de détourner l'attention sur la comparaison d'Ocasio-Cortez avec les camps de concentration

Le haut conseiller politique du président américain Donald Trump Stephen Miller s'exprime lors d'un briefing quotidien à la Maison Blanche le 2 août 2017. (AFP Photo/Jim Watson)
Le haut conseiller politique du président américain Donald Trump Stephen Miller s'exprime lors d'un briefing quotidien à la Maison Blanche le 2 août 2017. (AFP Photo/Jim Watson)

Dimanche, Stephen Miller, conseiller du président américain et partisan d’une ligne dure sur l’immigration, a accusé l’élue Alexandria Ocasio-Cortez de New York de minimiser la gravité de la Shoah. Il a déclaré à Fox News que ses commentaires sur la situation à la frontière mexicaine l’ont blessé « en tant que Juif ».

Dans une apparente tentative visant à détourner l’attention d’une question sur le récent tweet du président Donald Trump appelant Ocasio-Cortez et trois autres élues de couleur à « retourner » d’où elles venaient, Miller a critiqué la nouvelle élue pour ses récentes commentaires décrivant comme des « camps de concentration » les centres de détention de migrants gérés par le gouvernement.

« Je suis juif. En tant que Juif, Juif américain, je suis profondément choqué par les commentaires d’Ocasio-Cortez », a-t-il dit.

« C’est une insulte historique. C’est un commentaire immoral. Cela banalise la mort de six millions de mes frères et soeurs juifs. Cela minimise la souffrance et cela représente chaque officier de police patriote comme un criminel de guerre et ce sont sur ces commentaires… que nous devons nous focaliser ».

Trump a accusé Ocasio-Cortez, avec les élus Démocrates Ilhan Omar du Minnesota, Ayanna Pressley de Massachusetts et Rashida Tlaib du Michigan, de ne pas aimer les Etats-Unis d’Amérique, en créant une vive polémique il y a une semaine quand il a tweeté que les quatre « venaient de pays dont les gouvernements sont une catastrophe complète et totale, les pires, les plus corrompus et ineptes n’importe où dans le monde ».

« Pourquoi ne retournent-elles pas chez elles pour aider à régler les problèmes des pays détruits et infestés par le crime d’où elles viennent. Elles pourront ensuite revenir et nous montrer comment faire », a écrit Trump.

Toutes les quatre élues sont des citoyennes américaines et trois d’entre elles sont nées aux Etats-Unis.

En partant de la gauche, l’élue Rashida Tlaib,, l’élue Ilhan Omar, l’élue Alexandria Ocasio-Cortez, et l’élue Ayanna Pressley, s’expriment lors d’une conférence de presse commune à Washington le 15 juillet 2019. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

Omar et Tlaib ont été critiquées pour avoir repris des clichés antisémites sur le contrôle juif du système politique, un fait que Trump a mentionné à plusieurs reprises dans ses invectives en ligne.

« Quand les élues radicales de gauche s’excuseront-elles auprès de notre pays, du peuple d’Israël et même du Bureau du Président, pour les propos ignobles qu’elles ont tenus, et les terribles choses qu’elles ont dites, a écrit Trump. Je peux vous dire qu’elles ont donné le sentiment à Israël d’être abandonné par les Etats-Unis ».

Les commentaires de Trump ont provoqué la colère de nombreux Juifs américains. L’Anti-Defamation League (ADL) a décrit ces propos comme étant racistes et l’a appelé à cesser d’utiliser Israël et les Juifs comme un « bouclier ». L’American Jewish Committee (AJC) a aussi appelé Trump à laisser les Juifs en dehors de cela.

Matt Brooks, le directeur exécutif de la Coalition juive républicaine, a critiqué ceux qui, lors du meeting de Trump de mercredi soir en Caroline du nord, ont scandé « renvoyez-la » quand Trump a de nouveau qualifié Omar d’antisémite. (Trump a dit qu’il n’était « pas content » de ces propos et qu’il a essayé de les faire taire, mais les médias ont compté les secondes où il a permis à la foule de les dire : 13 secondes).

On pense que Trump et certains Républicains essaient de faire monter des polémiques autour des quatre élues au sein du parti Démocrate alors que la campagne présidentielle de 2020 se tend. Ils utilisent une rhétorique clivante sur des questions de race et d’immigration utilisées pour attiser la base politique en 2016.

Selon Miller, les propos du président s’inscrivaient dans une campagne politique pour mettre les Etats-Unis en première place et ils ne visaient pas à semer la discorde, tandis que les nouvelles élues auraient tendance à exprimer un « sentiment anti-américain ».

Lors d’un entretien à la télévision dimanche, on a montré à Miller plusieurs vidéos de Trump, alors candidat, qui fustigeait les Etats-Unis et qui qualifiait Barack Obama « du président le plus ignorant dans notre histoire » et déclarant « personne ne nous respecte ».

Critiquant le leadership d’Obama, le futur président républicain avait dit « nous ne savons pas ce que nous faisons ».

Essayant d’expliquer pourquoi les critiques des élues devraient être considérées comme étant pires que celles de Trump, Miller a dit qu’il n’y a pas de comparaison entre agir pour une application plus stricte des lois d’immigration et des meilleurs accords commerciaux, comme il a dit que Trump le faisait, et menacer d’ébranler le style de vie américain, comme il a affirmé que les élus voulaient le faire. « Elles détestent l’Amérique telle qu’elle existe », a déclaré Miller.

Miller, qui est largement considéré comme la personne à l’origine des politiques d’immigration dure de l’administration Trump, a été critiqué par beaucoup de membres de la communauté juive américaine, y compris son rabbin d’enfance, qui a déclaré qu’il « n’a pas reçu mon, ou notre, message juif ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...