Moalem-Refaeli veut revenir sur le retrait des implantations de 2005
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Moalem-Refaeli veut revenir sur le retrait des implantations de 2005

La députée du parti HaBayit HaYehudi va présenter un projet de loi visant à repeupler les implantations du nord de la Cisjordanie évacuées en même temps que Gaza

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Shuli Moalem, députée de HaBayit Hayehudi. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Shuli Moalem, députée de HaBayit Hayehudi. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Une députée du parti nationaliste et religieux HaBayit HaYehudi prévoit de présenter un projet de loi visant à permettre de relancer des implantations de Cisjordanie qui ont été démolies en marge du plan de désengagement de Gaza de 2005, malgré les appels du Premier ministre Benjamin Netanyahu à ne pas prendre de décisions provocantes pendant que le gouvernement construit ses relations avec la nouvelle administration américaine.

La députée Shuli Moalem-Refaeli a annoncé que son projet de loi annulerait une loi qui empêche les civils israéliens de se rendre sur les lieux des anciennes communautés juives, toutes situées dans le nord de la Cisjordanie, a annoncé lundi la Deuxième chaîne.

La proposition de Moalem-Refaeli s’inscrit dans l’optimisme manifeste des partisans des implantations après l’élection à la présidence des Etats-Unis de Donald Trump, vu par beaucoup au sein de la droite israélienne comme plus favorable à Israël et moins opposé aux implantations que l’administration précédente de Barack Obama.

Naftali Bennett, ministre de l’Education, et le parti HaBayit HaYehudi qu’il dirige ont affirmé que l’entrée de Trump à la Maison Blanche sonnait le « glas » de la solution à deux états. Ils ont récemment proposé une législation permettant d’annexer la grande implantation de Cisjordanie de Maale Adumim, située juste à côté de Jérusalem.

En 2005, Ariel Sharon, alors Premier ministre, avait organisé l’évacuation unilatérale des implantations juives de la bande de Gaza et remis la zone aux Palestiniens, mettant fin à 38 ans de contrôle militaire israélien du territoire.

En plus de l’évacuation de milliers d’Israéliens de l’enclave côtière, des centaines de familles avaient été expulsées de Kadim, Ganim, Homesh et Sa-Nur, quatre implantations israéliennes du nord de la Cisjordanie, que Moalem-Refaeli veut voir reconstruites.

Des Israéliens au sommet d'un immeuble dans ce qui était Sa-Nur, l'une des quatre implantations juives de Cisjordanie évacuées lors du désengagement de 2005, le 21 juillet 2015. (Crédit : Flash90)
Des Israéliens au sommet d’un immeuble dans ce qui était Sa-Nur, l’une des quatre implantations juives de Cisjordanie évacuées lors du désengagement de 2005, le 21 juillet 2015. (Crédit : Flash90)

Le projet de loi permettra d’annuler l’interdiction de conduire ou de randonner dans la région, ou de visiter les implantations détruites, et souligne qu’il s’agit d’une « mesure essentielle pour rétablir les implantations et [permettre] le retour des habitants qui en ont été expulsés. »

Contrairement à la bande de Gaza, dont l’armée israélienne s’est totalement retirée, l’armée est toujours déployée dans une grande partie de la Cisjordanie, notamment aux emplacements de ces anciennes implantations.

« Le retrait était une erreur politique et sécuritaire, et même une erreur dans le nord de la Samarie où Tsahal reste responsable du territoire et où seuls les civils ont été évacués », a déclaré Moalem-Refaeli à la chaîne en utilisant le nom biblique de la partie nord de la Cisjordanie.

« Par conséquent, mon projet de loi vise à annuler la loi et à faire revenir la vie civile. »

L'implantation de Homesh en décembre 20015. (Crédit : Neria Harua/CC BY/Wikipedia)
L’implantation de Homesh en décembre 20015. (Crédit : Neria Harua/CC BY/Wikipedia)

David Bitan, le président de la coalition, soutient cette mesure, de même que le président du Conseil régional de Samarie en Cisjordanie, Yossi Dagan, a annoncé la Deuxième chaîne.

« Il n’y a pas de justification pour détruire les implantations, il n’y a pas de justification pour empêcher les juifs d’être là-bas », a ajouté Moalem-Refaeli.

Lundi, pendant la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire du Likud à la Knesset, Netanyahu avait salué l’approche de Trump à l’égard d’Israël, mais s’en était aussi pris indirectement à ses partenaires de la coalition pour le projet de loi pour annexer Maale Adumim, affirmant que « ce n’est pas le moment de faire des surprises ».

« Nous faisons face à des opportunités importantes pour la sécurité et le futur de l’Etat d’Israël. Mais elles demandent de la responsabilité et de la discrétion pour que nous ne gâchions pas du temps ou des opportunités, a-t-il déclaré. Ce n’est pas le moment pour des réactions réflexes, ni pour des diktats, et pas non plus pour des surprises. »

Le cabinet a accepté dimanche à l’unanimité de repousser le vote sur l’annexion de Maale Adumim en attendant la rencontre entre Trump et Netanyahu le mois prochain.

Depuis l’évacuation des quatre implantations, des partisans des implantations ont tenté à de multiples reprises de visiter leurs emplacements et ont appelé à reconstruire les communautés.

En juillet 2015, les forces de sécurité avaient expulsés quelque 200 manifestants du site de Sa-Nur. Ils étaient entrés dans les ruines de l’implantation pour marquer le 10e anniversaire de son démantèlement. Des familles qui avaient été expulsées en 2005, des rabbins, des personnages publics, et Bezalel Smotrich, député du parti HaBayit HaYehudi, étaient notamment présents.

Marissa Newman a contribué à cet article.

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