Mois du patrimoine juif : Des associations juives boycottent un événement de Mamdani
La semaine passée, le cabinet du maire de New York avait publié une vidéo sur la journée de la Nakba qui avait indigné les milieux juifs traditionnels
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Les responsables de la communauté juive de New York ont déclaré qu’ils ne participeraient pas à la cérémonie organisée ce lundi soir par le maire, Zohran Mamdani, à l’occasion du Mois du patrimoine juif américain.
Le cabinet de Mamdani décrit l’événement comme une « célébration pré-Shavouot en l’honneur du Mois du patrimoine juif américain ».
Mais l’UJA-Federation of New York et le président du Jewish Community Relations Council of New York — les deux principales organisations juives de la ville — ont déclaré qu’elles ne participeraient pas à cet événement.
« Nous ne participerons pas à la célébration du Mois du patrimoine juif américain organisée à Gracie Mansion par un maire qui nie l’un des piliers de notre héritage : l’État d’Israël en tant que patrie du peuple juif », a déclaré l’UJA-Federation of New York au New York Post.
Le rabbin Joseph Potasnik, du New York Board of Rabbis, éminent dirigeant juif de la ville, a lui aussi annoncé qu’il n’y participerait pas.
Le rabbin David Niederman, figure de proue de la communauté hassidique Satmar, a en revanche indiqué au Post qu’il serait présent.
Les Satmar sont théologiquement non-sionistes, mais ne partagent pas l’anti-sionisme politique de Mamdani, et entretiennent des relations plus cordiales avec la mairie de Mamdani que les organisations juives traditionnelles.
Vendredi dernier, le cabinet Mamdani avait publié une vidéo sur la Journée de la Nakba qui a suscité l’indignation des organisations juives traditionnelles en raison de son récit partial sur la guerre d’indépendance d’Israël et du fait qu’elle laisse entendre que l’existence d’Israël est une « catastrophe » permanente.
Le terme Nakba, qui signifie « catastrophe » en arabe, renvoie à la création d’Israël et au déplacement de centaines de milliers de Palestiniens dans le cadre de la guerre d’indépendance israélienne de 1948. Le récit de la Nakba et le « droit au retour » qui lui est associé, revendiqué par les millions de descendants des réfugiés, sont considérés par beaucoup comme des appels à la fin d’Israël en tant qu’État à majorité juive.
Les leaders juifs de New York ont dénoncé cette vidéo qui, selon eux, donne une vision partiale de la guerre d’indépendance d’Israël, affirmant que ce récit contribue aux discriminations et aux menaces à l’encontre des Juifs. Les organisations juives nationales se sont elles aussi jointes à cette indignation.
« En partageant une vidéo partiale sur le conflit israélo-palestinien, le maire de New York a contribué à alimenter des sentiments hostiles », a affirmé l’American Jewish Committee. « À une époque où des Juifs sont attaqués dans les rues de New York et du monde entier en raison de rhétoriques anti-sionistes, amplifier des contenus tendancieux ne nuit pas seulement à la compréhension du public : cela accroît les risques pour la communauté juive. »
Ces propos témoignent d’une perception croissante au sein de la communauté juive américaine pro-israélienne, qui voit de plus en plus l’anti-sionisme comme une forme de discrimination et une menace en soi, au lieu d’un discours politique légitime.
Pour l’Anti-Defamation League, cette « vidéo partiale » relève de la « propagande ».
« La publier juste avant Shabbat n’est pas un acte responsable. C’est une provocation. En particulier dans un contexte où les ‘commémorations’ de la Journée de la Nakba dans la ville ont vu s’afficher un soutien ouvert à des organisations terroristes reconnues comme telles par les États-Unis, un véritable culte de leurs dirigeants et des appels à la destruction d’Israël. Les New-Yorkais méritent un maire suffisamment lucide pour dénoncer cela », a fait savoir l’ADL.
Lors des défilés organisés vendredi et samedi dans la ville à l’occasion de la Journée de la Nakba, des manifestants ont brandi des drapeaux du Hezbollah et du Hamas, dont certains sur un camion transportant des enfants.
Mamdani est revenu sur cette vidéo lors d’une conférence de presse.
« J’étais fier de célébrer la Journée de la Nakba, qui commémore chaque année, le 15 mai, l’expulsion de plus de 700 000 Palestiniens entre 1945 et 1947, lors de la création de l’État d’Israël et au cours de l’année qui a suivi », a indiqué Mamdani, qui s’est trompé sur l’année de création de l’État d’Israël.
« Notre objectif était de nous concentrer uniquement sur le témoignage d’une New-Yorkaise, sur ses propres souvenirs, sur ce que signifie être expulsée, sur ce qu’a été sa vie, et sur le fait qu’elle a trouvé un foyer à New York », a expliqué Mamdani.
Il a ajouté qu’il avait prévu d’apparaître lui-même dans la vidéo, mais qu’il était « tombé malade » et n’avait pas voulu « compliquer les choses » pour la protagoniste principale.
Mamdani a également été interrogé sur le boycott par les principaux groupes juifs de l’événement qu’il organise ce lundi soir.
« Mon message aux dirigeants juifs de cette ville, c’est que ma porte leur est toujours ouverte », a-t-il assuré.
Mamdani, qui refuse de reconnaître l’existence d’Israël en tant qu’État juif, n’a pas célébré le Jour de l’indépendance d’Israël le mois dernier et ne défilera pas lors de la parade pro-Israël de la communauté juive, appelée « Israel Day on Fifth », qui aura lieu ce mois-ci.
Mamdani continue de dire qu’il entend protéger et « chérir » les New-Yorkais juifs.
la Communauté du Times of Israël !







