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Les hommes politiques israéliens saluent la mémoire d’Henry Kissinger

Le président israélien a salué la mémoire de "l'un des plus grands diplomates", un "géant qui a façonné la politique mondiale de ses mains et de son esprit"

L'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger à Washington, DC, le 2 décembre 2022. (Crédit : ROBERTO SCHMIDT / AFP)
L'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger à Washington, DC, le 2 décembre 2022. (Crédit : ROBERTO SCHMIDT / AFP)

L’annonce de la mort d’Henry Kissinger, grande figure controversée de la diplomatie américaine à l’époque de la Guerre froide, disparu mercredi à l’âge de 100 ans, a suscité jeudi une pluie d’hommages à travers le monde.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a salué jeudi, depuis Israël, la mémoire de son illustre prédécesseur, jamais avare de « conseils » selon lui et qui aura « façonné l’Histoire », tandis que le président israélien Isaac Herzog a parlé de son « amour » pour Israël.

« Il était extraordinairement généreux de sa sagesse et de ses conseils. Peu de personnes ont été de meilleurs élèves de l’Histoire – et encore moins de personnes ont davantage contribué à façonner l’Histoire – qu’Henry Kissinger », a-t-il affirmé à Tel-Aviv aux côtés du président israélien Isaac Herzog.

« Nous sommes de grands admirateurs d’Henry Kissinger », a déclaré pour sa part le président israélien, rappelant que l’ancien chef de la diplomatie américaine avait « posé la pierre angulaire de l’accord de paix qui a été signé plus tard avec l’Egypte ».

Henry Kissinger est notamment reconnu aux Etats-Unis pour son rôle de médiateur entre Israël et les pays arabes. En 1973, après l’attaque surprise de pays arabes lors de la fête juive de Yom Kippour en Israël, il organisa notamment un pont aérien massif pour ravitailler l’allié israélien en armes.

Evoquant le rôle joué par le diplomate dans les accords de paix avec l’Egypte en 1979, Herzog a ajouté que lors du centième anniversaire de Kissinger, ce dernier affirmait qu’il avait « toujours aimé et toujours soutenu Israël, et le fera toujours ».

« Lors de notre dernière conversation, il a mis fin à l’appel en disant : ‘Monsieur le Président, sachez que j’ai toujours aimé, admiré et soutenu l’Etat d’Israël’. J’ai donc toujours ressenti son amour et sa compassion pour Israël et sa foi en l’Etat juif », a ajouté M. Herzog.

Herzog a salué sur X la mémoire de « l’un des plus grands diplomates », un « géant qui a façonné la politique mondiale de ses mains et de son esprit ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dans un communiqué qu’il pleurait la mort d’un « grand homme d’État, érudit et ami ». Netanyahu a loué « l’intellect redoutable et l’habileté diplomatique » de Kissinger, qui ont « non seulement influencé la politique étrangère américaine, mais ont également eu un impact profond sur la scène mondiale ».

Netanyahu a noté qu’il avait rencontré Kissinger pour la dernière fois à New York en septembre : il n’était « pas seulement un diplomate ; c’était un penseur qui croyait au pouvoir des idées et à l’importance du capital intellectuel dans la vie publique. Ses contributions au domaine des relations internationales et ses efforts pour naviguer dans certains des terrains diplomatiques les plus difficiles sont un témoignage de ses capacités extraordinaires. »

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen a déclaré qu’il était « attristé d’apprendre la mort de l’ancien secrétaire d’État Henry Kissinger, une figure emblématique de la diplomatie mondiale et l’un des piliers de la création de l’alliance indéfectible entre Israël et les États-Unis ». Le diplomate a joué un « rôle central dans la diplomatie au Moyen-Orient, et sa perception et sa vision uniques seront grandement regrettées, surtout en ces jours. »

Le président américain Richard Nixon, au centre, avec le Premier ministre Yitzhak Rabin et le secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger à l’hôtel King David Hotel de Jérusalem, en juin 1974. (Crédit : Yaacov Saar/GPO)

Le chef de l’opposition Yair Lapid a également rendu hommage à l’ancien secrétaire d’État américain, le qualifiant de « titan intellectuel et de géant de la diplomatie internationale. À une époque où la clarté morale et la réflexion stratégique sont plus nécessaires que jamais, sa voix et son expérience seront profondément regrettées. »

Avec son décès, « l’Amérique a perdu l’une de ses voix les plus sûres et les plus écoutées en politique étrangère », a salué dans un communiqué l’ancien président américain George W. Bush, républicain comme lui.

Pour le président russe Vladimir Poutine, « le nom d’Henry Kissinger est étroitement lié à une politique pragmatique qui a permis à aboutir à une détente des tensions internationales et à des accords très importants américano-soviétiques ayant contribué au renforcement de la sécurité mondiale ».

De son côté, l’Ukraine a salué « l’héritage intellectuel » de Kissinger qui continuera de peser sur la diplomatie mondiale.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a estimé pour sa part que le monde perdait « un grand diplomate », saluant l’engagement significatif de Kissinger en faveur de l’amitié entre l’Allemagne et les Etats-Unis.

Le président français Emmanuel Macron a décrit Kissinger comme « un géant de l’Histoire », qui a eu « une influence durable sur son époque », tandis que le ministre des Affaires étrangères britannique David Cameron a salué un « grand homme d’Etat » qui sera « très regretté ».

En juillet, Kissinger s’était rendu à Pékin pour s’entretenir avec le président chinois Xi Jinping, qui avait salué à cette occasion un « diplomate de légende ».

Le ministère chinois des Affaires étrangères a salué jeudi les « contributions historiques » de Kissinger aux relations sino-américaines, soulignant qu’il s’était rendu « en Chine plus d’une centaine de fois » pour « promouvoir la normalisation » des liens.

Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a pour sa part souligné les « contributions significatives à la paix et la stabilité » en Asie du diplomate américain.

Le président américain Richard Nixon dans le bureau Ovale aux côtés de la Première ministre Golda Meir et Henry Kissinger, le 1er mars 1973. (Crédit : Karl Schumacher/The Richard Nixon Presidential Library and Museum/ National Archives and Records Administration)

Prix Nobel

Juif allemand né en 1923 en Bavière, Heinz Alfred Kissinger, il fuit l’Allemagne nazie et est naturalisé américain à l’âge de 20 ans. Fils d’instituteur, il avait intégré le contre-espionnage militaire et l’armée américaine avant de poursuivre de brillantes études à Harvard, où il a également enseigné.

Reconnaissable à sa grosse monture de lunettes, il s’est imposé comme le visage de la diplomatie mondiale lorsque le républicain Richard Nixon l’a appelé à la Maison Blanche en 1969 comme conseiller à la sécurité nationale, puis comme secrétaire d’Etat, cumulant les deux postes de 1973 à 1975.

Il survivra au départ de M. Nixon – qui démissionna en 1974 en raison du scandale du Watergate – et resta maître de la diplomatie sous son successeur Gerald Ford jusqu’en 1977.

La signature d’un cessez-le-feu lui a valu le prix Nobel de la paix avec le dirigeant Nord-Vietnamien en 1973, l’un des plus controversés dans l’histoire du Nobel.

Le Duc Tho refusa le prix, arguant que la trêve négociée n’était pas respectée, et M. Kissinger n’osa pas se rendre à Oslo, de peur des manifestations.

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