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Mort du fondateur du Mouvement islamique en Israël à 69 ans

Après des débuts de terroriste, Sheikh Abdullah Nimr Darwish a dirigé la branche du sud, rejetant la violence et épousant les valeurs démocratiques

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Feu le président israélien Shimon Peres échange une poignée de main avec Sheikh Abdullah Nimr Darwish, à droite, pendant un repas de l'Iftar à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 9 septembre 2008 (Crédit :  Anna Kaplan/Flash90)
Feu le président israélien Shimon Peres échange une poignée de main avec Sheikh Abdullah Nimr Darwish, à droite, pendant un repas de l'Iftar à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 9 septembre 2008 (Crédit : Anna Kaplan/Flash90)

Le fondateur du Mouvement islamique israélien, Sheikh Abdullah Nimr Darwish, est décédé dimanche à l’âge de 69 ans à l’hôpital Hasharon de Petah Tikva.

Tandis que dans ses premières années, alors qu’il était leader du Mouvement, Darwish avait appuyé la violence, il s’était rapidement transformé en un chef pragmatique, soutenant la non-violence et les moyens démocratiques pour faire se propager la pensée islamique.

Le Mouvement, qu’il avait fondé en 1971 dans sa ville natale de Kafr Qassem, se basait alors sur l’idéologie des Frères musulmans, et réclamait un état arabo-musulman dans tout le territoire de la Palestine historique.

Selon un rapport fait par Brookings sur le Mouvement islamiste, Darwish était un militant communiste avant d’étudier l’islam à Naplouse de 1968 à 1971.

Le fondateur du Mouvement islamique israélien Sheikh Abdullah Nimr Darwish à Jérusalem le jeudi 16 décembre 2006 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le fondateur du Mouvement islamique israélien Sheikh Abdullah Nimr Darwish à Jérusalem le jeudi 16 décembre 2006 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

En 1979, Darwish avait aidé au lancement des « Familles du djihad » (Osrat al-Jihad), un groupe terroriste qui cherchait à réaliser les objectifs du Mouvements islamique en utilisant la violence. Tandis que le groupe avait chapeauté un certain nombre d’attaques – des détériorations de biens en majorité – il n’avait jamais commis d’attentats meurtriers. Il avait néanmoins assassiné un « collaborateur » arabe israélien présumé qui aurait travaillé avec les services de sécurité de l’état juif.

Darwish avait été arrêté en 1981 en raison de son appartenance au groupe. Il avait été relâché en 1983.

Alors qu’il était en prison, il aurait pris la décision de « travailler au sein de l’état d’Israël pour les valeurs islamiques sans contrevenir à la loi ».

A travers toutes les années 1980, le groupe de Darwish avait gagné en popularité et, en 1989, il avait obtenu cinq mandats de maire et 45 sièges dans 11 conseils municipaux et locaux. Le groupe offre des services qui manquent souvent dans les communautés arabes israéliennes, jardins d’enfants, collèges, cliniques de soins ou mosquées. Il a même sa propre ligue sportive.

L’une des étoiles montantes du Mouvement dans les années 1980 avait été Raed Salah — élève de longue date de Darwish — qui avait remporté la mairie à Umm al-Fahm, deuxième plus importante municipalité arabe israélienne.

Sheikh Raed Salah, head of the radical wing of the Islamic Movement in Israel, outside Ramla prison near Tel Aviv in 2010. (photo credit: Yossi Zeliger/Flash 90)
Sheikh Raed Salah, près de Tel Aviv en 2010. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash 90)

Le processus de paix d’Oslo, dans les années 1990, avait créé une scission entre Darwish et des éléments plus radicaux du Mouvement avec à leur tête Salah. Darwish avait soutenu le processus de paix alors que Salah s’y était opposé.

Cette différence avait entraîné une scission au sein du Mouvement entre la branche du sud, dirigée par Darwish, et la branche du nord, rassemblée derrière Salah.

Aujourd’hui, la branche du sud est représentée à la Knesset en tant que parti au sein de la Liste arabe unie. Trois des 13 membres appartenant aujourd’hui à la Liste arabe unie font partie du Mouvement.

La branche du nord du mouvement islamique a été mise hors-la-loi en novembre 2015. Le gouvernement avait accusé le groupe d’entretenir des liens avec des groupes terroristes et d’inciter à une vague de violences.

Salah a été libéré de prison au mois de janvier après avoir passé neuf mois derrière les barreaux pour incitation à la violence et racisme.

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