Musée juif de Bruxelles : des exécutions « chirurgicales », selon les secouristes
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Musée juif de Bruxelles : des exécutions « chirurgicales », selon les secouristes

"Ce sont des personnes qui ont l'air d'avoir été exécutées vu la précision des tirs", a déclaré une infirmière des secours d'urgence qui sont intervenus sur les lieux

Le musée juif de Bruxelles - lundi 2 juin 2014 (Crédit : Surya Jonckheere/Times of Israel)
Le musée juif de Bruxelles - lundi 2 juin 2014 (Crédit : Surya Jonckheere/Times of Israel)

Les secouristes intervenus après le quadruple assassinat du musée juif de Bruxelles, qui vaut au jihadiste français Mehdi Nemmouche d’être jugé aux assises, ont décrit lundi une scène de crime « impressionnante », avec des victimes abattues de manière « chirurgicale ».

Ce 24 mai 2014, vers 16H00, lorsqu’interviennent les secours d’urgence appelés par la police, deux corps gisent dans le hall d’entrée du musée, ceux d’un couple de touristes israéliens tous deux abattus par derrière, d’une balle dans la tête à bout portant, et morts sur le coup.

Mais, non loin de là, dans la salle d’accueil, ont raconté les secouristes, une troisième victime au sol est encore vivante, « inconsciente et fort agitée ». Il faut la « sédater » pour pratiquer les premiers soins, pose de minerve et intubation pour l’assistance respiratoire.

Il s’agit d’un jeune homme avec « une balle au milieu de la tête », explique Benoît Claessens, médecin urgentiste à Bruxelles, montrant d’un geste de la main l’espace entre les deux yeux. « Cette précision (…), c’était chirurgical », ajoute-t-il, reprenant son souffle, manifestement ému.

« Ce sont des personnes qui ont l’air d’avoir été exécutées vu la précision des tirs », renchérit Charlyne Liétard, une infirmière de la même équipe du Smur.

Les deux soignants décrivent une scène « impressionnante, choquante » et ce « stress » de travailler sans savoir si le tireur est encore dans les lieux ou non.

Ils ne savent pas à ce moment-là que des témoins l’ont vu repartir à pied dans la rue, portant les deux sacs noirs avec lesquels il était venu.

Selon l’accusation, Mehdi Nemmouche, 33 ans, un délinquant multirécidiviste radicalisé en prison puis passé par la Syrie, est l’homme qui a tiré ce jour-là sur un couple d’Israéliens, Emmanuel et Miriam Riva, sur Alexandre Strens, le jeune employé belge du musée (qui mourra des suites de ses blessures deux semaines plus tard). Un quatrième corps, celui de Dominique Sabrier, une bénévole française sexagénaire, est retrouvé dans un deuxième temps par les secours.

Depuis le 10 janvier, Mehdi Nemmouche est jugé avec un complice présumé, Nacer Bendrer, soupçonné de lui avoir fourni des armes, devant la cour d’assises de Bruxelles. Les deux Français, qui doivent répondre d' »assassinats terroristes », encourent la réclusion à perpétuité.

Arrêté à Marseille (sud de la France) six jours après les faits, en possession du revolver et de la kalachnikov utilisés pour les assassinats, Mehdi Nemmouche nie les faits et laisse ses avocats parler en son nom au procès.

Leur défense : il « n’est pas le tueur« , mais a été « piégé« . Et selon eux la tuerie du 24 mai 2014 n’est pas un attentat du groupe jihadiste Etat islamique (EI), mais « une exécution ciblée d’agents du Mossad« , les services secrets israéliens.

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