Natan Eshel critique les « non-ashkénazes », mais aime ses petits-enfants Mizrahi
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Natan Eshel critique les « non-ashkénazes », mais aime ses petits-enfants Mizrahi

Dans un enregistrement ayant fuité, l'assistant de Netanyahu dit que "la haine est ce qui unit" la droite, mais assure sur le fait que ses propos ont été sortis de leur contexte

Natan Eshel lors d'une réunion entre le Likud et le parti Yahadout HaTorah dans le cadre des négociations de coalition, à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 20 mai 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Natan Eshel lors d'une réunion entre le Likud et le parti Yahadout HaTorah dans le cadre des négociations de coalition, à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 20 mai 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Un proche collaborateur du Premier ministre Benjamin Netanyahu ne s’est pas excusé pour ses commentaires désobligeants sur les Israéliens « non-Ashkénazes », se vantant dimanche d’avoir des petits-enfants Mizrahi, dans une déclaration visant à minimiser les dégâts des remarques qu’il a faites et qui ont été divulguées à la presse samedi, deux jours avant les élections.

On pouvait entendre Natan Eshel dire que « la haine est ce qui unit » le camp de droite dirigé par le Likud, et que la campagne négative fonctionne bien avec les électeurs « non-Ashkenazes », dans l’enregistrement diffusé par la Douzième chaîne samedi.

Il a également qualifié la ministre du Likud Miri Regev de « bête », tout en notant qu’elle était particulièrement efficace pour soulever la base du parti.

Eshel a publié un premier communiqué qualifiant l’enregistrement de « mensonges », bien que l’on ne sache pas exactement ce qu’il contestait, car sa voix était clairement audible sur la bande.

Alors que les commentaires continuaient à faire la une des journaux ce dimanche matin, et que des membres importants du Likud, incluant Netanyahu, prenaient leurs distances par rapport à lui, Eshel a publié un nouveau communiqué.

« Je suis un fier grand-père de petits-enfants marocains. J’ai honte des nombreuses années de comportement tribal des blancs et des dommages infligés au merveilleux héritage des habitants des communautés Mizrahi. [Ils] ont raison d’être en colère, et le premier à le reconnaître et à admettre l’erreur [de la discrimination à leur égard] a été [l’ancien Premier ministre du Likud] Menachem Begin ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec son chef de cabinet de l’époque Natan Eshel, le 28 août 2011. (Crédit : Amit Shabi/pool/Flash90/File)

Évitant soigneusement de présenter de véritables excuses, Eshel a ajouté que « des extraits et des mots ont été sortis de leur contexte uniquement pour nuire au Likud ».

Aryeh Deri, qui préside le parti Shas, connu pour représenter les électeurs mizrahi ultra-orthodoxes, a déclaré au radiodiffuseur public Kan qu’Eshel lui avait également envoyé un SMS pour lui faire savoir qu’il avait des petits-enfants mizrahi.

Eshel, ancien chef de cabinet de Netanyahu qui a démissionné en 2012 suite à des allégations selon lesquelles il aurait utilisé une caméra placée subrepticement pour filmer sous la jupe d’une collègue, continue à travailler aux côtés du Premier ministre, notamment dans le cadre des deux précédentes négociations de coalition.

Dans l’enregistrement récemment révélé, on peut l’entendre discuter de la stratégie de campagne du parti avec une personne non nommée qu’il essaie de recruter comme conseiller politique, selon le rapport.

Dans l’enregistrement, Eshel affirme que la décision du procureur général Avichai Mandelblit d’inculper Netanyahu dans trois affaires a en fait aidé le Premier ministre dans sa campagne. « Il a progressé de 20 % », souligne Eshel, bien que les chiffres auxquels il se réfère ne soient pas clairs.

« Si vous ne savez pas voler, pourquoi exactement faites-vous de la politique ? Nous avons vérifié cela. Et à ma grande surprise, ils [le public] ne comprennent pas [cette notion] d’entrer en politique pour faire ce qui est bon pour la nation. Vous entrez en politique pour voler et vous devez être un homme », affirme Eshel, sans préciser à quel public il faisait référence.

La ministre de la Culture Miri Regev (Likud) répond à ce qu’elle estime être des propos sexistes prononcés par le député de Yesh Atid, Elazar Stern, le 6 novembre 2018. (Capture d’écran : Facebook)

« Maintenant, dans ce public, je l’appellerai… non-ashkénaze… Qu’est-ce qui les exaspère ? Pourquoi détestent-ils la presse ?… Ils détestent tout et nous avons réussi à attiser cette haine. La haine est ce qui unit notre camp », dit clairement Eshel.

Dans l’enregistrement, le confident de Netanyahu explique ensuite que la ministre du Likud, Miri Regev, est « excellente » pour « exciter » les partisans du Likud. Eshel ajoute que Miri Regev est « bête », mais qu’elle agit efficacement comme si elle se trouvait dans un stade lors d’un match de football et agitait les mains pour enflammer la foule.

Le Likud a semblé indiquer que l’enregistrement était authentique, tout en affirmant dans un communiqué qu’“il est impossible de comparer l’opinion privée erronée de Nathan Eshel, alors qu’il n’a aucun rôle dans la campagne du Likud, au témoignage choquant du conseiller principal du président de Kakhol lavan Benny Gantz, Israel Bachar, qui affirme que Gantz est un danger pour Israël et ne mérite pas d’être Premier ministre”.

Bachar, dans un enregistrement divulgué par la Douzième chaîne jeudi, a dit que Gantz n’a pas le courage d’attaquer l’Iran et pourrait constituer un danger pour la sécurité d’Israël.

Au début du mois, Netanyahu a été contraint de présenter ses excuses à un rabbin sioniste religieux de premier plan, Chaïm Druckman, après qu’Eshel a été enregistré en train de se moquer de lui et du parti Yamina qui le considère comme un leader religieux.

Dans l’enregistrement, Eshel semble se moquer de Druckman en utilisant le préfixe yiddish dédaigneux « sh », disant « Shmuckman » au lieu de « Druckman ».

Eshel a expliqué plus tard dans une déclaration qu’il avait parlé en « argot » et ne voulait rien dire de plus par ce commentaire.

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