Négociations de coalition : Liberman ne cédera pas sur la religion et l’Etat
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Négociations de coalition : Liberman ne cédera pas sur la religion et l’Etat

Le dirigeant d'Yisrael Beytenu a affirmé que la participation de son parti dépendait du respect de ses exigences en matière de sécurité, d'immigration, d'intégration et de religion

Le dirigeant du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, s'exprime lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 19 mars 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Le dirigeant du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, s'exprime lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 19 mars 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Samedi, Avigdor Liberman, dirigeant du parti Yisrael Beytenu, a de nouveau déclaré que son parti ne rejoindrait pas une coalition conduite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu à moins qu’il ne réponde à ses exigences en matière de sécurité, d’immigration, de religion et de questions étatiques, dans un gouvernement qui sera probablement dominé par la droite religieuse.

« Demain à 10h30, les négociations commenceront entre les partis du Likud et Yisrael Beytenu, a tweeté Liberman. Yisrael Beytenu a un programme clair qui s’articule autour de trois sujets : la sécurité, l’immigration et l’intégration, la religion et l’Etat. Avec toute notre volonté de rejoindre une coalition, et avec le souhait d’être flexible, nous ne céderons pas sur nos principes de base. »

Mercredi, le président Reuven Rivlin a officiellement chargé Netanyahu de former une coalition pour gouverner la 21e Knesset. Netanyahu, qui sera Premier ministre pour un cinquième mandat record, devrait former une coalition de partis de droite et ultra-orthodoxes.

Le soutien de Liberman a Netanyahu consoliderait la coalition de droite du Premier ministre à une majorité de 65 sièges dans une Knesset de 120 sièges. Mais le parti de Liberman dispose de cinq de ses sièges, juste assez pour mettre la coalition de Netanyahu en difficulté s’il venait à la quitter, comme il l’a fait en novembre après un désaccord sur la politique du Premier ministre vis-à-vis de Gaza, laissant la coalition de Netanyahu a seulement 61 sièges.

Le président d’Israël Reuven Rivlin (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la résidence du président à Jérusalem le 17 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Liberman, dont la base électorale est largement composée d’immigrants laïcs de l’ancien Union soviétique, a fait campagne pour s’opposer à la « coercition religieuse ». Il a également soutenu l’ouverture des transports publics et des épiceries le jour du Shabbat, ainsi que la fin du contrôle du Grand rabbinat sur des questions telles que le mariage et le divorce. Il souhaite également l’introduction d’une loi régulant – et limitant – les exemptions à la conscription militaire pour les étudiants ultra-orthodoxes.

En 2017, la Cour suprême a statué qu’une version de 2015 d’une loi israélienne sur la conscription militaire accordant à la majorité des étudiants de yeshiva des exemptions de service militaire était anticonstitutionnelle. La Cour suprême a demandé aux législateurs de voter de nouvelles lois concernant la conscription ultra-orthodoxe. En 2018, la Cour suprême a donné au gouvernement un mois et demi supplémentaire pour faire passer le projet de loi, étendant la date limite de début décembre à mi-janvier, mais la Knesset a ensuite été dissolue et des élections ont été fixées au 9 avril.

La semaine dernière, Liberman a déclaré qu’il voulait à nouveau être ministre de la Défense, et qu’il souhaitait qu’un membre de son parti soit en charge du ministère de l’Intégration. Lundi, il a menacé que les questions sur la religion et l’Etat ne conduisent à faire échouer les négociations.

« Si nous sommes forcés de choisir entre céder sur la loi de conscription des [ultra-orthodoxes] pour rester dans la coalition, ou être dans l’opposition, nous irons vers de nouvelles élections », a déclaré Liberman.

Avigdor Liberman est reçu par Yaakov Litzman, le chef d’Yahadout HaTorah, lors d’une cérémonie après un mariage le 18 juin 2017. (Shlomi Cohen/FLASH90)

Jeudi, le dirigeant d’Yahadout HaTorah a insisté pour dire qu’il ne rejoindrait pas le nouveau gouvernement de Netanyahu si la loi proposée pour la conscription dans l’armée des étudiants ultra-orthodoxes des yeshiva n’était pas changée, laissant présager des négociations de coalition très difficiles pour le Premier ministre. Yaakov Litzman, l’actuel ministre de la Santé, a affirmé que toutes ses demandes étaient coordonnées avec l’autre parti ultra-orthodoxe, le Shas. Yahadout HaTorah compte huit sièges à la Knesset.

Une autre condition que Litzman a posée pour rejoindre le gouvernement était liée aux travaux de construction du tramway de Tel Aviv et d’un nouveau pont en construction le samedi, le jour juif du repos. « Le Shabbat est une question importante, et si elle n’est pas prise en compte, je ne siégerai pas au gouvernement », a déclaré Litzman, sans donner plus de détails sur ses exigences spécifiques.

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