Netanyahu à Zaorálek : « Malheureusement, les Palestiniens ne négocient pas »
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Netanyahu à Zaorálek : « Malheureusement, les Palestiniens ne négocient pas »

Le ministre des Affaires étrangères tchèque dit aimer Israël mais critique l'opposition du gouvernement à la solution à deux Etats

Rencontre entre le ministre tchèque des Affaires etrangères, Lubomir Zaoralek, et le Premier ministre Binyamin Netanyahu, le 8 juin 2015 à Jérusalem. (Crédit photo: Amos Ben Gershom, GPO)
Rencontre entre le ministre tchèque des Affaires etrangères, Lubomir Zaoralek, et le Premier ministre Binyamin Netanyahu, le 8 juin 2015 à Jérusalem. (Crédit photo: Amos Ben Gershom, GPO)

La République tchèque risque d’avoir de plus en plus de difficultés à maintenir sa position très pro-israélienne si l’Etat juif ne parvient pas à prendre des mesures viables dans le sens de l’établissement d’un Etat palestinien et de la réalisation d’une paix régionale, a averti lundi son ministre des Affaires étrangères.

S’exprimant lors d’une interview avec le site d’information Walla, Lubomír Zaorálek a déclaré qu’Israël va probablement souffrir d’un isolement international et être étiqueté comme un Etat raciste s’il ne modifie pas sa politique en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Ces propos faisaient écho à ceux tenus il y a quelques jours par le président américain Barack Obama, soulignant la frustration croissante vis-à-vis d’Israël de la part de deux des se alliés les plus fidèles devant le manque de progrès vers la paix .

« Comme un de vos proches amis, il est important pour la République tchèque de dire que si la situation ne change pas, il nous sera difficile de maintenir notre position, » a averti Zaorálek, qui est actuellement en visite en Israël. « Nous voulons éviter les initiatives contre Israël, mais cela devient plus difficile avec le gouvernement actuel et son opposition à la solution à deux Etats », a-t-il affirmé. « Quelle est l’alternative, une détérioration vers l’apartheid ? »

En répondant à l’agence tchèque d’information, Zaorálek a également accusé la construction dans les implantations de torpiller les espoirs de paix : « Si la construction de colonies se poursuit sur les territoires qui relèvent de l’autonomie palestinienne, … c’est en fait un torpillage direct de ce processus, [à savoir en vue de] la formation de deux Etats indépendants », a déclaré Zaorálek.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi soir que les Palestiniens avaient en fait à chaque fois tourné le dos aux négociations de paix .

« Israël souhaite parvenir à une paix durable », a déclaré Netanyahu. « Cette paix signifie que nous ne voulons pas voir une répétition de ce qui est arrivé à Gaza, de ce qui est arrivé au Liban. Nous avons quitté le Liban – le Hezbollah est arrivé. Nous avons quitté Gaza – le Hamas est arrivé, et les deux sont soutenus par l’Iran. Nous ne pouvons pas permettre que cela se reproduise une troisième fois. Mais nous ne voulons pas un seul Etat. Nous voulons deux Etats pour deux peuples : un Etat juif, un Etat-nation juif – Israël, vivant en paix avec un Etat palestinien démilitarisé ».

« Malheureusement, les Palestiniens ne négocient pas. Ils fuient les négociations. Ils ont fui [Ehud] Barack, ils ont fui [Ariel] Sharon, ils ont fui [Ehud] Olmert, ils me fuient. »

Netanyahu a accusé les Palestiniens de tenter « d’utiliser le boycott d’Israël sous pretetxte qu’il n’y a pas de négociations qu’ils ont eux-mêmes refusées », et a appelé la communauté internationale à « arrêter de donner un laissez-passer aux Palestiniens ».

Le Premier ministre a souligné qu’il était favorable à une solution à deux Etats, mais opposé aux tentatives palestiniennes pour discréditer Israël.

« Je sais, Monsieur le ministre des Affaires étrangères, que vous vous opposez comme moi à cet ordre du jour extrémiste », a dit Netanyahu. « Je veux que vous sachiez que nous sommes favorables à une solution de deux Etats pour deux peuples. Nous sommes favorables à des négociations. Il est temps qu’on se tourne vers les Palestiniens et qu’on leur demande: « Êtes-vous pour une solution de deux Etats pour deux peuples ? Êtes-vous pour des négociations ouvertes, c’est à dire, sans conditions préalables? Êtes-vous attachés à la paix ? »

Prague est considéré comme l’un des plus fervents partisans d’Israël dans l’arène internationale. En 2012, la République tchèque a été le seul Etat membre de l’Union européenne à voter à l’ONU contre l’octroi à la Palestine du statut d’observateur d’Etat non membre .

Zaorálek a aussi rencontré lundi la ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely, qui a exprimé sa gratitude à la nation tchèque pour être aux côtés d’Israël et pour son opposition aux boycotts et initiatives unilatérales contre l’Etat juif.

אנחנו מציינים השנה 25 שנה לכינון היחסים עם צ'כיה. אני שמחה לארח את שר החוץ הצ'כי לובומיר זאורלק בירושלים.Happy to…

Posted by ‎Tzipi Hotovely – ציפי חוטובלי‎ on Sunday, 7 June 2015

« J’espère que je suis écouté, comme un ami qui aime Israël et qui s’en soucie », a déclaré lors de l’entrevue Zaorálek à Walla. « Je souhaite que nous puissions aider Israël et les Palestiniens à se mouvoir dans une meilleure direction. Je vais dire au Premier ministre Netanyahu qu’il a une chance de faire quelque chose de grand pendant son actuel mandat, mais aussi qu’il y a des dangers pour Israël qui rôdent ».

Zaorálek a également averti que les retards dans la reconstruction de la bande de Gaza, qu’il a visitée dimanche, l’avaient transformée en une « une usine d’extrémisme et de terrorisme ».

« Ce que j’ai vu est une véritable catastrophe », a-t-il dit. « J’ai rencontré des jeunes qui n’ont ni avenir, ni espoir. Le taux de chômage chez les jeunes y est inimaginable. Cela m’a rappelé des rencontres avec des jeunes en Grèce. »

Zaorálek a exhorté Israël à presenter un plan politique global pour la reconstruction de la bande de Gaza, et a exprimé l’espoir que les Palestiniens trouvent un moyen de résoudre les conflits internes entre le Fatah et le Hamas.

Il a noté que de nombreux pays européens hésitent à investir dans des projets économiques et humanitaires dans la bande de Gaza de peur qu’un autre cycle de violence n’éclate bientôt.

« Je suis en faveur d’une participation européenne [à Gaza] et je pense que nous avons raison de continuer à œuvrer pour améliorer la situation, mais il y a déjà des gens qui estiment que d’ici deux ans, nous risquons d’assister à une autre guerre et [tous nos efforts] tomberont à l’eau », a dit le diplomate tchèque .

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