Netanyahu aux manifestants arabes à Ein Mahil : « vous devriez avoir honte »
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Netanyahu aux manifestants arabes à Ein Mahil : « vous devriez avoir honte »

Le Premier ministre a déclaré que les manifestants ne devraient pas protester contre Israël, « le seul pays qui protège les droits de l’Homme »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une réunion du Likoud à la Knesset le 27 novembre 2017 (Miriam Alster / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une réunion du Likoud à la Knesset le 27 novembre 2017 (Miriam Alster / Flash90)

Des centaines d’Arabes israéliens ont protesté contre une visite dans leur ville du Premier ministre Benjamin Netanyahu jeudi, accusant son gouvernement de politiques racistes et d’avoir fait avancer des législations qui discriminent les Arabes.

Netanyahu a riposté contre les manifestants dans la ville du nord d’Ein Mahil — où il a reçu un prix pour ses contributions apportées à la communauté – en disant qu’ils auraient dû avoir honte de s’exprimer contre lui plutôt que de critiquer les massacres en Syrie, en Irak et en Libye.

Netanyahu avait été invité pour recevoir cette distinction par le maire d’Ein Mahil, Walid Abu Layl. Durant le voyage, au cours duquel il était accompagné par le ministre du Logement Yoav Galant, il a également signé un accord pour un projet portant sur la construction de 600 unités de logement.

Des centaines de manifestants s’étaient réunis à l’entrée de la ville, brandissant des bannières attestant de leur soutien au Fatah, le parti politique palestinien qui gouverne en Cisjordanie, et au Front de libération de la Palestine, et contre le Premier ministre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie dans la ville de Nazareth Illit, au nord. Le 28 décembre 2017 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

« A l’entrée, j’ai vu une manifestation », a dit Netanyahu. « Ils brandissent des pancartes du Fatah et de l’OLP. Contre ma visite ici ? Contre quoi ? Contre quoi manifestent-ils ? »

« Contre les millions de personnes massacrées ou renvoyées de leurs habitations en Syrie, en Irak ou en Libye ? », a demandé Netanyahu, se référant aux conflits dans ces pays qui, ces dernières années, ont tué un demi-million de personnes et déplacé des millions d’autres.

« Contre qui protestez-vous ? Contre le seul Etat qui protège les droits de l’Homme, qui a établi un hôpital de terrain pour venir en aide aux blessés ? Contre l’Etat d’Israël ? Vous devriez avoir honte ».

Netanyahu se référait à une opération de l’armée israélienne qui fait venir les blessés de guerre syriens en Israël pour y être soignés, et offre une aide humanitaire de base aux habitants de la Syrie dans les zones proches de la frontière.

Avant l’arrivée de Netanyahu, les résidents de la ville avaient publié une lettre ouverte expliquant les raisons de leur opposition à la visite et à la distinction remise au Premier ministre.

Ein Mahil, ont-ils écrit, « souffre depuis des décennies d’une politique de négligence de la part des gouvernements qui se suivent et souffre depuis des décennies des politiques discriminatoires mises en place par les Premiers ministres, parmi lesquels Benjamin Netanyahu ».

La ville, qui accueille environ 15 000 résidents, « fait partie intégrante et est inséparable des Palestiniens, qui mènent une campagne contre l’occupation et contre les décisions racistes prises par le gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, le même Premier ministre qui, durant son mandat, a adopté plusieurs lois racistes qui ont discriminé la minorité arabe en Israël ».

Affirmant que la visite était politiquement motivée en raison des enquêtes pour corruption l’impliquant, les manifestants ont également rappelé comment Netanyahu a vivement recommandé – une initiative controversée – aux Juifs de participer aux élections en 2015 parce que les « Arabes votent en masse ». Il avait ultérieurement présenté ses excuses pour ce propos.

En 2015, le gouvernement a approuvé un plan de 15 milliards de shekels sur cinq ans pour développer les communautés arabes israéliennes et autres minorités pour tenter de les placer au même niveau que la population générale.

Netanyahu est soupçonné dans deux enquêtes pour corruption, connues comme l’Affaire 1000 et l’Affaire 2000.

Dans la première, Netanyahu et son épouse Sara sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illégitimes de la part de bienfaiteurs milliardaires et de manière plus notable des milliers de shekels de cigares et de champagne de la part du producteur de Hollywood Arnon Milchan, né en Israël.

Netanyahu est soupçonné dans deux enquêtes pour corruption, connues comme l’Affaire 1000 et l’Affaire 2000. Dans la première, Netanyahu et son épouse Sara sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illégitimes de la part de bienfaiteurs milliardaires et de manière plus notable des milliers de shekels de cigares et de champagne de la part du producteur de Hollywood Arnon Milchan, né en Israël.

L’Affaire 2000 implique un accord de compromis illicite entre Netanyahu et le propriétaire du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, qui aurait vu le Premier ministre réduire la circulation d’un quotidien rival, Israel Hayom, soutenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable de la part du Yedioth.

Netanyahu a été interrogé à sept occasions depuis le mois de janvier en lien avec ces dossiers. Il a nié toute malversation dans les deux affaires.

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