Netanyahu chahuté à un événement à cause des ventes d’armes aux régimes meurtriers
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'Nous sommes supposés être une lumière parmi les nations, pas l'armurier des meurtriers'

Netanyahu chahuté à un événement à cause des ventes d’armes aux régimes meurtriers

Le Premier ministre a été interpellé sur les ventes d'armes aux pays qui contreviennent aux droits de l'Homme. Les manifestants ont dénoncé l'assistance apportée aux régimes meurtriers, notamment au Myanmar, interrompant l'événement de Jérusalem

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du concours annuel consacré à la bible à Jérusalem le 19 décembre 2017 (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du concours annuel consacré à la bible à Jérusalem le 19 décembre 2017 (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Des manifestants dénonçant les ventes d’armes israéliennes présumées à certains régimes meurtriers ont interrompu le Premier ministre Benjamin Netanyahu mardi durant son discours prononcé au début du quiz annuel consacré à la bible et réservé aux adultes.

Les manifestants ont brandi des bannières disant : « Honte ! Nous sommes supposés être une lumière parmi les nations, cessez de faire de l’argent avec l’Holocauste birman » et « Nous sommes supposés être une lumière parmi les nations, pas l’armurier des meurtriers ».

Netanyahu a tenté de continuer son discours malgré les huées, mais il a fallu plusieurs minutes avant le retour au calme et l’expulsion des manifestants de la salle.

Les manifestants protestaient contre les ventes d’armes à des régimes soupçonnés de violer les droits de l’Homme, notamment au Myanmar.

Certaines personnes dans le public qui s’était réuni au Centre international de conférences de Jérusalem ont affiché leur soutien au Premier ministre en scandant son surnom, « Bibi, Bibi ».

Cette photo prise le 9 octobre 2017 montre des réfugiés Rohingya en train de porter un enfant après avoir traversé la rivière Naf du Myanmar au Bangladesh à Whaikhyang le 9 octobre 2017. (Crédit : AFP/Fred Dufour)

De plus, mardi, des militants israéliens ont demandé que l’Etat juif cesse d’exporter des armes au Honduras dans un contexte de manifestations violentes qui ont suivi des élections contestées.

Un représentant du groupe, l’avocat Eitay Mack, a envoyé une lettre au ministre de la Défense pour qu’il gèle ou annule les ventes d’armes en raison des accusations de violations aux droits de l’Homme proférées contre les forces de sécurité du Honduras. Ce courrier, envoyé la semaine dernière et obtenu par l’AP mardi, survient après des semaines de manifestations entraînées par une élection contestée qui a eu lieu le 26 novembre dans ce pays d’Amérique centrale, au cours desquelles au moins 14 personnes ont été tuées.

Les ventes d’armes en Israël restent classifiées et le ministère de la Défense n’a pas encore fait de commentaires suite à cette missive. Le Honduras avait révélé les détails d’un accord d’armement portant sur un montant de 209 millions de dollars l’année dernière qui comprenait des équipements de communication et des drones de surveillance pour l’armée et des systèmes de cybersécurité pour les renseignements hondurais.

Au mois de novembre, le ministère des Affaires étrangères avait fermement annoncé qu’il ne vendait plus d’armes au Myanmar, qui a été accusé de nettoyage ethnique, dans un contexte d’indignation internationale sur ce commerce entre les deux pays.

Tout en admettant avoir vendu des armes au Myanmar dans le passé, le ministère avait indiqué avoir gelé toutes les ventes militaires il y a plusieurs mois.

Le communiqué ne se référait qu’aux ventes d’armes, mais ne mentionnait pas les autres produits liés à la sécurité, comme la technologie de surveillance ou les services de formation militaire.

Des agents de police et des soldats de l’armée utilisent du gaz lacrymogène et un canon à eau pour disperser les partisans du candidat d’opposition Salvador Nasralla durant des manifestations à Tegucigalpa, le 18 décembre 2017 (Crédit : ORLANDO SIERRA/AFP)

Selon les termes de la loi israélienne, l’utilisation finale des exportations du secteur de la Défense doit faire l’objet d’une réflexion avant la vente à un pays particulier.

Le ministère de la Défense est directement responsable des ventes d’armes, mais le ministère des Affaires étrangères pèse également sur la décision des pays destinataires autorisés.

Au mois de septembre, les militants avaient demandé au gouvernement de cesser ses exportations au Myanmar.

Il avait été annoncé plus tard que le ministre de la Défense Avigdor Liberman avait gelé les autorisations d’exportations militaires au pays.

Les Rohingyas de l’état de Rhakine au Myanmar fuient le pays vers le Bangladesh voisin, cherchant un refuge face à ce que les militaires du Myanmar ont appelé des « opérations de nettoyage ».

La crise a commencé au mois d’août lorsque des insurgés Rohingyas ont attaqué les forces de sécurité du Myanmar, menant à une répression brutale dans laquelle les soldats et des voyous bouddhistes n’ont cessé de tuer des hommes, de violer des femmes et d’incendier des habitations et des biens pour obliger cette communauté à fuir.

Presque un demi-million de musulmans Rohingyas ont traversé la frontière depuis le début de cette répression violente. Les Nations unies ont qualifié la campagne de « cas classique de nettoyage ethnique » et d’autres ont dénoncé des actions qui s’apparentent à un génocide.

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