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Netanyahu « est incapable de dire une seule parole vraie », fustige Gantz

Le ministre de la Défense a laissé éclater sa colère pendant un entretien ; le chef de l'opposition a encouragé les Israéliens à voter dans les bureaux réservés aux handicapés

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le ministre de la Défense Benny Gantz. (Yonatan Sindel, David Cohen / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le ministre de la Défense Benny Gantz. (Yonatan Sindel, David Cohen / Flash90)

A la veille des élections, le leader du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, a fustigé le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, dans un emportement de colère, qualifiant le politicien expérimenté de « menteur » incapable de dire « une seule parole vraie » et ajoutant que l’ex-Premier ministre « met en danger l’État d’Israël » en offrant le pouvoir aux extrémistes.

Lundi après-midi, Netanyahu avait indiqué dans un entretien avec la Radio militaire que Gantz n’était pas un potentiel partenaire politique, accusant le ministre actuel de la Défense « d’avoir mis en péril la vie des soldats de Golani afin d’épargner des Palestiniens » lorsqu’il était chef d’État-major de Tsahal.

Netanyahu avait ajouté que Gantz « est un gauchiste qui a expliqué être fier d’avoir mis en danger la vie des soldats de Golani pour épargner des Palestiniens ». Le leader de l’opposition se référait dans ses paroles à un incident survenu pendant l’Opération bordure protectrice de 2014, un incident pendant lequel l’armée avait attendu l’évacuation de civils palestiniens avant de détruire une cible dans la bande de Gaza.

Ces propos de Netanyahu ont finalement entraîné une attaque sans précédent de Gantz.

Intervenant au micro de la même radio immédiatement après Netanyahu, Gantz a vivement accusé l’ex-Premier ministre de se livrer à des mensonges et il a ajouté que son rival et ancien partenaire politique mettrait en danger Israël s’il devait reprendre le pouvoir.

« Nous étions dans le nord de Gaza. Et nous devions détruire un hôpital [où se trouvait un centre des forces ennemis] et nous avons dû tout d’abord nous assurer qu’il n’y avait plus dans le bâtiment de patients et d’autres civils qui devaient être évacués », a dit Gantz.

« Nous avons suivi toutes les procédures en attendant alors que nos forces étaient sous couverture – et après seulement, j’ai fait détruire l’hôpital. Mais Bibi, ce menteur, est incapable de dire une seule parole vraie. Et je vous le dis donc, le récit qu’il a livré des événements n’est pas vrai », s’est exclamé Gantz, appelant Netanyahu par son surnom.

Le ministre de la Défense et leader du parti HaMahane HaMamlahti lors d’une conférence du site d’information Srugim avant les prochaines élections à Jérusalem, le 30 octobre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a ajouté que Netanyahu « mettait en péril d’État d’Israël » en donnant, s’il devait être élu Premier ministre, à des extrémistes comme Bezalel Smotrich ou Itamar Ben Gvir, de la formation d’extrême-droite HaTzionout HaDatit, plus de pouvoir et il a douté de leurs capacités à occuper des postes à haute responsabilité dans l’establishment de la Défense.

Lundi dans la matinée, Netanyahu avait indiqué que Ben Gvir serait un candidat envisageable au poste de ministre de la Sécurité intérieure si son bloc parvenait à former une coalition à l’issue du scrutin de mardi. Ben Gvir avait été écarté du service militaire en raison de ses antécédents extrémistes.

La semaine dernière, Smotrich avait dit qu’il espérait être ministre de la Défense dans le prochain gouvernement. « Mon service m’a préparé à cela plus que de nombreuses autres choses », avait-il confié au site Ynet, même s’il n’a jamais eu aucune expérience au combat.

Le député Itamar Ben Gvir, à droite, et le député Bezalel Smotrich, à gauche, lors d’un événement de campagne électorale à Sderot, le 26 octobre 2022. (Crédit : Flash90)

Pour sa part, Netanyahu a vivement recommandé – de manière problématique – aux électeurs d’utiliser les bureaux de vote destinés aux personnes en situation de handicap s’il devaient ne pas réussir à atteindre les leurs.

« Si vous ne pouvez pas vous rendre dans votre bureau de vote, allez dans un bureau de vote pour les personnes en situation de handicap », a dit Netanyahu. « Ne restez pas chez vous ! », a-t-il ajouté, proposant une liste des bureaux destinés aux personnes en situation de handicap, avec leur localisation.

Les citoyens israéliens doivent voter dans le bureau qui leur a été assigné et qui correspond à leur adresse de résidence officielle, mais les personnes en situation de handicap ont le droit d’aller déposer un bulletin dans l’urne dans des bureaux spéciaux et situés à l’extérieur de leur zone de résidence officielle si ces bureaux s’avèrent être plus proches de leur domicile que les autres.

N’importe qui peut voter dans un tel bureau après la signature d’une déclaration stipulant une incapacité à se rendre au bureau officiellement assigné en raison « d’une mobilité réduite ». En principe, se livrer à une telle déclaration sans cause justifiable est un délit qui peut être puni d’un an d’emprisonnement même si en pratique, aucune poursuite n’a jamais été entamée dans ce cas de figure.

Le Premier ministre israélien et chef du parti du Likud Benjamin Netanyahu vote dans un bureau de Jérusalem pendant les élections à la Knesset, le 23 mars 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Dans un appel lancé « à tous les Israéliens – de droite, de gauche, membres du Likud et membres de Yesh Atid », le Premier ministre Yair Lapid a déclaré lundi que « tout le monde mérite ce qu’il y a de plus fondamental – un gouvernement constitué de personnalités dignes et qui travaillent dur ».

Lapid a ajouté n’avoir jamais cru « qu’Israël serait divisé entre ‘eux’ et ‘nous’. Nous aimons tous notre pays, nous sommes tous des patriotes et des sionistes et nous voulons vivre ici et ensemble ».

« Je m’adresse aux électeurs qui n’ont pas voté pour moi dans le passé et je vous demande de me donner une chance de pouvoir travailler ensemble », a-t-il continué.

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