Netanyahu : Israël ‘veille’ sur l’économie de l’AP pour brider le radicalisme
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Netanyahu : Israël ‘veille’ sur l’économie de l’AP pour brider le radicalisme

Le Premier ministre a affirmé que la relation entre les Etats-Unis et Israël est solide malgré le différend sur l'Iran

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 21 janvier, 2016 (Crédit : Fabrice Coffrini / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 21 janvier, 2016 (Crédit : Fabrice Coffrini / AFP)

Israël travaille à prévenir les difficultés de l’économie palestinienne en pleine vague de la terreur qui se traduit par des attaques quasi-qotidiennes depuis le mois d’octobre, afin de parer à la radicalisation de la société palestinienne, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu jeudi à Davos.

Netanyahu a par ailleurs évoqué le conflit israélo-palestinien au Forum économique mondial, alors que les Territoires palestiniens et Israël sont en proie à une vague de violences qui a fait 23 morts du côté israélien depuis le 1er octobre, selon un décompte de l’AFP.

« Nous veillons à ce que l’économie (palestinienne) continue à tourner au milieu de cette vague d’attaques au couteau parce que nous ne voulons pas que toute la population tombe dans ce piège », a-t-il dit.

Prenant la parole lors du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, Netanyahu a déclaré au journaliste de CNN Fareed Zakaria que « les Palestiniens sont divisés ».

Utilisant le terme arabe pour le groupe djihadiste Etat islamique, Daesh, Netanyahu a mis en garde contre le fait que la « daeshization du monde islamique est un grand danger, tout d’abord dans le monde islamique, puis pour tout le monde ».

Cela est également vrai pour les Palestiniens, a-t-il poursuivi.

« La moitié de leur société est contrôlée par l’islam militant sous la domination iranienne », a-t-il dit, faisant référence au gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza, qui aurait reçu quelque 100 millions de dollars par année de l’Iran. « Et il y a Daesh à Gaza ».

Un groupe affilié à l’Etat islamique a parfois échangé des tirs avec les forces de sécurité du Hamas dans le territoire côtier au cours des deux dernières années et a lancé des roquettes sur Israël.

En Cisjordanie, Netanyahu a ajouté, « l’autre moitié » de la société palestinienne a fait face à une menace semblable de radicalisation.

« Je pense que nous avons pris soin de permettre à l’économie [palestinienne] de continuer alors même que nous avons cette vague d’attaques au couteau, parce que nous ne voulons pas que la population tombe dans ce piège. Mais je pense que cela va être un défi constant ».

Netanyahu a également affirmé qu’il était possible de vaincre l’Etat islamique, comme la coalition menée par les États-Unis tente de le faire depuis la fin de 2014.

« Je pense que c’est une chose faisable. Je pense que l’ISIS [un acronyme pour l’EI] peut être vaincu. ISIS est une idée, avec un territoire et du pétrole. Il est possible de lui retirer le pétrole, ce qui enlève la moitié de leurs revenus. Il est possible d’atteindre les centres nerveux de leurs idées, qui sont concentrées essentiellement en deux endroits : Raqqa [en Syrie] et Mossoul [en Irak] ; cela ne nécessite pas de s’occuper de toute la Syrie et l’Irak. Et nous avons eu ces discussions avec les États-Unis et d’autres [Etats] sur cette tâche ».

Dans l’interview, Netanyahu a pris soin de louer l’alliance américano-israélienne.

Les États-Unis et Israël ont abordé une augmentation de l’aide militaire américaine envers Israël. « L’aide américaine à Israël est d’environ 3,1 milliards dollars [chaque année]. Ici, nous parlons d’un gros paquet. Je l’espère, nous arriverons à une conclusion réussie [des négociations] dans les mois à venir. Et c’est un signe de la force de l’alliance américano-israélienne ».

Une délégation des États-Unis devrait arriver en Israël la semaine prochaine dans le cadre des discussions sur le nouveau paquet militaire car l’accord actuel arrive à échéance en 2017, a rapporté le quotidien Haaretz.

Le budget total de la défense d’Israël équivaut à quelque 16 milliards de dollars, sans compter l’aide des États-Unis.

Netanyahu a reconnu les années d’acrimonie avec l’administration Obama sur l’accord nucléaire Iran, qui a récemment été mis en œuvre, et les pourparlers de paix avec les Palestiniens.

« Nous pouvons avoir nos désaccords. Nous en avons. Ils les publient toujours comme si c’était très dramatique. Mais », a-t-il ajouté, « l’alliance entre les Etats-Unis et Israël est si forte et si puissante que la seule chose qui s’est effondrée est le discours sur l’imminent effondrement américano-israélien. Il est très clair que ça ne va pas se produire, et que ce partenariat est solide comme un roc, et le restera ».

Avant son entrevue avec Zakaria, Netanyahu a rencontré à la fois le secrétaire d’Etat John Kerry et le vice-président Joe Biden.

La Maison Blanche a dit plus tard dans un communiqué que lors de la réunion, Biden « a réaffirmé l’inébranlable engagement des États-Unis envers la sécurité d’Israël et les deux dirigeants ont discuté des moyens d’approfondir la coopération en matière de sécurité pour faire face aux menaces régionales communes ».

Selon la déclaration, Biden et Netanyahu « ont également discuté des développements régionaux, dont la Syrie, la campagne contre l’ISIL [un autre acronyme pour l’EI], la mise en œuvre du Plan global d’action conjoint pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires, des mesures pour contrer les activités de déstabilisation de l’Iran, et les possibilités pour Israël de développer des partenariats énergétiques avec les pays orientaux de la Méditerranée pour améliorer la prospérité et la coopération régionale ».

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