Netanyahu: Israël veut éviter un « effondrement humanitaire » à Gaza
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Netanyahu: Israël veut éviter un « effondrement humanitaire » à Gaza

En Allemagne, le Premier ministre a déclaré à Merkel que l'Autorité palestinienne et le Hamas étaient responsables de la crise au sein de l'enclave côtière

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse  à Berlin le 4 juin 2018. (Crédit : Haim Zach/GPO)
La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à Berlin le 4 juin 2018. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit lundi qu’Israël « examine des possibilités variées pour empêcher un effondrement humanitaire à Gaza ».

Netanyahu a fait ces déclarations aux journalistes alors qu’il montait à bord d’un avion pour Paris, après avoir rencontré à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel.

« Je me suis entretenu avec la chancelière Merkel sur la situation à Gaza et je lui ai répété le fait que la situation entière était due à la situation économique. Purement et simplement », a-t-il commenté.

Il a souligné qu’Israël était le principal acteur – et probablement le seul – à tenter d’améliorer la vie des Palestiniens au sein de l’enclave côtière, affirmant que ni l’Autorité palestinienne, ni le Hamas ne leur venaient en aide.

« En ce qui concerne Gaza, nous explorons des options variées pour empêcher un effondrement humanitaire là-bas », a dit Netanyahu.

Des émeutiers palestiniens brûlent des peux à la frontière entre Israël et Gaza, à l’est de Gaza City, pour protester contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018. (Crédit : AFP /Mahmud Hams)

Il a attribué la responsabilité de la situation humanitaire à Gaza à la décision prise par le président de l’AP, Mahmoud Abbas, de geler le paiement des salaires des employés de l’AP à Gaza ainsi qu’aux investissements du Hamas dans le terrorisme.

Il a dit aux journalistes que « j’ai décrit à la chancelière comment la crise était survenue à Gaza – la coupe effectuée dans les salaires par Abou Mazen et les investissements du Hamas dans les tunnels », a-t-il expliqué, utilisant le nom de guerre d’Abbas.

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu donnent une conférence de presse après une réunion à la Chancellerie à Berlin le 4 juin 2018. (AFP PHOTO / Tobias SCHWARZ)

« Les tunnels construits par le Hamas sont l’équivalent de six immenses tours », a ajouté le Premier ministre. « C’est un énorme investissement qui les met à sec – car nous les détruisons ».

Netanyahu a précisé qu’il avait dit à Merkel que les manifestations et les émeutes palestiniennes adjacentes à la frontière avec Gaza, qui ont d’ores et déjà fait plus de 100 morts et des milliers de blessés face aux soldats israéliens qui gardent la frontière, sont la réponse à cette crise économique.

« Leur convergence à la clôture frontalière est le résultat de cette crise économique », a-t-il estimé. « C’est une décision consciente ».

Gaza doit faire face à une pénurie d’électricité, d’eau potable et de produits alimentaires. Israël et l’Egypte maintiennent un blocus contre la bande qui, disent les deux pays, a pour objectif d’empêcher le Hamas d’importer des armes et d’autres équipements qui pourraient être utilisés pour construire des fortifications ou des tunnels.

Israël a également déclaré que la situation humanitaire ne pourra pas s’améliorer tant que le Hamas ne restitue pas les dépouilles de deux soldats et les deux civils israéliens qu’il retient en captivité. L’Etat juif reproche au Hamas la situation critique dans la bande, accusant le groupe terroriste de dépenser des millions versés en aide pour acheter des armes, creuser des tunnels, fabriquer des roquettes et former son aile militaire au lieu de l’utiliser pour le bien-être de sa population.

La situation a été exacerbée par un conflit continu entre le Hamas et l’AP, qui a coupé les salaires versés aux travailleurs de Gaza et imposé des sanctions variées, notamment la cessation des paiement de l’électricité consommée dans la bande.

Un haut-responsable de l’armée israélienne a déclaré la semaine dernière que la situation à Gaza était à son plus bas niveau.

« Le Hamas est dans la situation la pire depuis son accession au pouvoir en 2007 et c’est également le cas de la population de la bande de Gaza. La responsabilité en revient tout d’abord au Hamas, mais nous pouvons également prendre des initiatives », a-t-il expliqué. « Le Hamas tente de trouver des moyens de se sauver de son effondrement, et il n’a que deux solutions : Trouver un arrangement [d’accalmie avec Israël] ou se tourner vers la confrontation militaire ».

Dans la matinée de lundi, lors d’une conférence de presse conjointe avec Merkel, Netanyahu a évoqué les négociations de paix, depuis longtemps en sommeil, avec les Palestiniens.

Netanyahu a dit que « notre main est toujours tendue pour la paix », arguant que les relations d’Israël avec les pays arabes qui ne cessent de s’améliorer sont « la voie la plus prometteuse ».

Merkel a pour sa part indiqué que « il n’y a pas d’accords sur tous les points. Mais nous sommes partenaires, nous sommes amis ».

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