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Netanyahu salue le retrait de l’appel de Smotrich à « anéantir » Huwara

Le ministre d'extrême-droite a fustigé l'envoyé américain en Israël Tom Nides qui aurait appelé à "jeter" Smotrich de l'avion quand il ira aux USA

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 25 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 25 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est réjoui, dimanche matin, du rétropédalage de son ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui a déclaré avoir tenu des propos « inappropriés » en disant qu’Israël devait « anéantir » la ville palestinienne de Huwara. Il a ajouté que la politique israélienne consistait à éviter toute sanction collective.

Les paroles prononcées mercredi par Smotrich ont été, a-t-il expliqué samedi, « un dérapage verbal » qui a été entraîné « par un torrent d’émotion ». Elles ont provoqué l’indignation à l’international, remettant en cause le voyage prévu la semaine prochaine aux États-Unis du ministre d’extrême-droite.

Des propos qui ont été tenus aussi après un déchaînement de violences de partisans extrémistes du mouvement pro-implantation qui a eu lieu à Huwara au début de la semaine dernière où les émeutiers ont incendié voitures et habitations palestiniennes – faisant un mort et plusieurs blessés graves. Ces échauffourées étaient venues répondre à un attentat terroriste à l’arme à feu qui avait ôté la vie à deux frères, Hallel et Yagel Yaniv, dans cette localité du secteur de Naplouse, quelques heures auparavant.

« C’est important que le ministre des Finances Smotrich établisse clairement qu’il n’a aucune intention de porter atteinte à des innocents ou d’imposer une sanction collective », a écrit Netanyahu sur Twitter en hébreu. « Je sais quelles sont ses opinions et ces dernières se reflètent dans cette clarification ».

« Tout le monde peut faire des erreurs et notamment les diplomates étrangers », a-t-il ajouté, une pique à peine voilée destinée à l’ambassadeur américain en Israël Tom Nides qui aurait déclaré, selon la Douzième chaîne – une information qui a été démentie avec véhémence auprès du Times of Israel par son porte-parole – que Smotrich devrait être « jeté de l’avion » lorsqu’il se rendrait aux États-Unis pour y assister à une conférence.

Netanyahu a ajouté que « la politique israélienne est claire : c’est lutter contre les terroristes et contre les partisans du terrorisme en évitant les sanctions collectives ».

Il a noté que l’Autorité palestinienne n’avait pas encore condamné l’attentat terroriste meurtrier qui avait précédé les émeutes à Huwara.

« Il est regrettable que certains, au sein de la communauté internationale, aient été rapides à condamner Israël sans avoir encore demandé une condamnation, pourtant nécessaire, de la part de l’AP », a continué le Premier ministre.

Dans une série de tweets en anglais publiés ensuite, Netanyahu a répété les mêmes propos – sans faire allusion à Nides – mais il a aussi qualifié les paroles initiales de Smotrich « d’inappropriées », indiquant qu’il était « important pour chacun d’entre nous de calmer la rhétorique » et « de faire baisser la température ».

Lors d’une conférence qui avait eu lieu mercredi, Smotrich, à la tête du parti d’extrême-droite Hatzionout HaDatit, avait dit qu’il pensait que « la ville de Huwara [devait] être anéantie ».

« Je pense que c’est l’État d’Israël qui devrait l’anéantir, et non, Dieu nous en préserve, des civils », avait-il ajouté, notant que « nous ne devons pas nous laisser entraîner dans une anarchie où les citoyens se rendraient eux-mêmes justice ».

Des paroles qui avaient suscité des condamnations féroces en Israël et dans le monde entier, les États-Unis les qualifiant de « répugnantes » et « dégoûtantes » et l’ONU de « provocatrices, incendiaires et tout simplement inacceptables ». Une indignation similaire s’était exprimée depuis la France, la Jordanie, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et d’autres pays.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé pour sa part vendredi son « rejet total de ces déclarations racistes et irresponsables qui reflètent la violence et l’extrémisme de masse employés par l’occupation israélienne contre nos frères palestiniens », a rapporté l’agence officielle SPA.

Le Qatar a dénoncé de son côté des propos « odieux et provocateurs », les considérant comme « une grave incitation à un crime de guerre », selon l’agence officielle qatarie QNA.

« Nous sommes consternés par les propos du ministre israélien Bezalel Smotrich concernant le village palestinien de Huwara. Ces propos sont inacceptables, irresponsables et indignes de la part d’un membre du gouvernement israélien », a déclaré la porte-parole du Quai d’Orsay au point de presse électronique.

« Ces propos ne font qu’attiser la haine et alimentent l’engrenage de la violence actuel. Une fois de plus, la France appelle le gouvernement israélien, au titre des obligations internationales qui lui incombent en sa qualité de puissance occupante, à protéger les civils palestiniens et à poursuivre les auteurs des violences », a-t-elle ajouté.

Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, s’exprimant devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies à Genève, a qualifié l’appel de Smotrich de « déclaration inconcevable d’incitation à la haine et à la violence ».

A Washington, le porte-parole du Département d’Etat américain, Ned Price, a été plus sévère encore. « C’était irresponsable, c’était répugnant, c’était dégoûtant », a-t-il dit à des journalistes. « Tout comme nous condamnons l’incitation palestinienne à la violence, nous condamnons ces remarques provocatrices qui constituent également une incitation à la violence », a-t-il ajouté.

Samedi soir, Smotrich a expliqué devant les caméras de la Douzième chaîne que « le choix de mes mots n’a pas été le bon mais mon intention est très claire – c’est que les forces israéliennes de sécurité doivent passer à l’offensive dans la guerre contre le terrorisme ».

« Il s’agit d’un dérapage verbal entraîné par un torrent d’émotions », a-t-il expliqué même s’il avait tenu ces propos trois jours après les émeutes violentes des partisans du mouvement pro-implantation dans la ville, après la mort de deux frères israéliens dans un attentat terroriste survenu au sein de la localité. Il « va sans dire » qu’il n’avait pas l’intention d’appeler à la violence, a affirmé Smotrich.

Smotrich a refusé de qualifier les actes commis à Huwara par les extrémistes du mouvement pro-implantation d’actes terroristes.

Il a dit que les émeutes étaient « un crime nationaliste très grave, mais pas du terrorisme », ajoutant que Huwara était un village « en proie au terrorisme ».

Voitures brûlées par des résidents d’implantations lors d’émeutes à Huwara, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 27 février 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Plus tard dans la soirée de samedi, Smotrich a écrit sur Twitter sa réponse aux propos présumés qui auraient été tenus par Nides à son sujet : « Je ne suis pas en colère et je suis convaincu qu’il n’avait pas l’intention de lancer une incitation à mon meurtre en disant que je devais être jeté de l’avion, tout comme je n’ai pas parlé de m’en prendre à des innocents en disant que la ville de Huwara devait être anéantie. Les gens utilisent parfois des expressions fortes qu’ils ne pensent pas pour transmettre un message direct. Cela arrive à tout le monde. »

Pour sa part, le bureau de Nides a nié avoir eu ces paroles.

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