Netanyahu voudrait la suspension de députés au comportement « inapproprié »
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Netanyahu voudrait la suspension de députés au comportement « inapproprié »

La loi a été présentée quelques heures après que le Premier ministre ait fustigé des législateurs arabes qui ont rendu visite à des familles de terroristes

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 20 septembre 2015 (Crédit : Ohad Zwigenberg / Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 20 septembre 2015 (Crédit : Ohad Zwigenberg / Pool)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souhaité dimanche une loi permettant de suspendre des députés au « comportement inapproprié », après la visite par des parlementaires arabes israéliens de proches d’auteurs d’attaques anti-israéliennes.

« Lors d’une réunion avec les chefs des partis de sa coalition, le Premier ministre a donné son accord pour la rédaction d’une loi qui permettrait à la Knesset (Parlement) de suspendre un membre après un comportement inapproprié », selon un communiqué officiel.

Cette mise à l’écart exigerait l’approbation de 90 des 120 députés, précise le communiqué.

Netanyahu agit dans la continuité d’une déclaration formulée plus tôt dimanche dans ce sens affirmant qu’il ferait la promotion d’une législation qui disqualifierait des législateurs qui suivent les pas de trois membres arabes de la Knesset (Balad) qui ont rencontré, la semaine dernière, des familles de terroristes et auraient exprimé leur solidarité à leurs égards.

« Le Premier ministre continue avec ses méthodes de tromperie et d’incitation à la haine, a déclaré Ayman Odeh, le dirigeant de la Liste arabe unie (13 députés dont les 3 du parti Balad). Selon Netanyahu, il devrait régner comme un empereur, et la Knesset devrait être dirigée par la tyrannie de la majorité ».

Odeh a déclaré que son parti, qui jusqu’à présent n’a pas commenté la visite, « s’oppose fortement au trafic de dépouilles d’Israël », faisant référence à la politique du gouvernement israélien de détenir les dépouilles des terroristes palestiniens.

« Netanyahu et ses ministres savent très bien que c’était l’essence de la rencontre à Jérusalem Est, a-t-il continué. C’est une question humaine de base. Un homme qui meurt, peu importe la gravité du crime qu’il a commis, doit être enterré. Cela ne contredit pas notre position morale et fondamentale de condamner toutes les attaques sur des innocents ».

Plus tôt dimanche, Netanyahu a spécifiquement mentionné les trois députés, les accusant de « construire des murs de haine » pour résister aux efforts israéliens d’intégrer la communauté arabe.

« De nombreux citoyens israéliens n’ont pas le sentiment que ces députés les représentent. Nous faisons de grands efforts, un investissement fort afin d’impliquer les citoyens arabes dans la société israélienne et [ces députés] font exactement le contraire, ils construisent des murs de haine », a-t-il déclaré au début de la rencontre hebdomadaire du cabinet.

Face à une recrudescence des attaques à l’arme blanche principalement, Israël a annoncé qu’il ne restituerait plus les corps des agresseurs. Dans les faits, il en a rendu plusieurs dizaines mais en conserve encore dix.

M. Netanyahu a également demandé au procureur général Avichai Mandelblit de se prononcer sur la légalité de la visite des trois députés.

Le journaliste politique de la Deuxième chaine, Amit Segal, doute pour sa part qu’une loi permettant au Parlement de suspendre un de ses membres obtienne l’approbation de la Haute cour de justice.

Pour l’heure, un député peut être suspendu seulement s’il est reconnu coupable d’un crime.

Dimanche, l’un des députés arabes israéliens sur la sellette, Hanin Zoabi, a été condamné à six mois de prison avec sursis et 690 d’euros d’amende pour avoir qualifié de « traîtres » des policiers arabes israéliens en 2014.

AFP a contribué à cet article.

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