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Nir Barkat : Le plan de remaniement judiciaire n’affectera pas les investissements

Le ministre de l'Économie assure que tant qu'Israël aura les meilleures idées et innovations, son secteur high-tech sera florissant

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le ministre israélien de l'Économie, Nir Barkat, s'entretenant avec Shir Meïr, de Cybertech, lors de la conférence Cybertech Global, à Tel Aviv, le 1er février 2023. (Crédit : Gilad Kavalerchik)
Le ministre israélien de l'Économie, Nir Barkat, s'entretenant avec Shir Meïr, de Cybertech, lors de la conférence Cybertech Global, à Tel Aviv, le 1er février 2023. (Crédit : Gilad Kavalerchik)

Alors que l’agitation grandit dans le secteur des affaires en raison du projet du gouvernement de remanier le système judiciaire, le ministre de l’Économie, Nir Barkat, a recommandé mercredi de laisser la politique en dehors des questions économiques.

S’exprimant lors de la conférence Cybertech Global à Tel Aviv, Barkat, du parti au pouvoir, le Likud, s’est vu demander si les changements judiciaires proposés et très controversés menaçaient la prospérité continue du secteur high-tech local.

« Je comprends qu’il y ait un défi interne, mais nous devons travailler intelligemment et séparer les défis économiques et politiques ici en Israël », a répondu Barkat.

« Lorsque je parle avec mes pairs dans le monde, cette question n’est même pas mentionnée », a-t-il ajouté. « Je n’ai pas l’impression que cela affecte la situation. C’est parce que les investisseurs du monde entier s’intéressent aux meilleurs entrepreneurs, idées ou produits et recherchent des solutions – tant qu’Israël pourra fournir cela, il restera un leader. »

Alors que l’économie et les marchés financiers d’Israël ont largement résisté aux événements politiques et sécuritaires ces dernières années, les analystes des sociétés d’investissement, les entrepreneurs et les acteurs financiers commencent maintenant à mettre en garde contre le fait que les changements judiciaires prévus pèsent sur le sentiment des investisseurs.

« Tout le monde comprend que nous devons réformer le système judiciaire, mais comment le faire, est un défi politique interne en Israël », a déclaré Barkat. « Je suis favorable à la discussion, mais ne mêlons pas la politique et l’économie. Il faut bien faire le distinguo. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé mardi ses rivaux politiques d’essayer de nuire à l’économie avec leurs prédictions de fuite des investisseurs et d’affaiblissement du shekel à la suite des propositions de sa coalition. La semaine dernière, les dirigeants des banques israéliennes ont averti le Premier ministre qu’ils avaient commencé à observer une fuite des fonds ces derniers jours, les comptes d’épargne étant transférés à l’étranger.

Le projet de refonte du ministre de la Justice Yariv Levin, qui est soutenu par Netanyahu alors que celui-ci est actuellement jugé dans des procès pour corruption, prévoit de restreindre de manière importante la capacité de la Haute-cour à invalider des lois et des décisions gouvernementales avec l’adoption d’une clause dite « dérogatoire » qui permettrait au Parlement de surseoir aux décisions de la Cour suprême avec un vote à la majorité simple de 61 députés. Ces propositions prévoient aussi de donner au gouvernement le contrôle total de la sélection des juges ; de faire disparaître la notion juridique du « caractère raisonnable » du code pénal israélien, une notion sur laquelle s’appuient les magistrats pour juger une législation ou une décision prise par la coalition et elles prévoient également que les ministres seront autorisés à nommer leurs propres conseillers juridiques au lieu de devoir faire appel à ceux qui opèrent sous les auspices du ministère de la Justice.

Le plan a suscité des critiques intenses et des avertissements de la part des plus éminents experts, ainsi que des manifestations massives et des pétitions publiques lancées par des officiels variés, des professionnels et des entreprises privées, qui ont tous averti que ces réformes porteront atteinte à la démocratie et à l’économie.

Des manifestations de masse, dont certaines organisées par des employés du secteur de la high-tech, ont lieu chaque semaine et des lettres ont été rédigées par des fonctionnaires et des économistes, des entreprises et des universitaires de premier plan, exprimant leur inquiétude quant aux implications possibles des changements proposés.

Beaucoup craignent que l’affaiblissement du système judiciaire ne crée de l’incertitude et ne réduise la probabilité que les investisseurs étrangers injectent des fonds dans les entreprises locales. Cela pourrait à son tour contraindre les entreprises locales et internationales à partir et à s’installer ailleurs.

Quelques chefs d’entreprise locaux mettent déjà leur opposition en action. Mardi, Tom Livne, PDG de la licorne israélienne Verbit, a appelé les cadres du secteur de la high-tech à suivre son exemple en quittant le pays pour ne plus payer d’impôts, en signe de protestation contre le remaniement judiciaire prévu par le gouvernement. La semaine dernière, Papaya Global, une autre licorne basée à Tel Aviv, gestionnaire de paie en ligne, a déclaré qu’elle retirait tous ses investissements d’Israël.

Dans le même temps, le fonds de capital-risque israélien Disruptive VC et le fonds connexe Disruptive AI ont déclaré dans des messages privés que leurs clients et investisseurs étrangers étaient préoccupés par l’impact des changements sur la démocratie libérale du pays et demandaient que leurs capitaux soient détenus sur des comptes bancaires hors d’Israël.

Plus tôt cette semaine, Dror Berman du fonds américain Innovation Endeavors, co-fondé par l’ancien PDG et président de Google Eric Schmidt, a averti que les changements judiciaires proposés constituent une « menace réelle et imminente qui peut conduire Israël à une catastrophe sociale et économique ».

« Alors que je passais ces derniers jours en Israël, entouré de chefs d’entreprise et d’amis proches, je ne pouvais m’empêcher de me sentir concerné par l’avenir de mon pays bien-aimé », a écrit Berman sur LinkedIn. « Tous ceux d’entre nous qui se soucient d’Israël et de la démocratie doivent agir pour protéger les valeurs et les institutions qui ont fait d’Israël une démocratie florissante depuis 75 ans et l’empêcher de devenir la prochaine démocratie illibérale, ou pire. »

Berman s’est prononcé en faveur de la « grande majorité inter-sectorielle en Israël qui se dresse contre cette tentative de réforme judiciaire » et a exhorté le public à « donner de l’argent et à soutenir les organisations qui mènent cette charge, utiliser vos réseaux pour partager vos préoccupations et faire pression sur les dirigeants aux États-Unis pour qu’ils agissent ».

« Nous devons faire comprendre à Netanyahu et à ses partenaires que les changements qu’ils proposent ne seront pas tolérés », a-t-il déclaré.

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