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Les PDG des banques avertissent Netanyahu que l’argent commence à sortir du pays

Le Premier ministre a rencontré des hommes d'affaires qui craignent que l'affaiblissement des tribunaux ne nuise à l'économie ; il assure que le contraire se produira

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrant un groupe d'hommes d'affaires au siège de son parti, à Tel Aviv, le 27 janvier 2023. (Crédit : Likud)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrant un groupe d'hommes d'affaires au siège de son parti, à Tel Aviv, le 27 janvier 2023. (Crédit : Likud)

Les chefs des principales banques israéliennes ont mis en garde le Premier ministre Benjamin Netanyahu contre les retombées économiques potentielles des propositions de son gouvernement visant à réformer en profondeur le système judiciaire du pays. Le Premier ministre a déclaré qu’il était ouvert au dialogue mais a insisté sur le fait qu’il ne ralentirait pas les efforts pour faire avancer la réforme judiciaire.

Netanyahu a rencontré au siège de son parti, le Likud, à Tel Aviv, les dirigeants de plusieurs des plus grandes banques israéliennes et d’autres hommes d’affaires, cherchant ainsi à s’opposer aux avertissements de plus en plus nombreux des chefs d’entreprise et des économistes de haut niveau.

Le PDG de la Banque Hapoalim, Dov Kotler, a déclaré à Netanyahu que les banques ont commencé à voir des sorties de fonds ces derniers jours, avec divers comptes d’épargne transférés d’Israël vers l’étranger. « Ce n’est pas encore à une échelle dramatique, mais nous craignons que ce ne soit le début d’une tendance », a déclaré Kotler, cité par le site d’information Walla et la Douzième chaîne.

« Il est impossible d’ignorer tous les chiffres économiques qui expriment tant d’inquiétude sur les mouvements. Vous devez donc immédiatement vous arrêter et n’avancer les changements que prudemment et avec un accord général. Peut-être avons-nous tort et avez-vous raison, mais le prix d’une erreur pourrait être fatal pour la démocratie et l’économie », a déclaré le PDG de la Banque Discount, Uri Levin.

Étaient également présents Samer Haj-Yehia, président de la Banque Leumi, l’homme d’affaires et associé de Netanyahu, Shlomi Fogel, ainsi que les capital-risqueurs du secteur de la high-tech, Michael Eisenberg et Chemi Peres, le fils du défunt président Shimon Peres.

« Le public est déterminé à se battre. C’est une guerre entre les partis, entre les citoyens israéliens et le gouvernement. On ne mène pas une révolution comme celle-ci sans changements, ni dialogue. Vous devez arrêter cette folie et commencer à parler », a déclaré Peres, selon la Douzième chaîne.

La Bourse de Tel Aviv le 29 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Netanyahu a fait valoir au cours de la réunion que l’excès de contrôle judiciaire entravait la croissance économique.

« Le grand succès de l’économie israélienne n’est pas dû à la judiciarisation mais en dépit de celle-ci », aurait-il déclaré dans un communiqué du Likud. « La réforme judiciaire va aider l’économie et les entreprises d’Israël. »

« Non seulement la réforme ne nuira pas à l’économie, mais elle la fera décoller », a-t-il ajouté.

Netanyahu a également déclaré que le ministre de la Justice, Yariv Levin, membre de son parti, le Likud, et figure de proue de l’initiative visant à bouleverser le système judiciaire, était disposé à discuter des changements prévus avec les opposants – « parallèlement au processus législatif et sans le retarder ».

« Jusqu’à présent, nous n’avons pas entendu parler de la part de l’autre camp d’une volonté de procéder à certains changements. Aux yeux des critiques, le plus petit changement signifie ‘la fin de la démocratie' », a déclaré Netanyahu lors de la réunion.

La Douzième chaîne et Ynet, citant des sources non-identifiées, ont rapporté que l’intense réaction du public à la réforme prévue a surpris et perturbé Netanyahu, qui avait espéré faire passer les changements sans susciter de telles condamnations généralisées ni une opposition si médiatisée de la part de nombreuses personnalités. Les informations indiquent que Netanyahu avait également voulu éviter de devenir le visage des réformes radicales, car son procès pénal en cours l’empêche ostensiblement de s’impliquer directement dans des questions qui pourraient avoir une influence sur ses affaires.

Les informations indiquent que la manière dont Levin a traité la question jusqu’à présent a provoqué des tensions avec Netanyahu. Le Likud a rejeté ces affirmations dans une déclaration, affirmant que le ministre avait le soutien total du Premier ministre.

S’adressant à la Douzième chaîne vendredi soir, Zvika Williger, propriétaire de l’importateur de denrées alimentaires Willi-food qui était présent à la réunion s’est exprimé. « Nous sommes très inquiets de ce qui se passe… le Premier ministre comprend parfaitement la situation. Je pense que nous pouvons lui faire confiance pour ne pas exécuter un plan précipité. Il a précisé qu’il y aura un dialogue. Il a précisé qu’il est prêt à ce que le président soit un médiateur entre les parties….. Il m’a dit ‘je vous promets que nous ne nuirons pas à l’économie israélienne’. »

Si quelques élus de la coalition ont évoqué la possibilité d’un compromis – souvent dans des commentaires anonymes et prudents adressés aux médias – la plupart ont largement ignoré les appels de l’opposition, du président Isaac Herzog et d’autres à négocier les grandes lignes du plan de réforme.

« Les contes de fées sur le ‘dialogue’ ne convainquent personne lorsqu’ils proviennent d’un accusé criminel pris en otage par des partenaires [de la coalition] plus jeunes et plus déterminés », a écrit sur Twitter le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, en réponse aux remarques de Netanyahu, faisant référence au procès en cours du Premier ministre pour corruption.

« Nous n’arrêterons pas de sortir pour manifester contre l’effondrement de la démocratie en Israël », a ajouté Lapid.

Le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, s’entretenant avec le député Yariv Levin lors de l’élection de ce dernier au poste de président de la Knesset, le 13 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Telles qu’elles ont été présentées par Levin, les propositions de la coalition limiteraient considérablement la capacité de la Haute Cour à invalider des lois et des décisions du gouvernement, avec une clause dite « dérogatoire » permettant à la Knesset de légiférer à nouveau sur des lois annulées avec une majorité simple de 61 voix ; elles donneraient au gouvernement un contrôle total sur la sélection des juges ; elles empêcheraient la Cour d’utiliser la règle du « caractère raisonnable » pour juger les lois et les décisions du gouvernement ; et elles permettraient aux ministres de nommer leurs propres conseillers juridiques, au lieu d’obtenir des conseils de conseillers opérant sous l’égide du ministère de la Justice.

Les opposants, qui ont organisé une série de grandes manifestations, affirment que ces changements videront les tribunaux de leur substance, laisseront les droits des minorités sans protection et concentreront trop de pouvoir entre les mains de la coalition au pouvoir. Les partisans affirment que le système actuel donne aux juges et aux avocats non élus trop de pouvoir sur les représentants élus.

Les opposants aux changements se sont rassemblés vendredi à Jérusalem où plusieurs centaines de personnes ont pris part à un convoi de protestation et à une manifestation.

Les manifestants sont partis de Latrun, en périphérie de Jérusalem, pour se rendre dans la capitale, où ils ont tenu un rassemblement devant la Cour suprême, s’engageant à la défendre contre les projets visant à affaiblir son pouvoir et à accroître son influence politique.

Certains manifestants ont formé une chaîne humaine devant la Cour suprême « pour la protéger ».

Parmi les participants figurait l’ancien ministre de la Justice, Dan Meridor (Likud), qui a déclaré que les manifestants se battaient « pour les valeurs fondamentales de l’État telles qu’elles sont écrites dans la Déclaration d’Indépendance, contre le passage d’un système judiciaire indépendant à des juges partiaux nommés par le dirigeant et contre la corruption à la suppression de toutes les contraintes ».

Pendant ce temps, 40 autres économistes – menés par l’économiste américain lauréat du prix Nobel Eric Maskin et le lauréat du prix Israël Menahem Yaari – ont signé une « lettre d’urgence » publiée plus tôt cette semaine contre le projet de refonte, portant le nombre de signataires à 310.

« La concentration d’un vaste pouvoir politique entre les mains du groupe au pouvoir, sans freins et contrepoids solides, pourrait paralyser l’économie du pays », ont averti les signataires.

Ils ont également invoqué le risque d’une « fuite des cerveaux » et de la délocalisation hors d’Israël des centres de recherche et de développement, ainsi que le danger d’une réduction de la cote de crédit du pays.

La lettre, initialement publiée mercredi, a été signée par des universitaires de haut niveau de droite et de gauche, dont le professeur Daniel Kahneman, lauréat du prix Nobel, et le professeur Eugene Kandel, ancien conseiller économique de Netanyahu et chef du Conseil économique national.

Des employés du secteur de la high-tech bloquant la rue pour protester contre la réforme du système judiciaire, à Tel Aviv, le 24 janvier 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La lettre a été envoyée un jour après que le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, a rencontré Netanyahu pour insister sur les conséquences potentielles et relayer les avertissements formulés par des personnalités économiques de premier plan et des responsables de sociétés de notation de crédit lors de ses récentes réunions au Forum économique mondial de Davos au début du mois.

Selon les informations de la télévision israélienne, Yaron a explicitement dit à Netanyahu que le remaniement nuirait à l’économie.

Dimanche, les anciens gouverneurs de la Banque d’Israël, Karnit Flug et Jacob Frenkel, se sont également prononcés contre les plans du gouvernement, avertissant dans une tribune commune que le projet du gouvernement de réformer en profondeur le système judiciaire du pays pourrait avoir un impact négatif sur la note de crédit d’Israël et « porter un coup sévère à l’économie et à ses citoyens », un avertissement exprimé par de nombreux employés du secteur de la high-tech.

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