Nissenkorn promet de défendre les tribunaux, rejetant les attaques du Likud
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Nissenkorn promet de défendre les tribunaux, rejetant les attaques du Likud

Le ministre de la Justice insiste sur le fait que le jugement contre la loi légalisant les avant-postes sera respecté, sans autre clause et dénonce "l'injustice" contre Mandelblit

Le député Avi Nissenkorn, chef de la commission des arrangements de la Knesset, à la Knesset, le 11 décembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Avi Nissenkorn, chef de la commission des arrangements de la Knesset, à la Knesset, le 11 décembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn du parti centriste Kakhol lavan a juré, samedi, d’empêcher toute nuisance faite au système judiciaire, dans une critique à peine voilée à l’égard du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de ses alliés qui ne cessent d’attaquer le système judiciaire en raison du procès pour corruption du chef du gouvernement, promettant de mettre en place des réformes d’ampleur.

Netanyahu, qui est accusé de corruption dans trois dossiers, a prétendu de manière répétée que les tribunaux, la police, ses adversaires politiques, les médias et les procureurs d’Etat s’étaient entendus pour l’accuser de crimes qu’il n’a jamais commis.

Au cours d’un entretien diffusé par la Douzième chaîne, Nissenkorn a indiqué que « notre mission, en tant que fonctionnaires, est également d’arranger le système, bien sûr, mais aussi de garantir que les appareils gouvernementaux seront défendus et respectés ».

« Je ne permettrai pas que le système judiciaire soit blessé par une main de fer », a-t-il continué.

Nissenkorn a expliqué que sa vision des choses était « différente » de celle de son prédécesseur par intérim, Amir Ohana, issu des rangs du Likud, un allié fervent de Netanyahu qui s’était querellé de manière répétée avec les autorités judiciaires au cours de son bref mandat.

« Je pense qu’il faut que le système, aujourd’hui, soit défendu », a-t-il dit. « Son image publique a été ternie, sans justification dans la plupart des cas ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration avant d’entrer dans une salle d’audience du tribunal de district de Jérusalem le 24 mai 2020, pour le début de son procès pour corruption. Parmi ceux qui l’accompagnent à partir de la gauche, on trouve les députés du Likud et les ministres Gadi Yevarkan, Amir Ohana, Miri Regev, Nir Barkat, Israel Katz, Tzachi Hanegbi, Yoav Gallant et David Amsalem. (Yonathan SINDEL / POOL / AFP)

Nissenkorn a rejeté les promesses des députés de droite de faire adopter une clause de contournement qui ôterait à la Haute-cour de justice la capacité de frapper des lois adoptées devant le Parlement. La semaine dernière, le tribunal a rejeté une loi légalisant les avant-postes en Cisjordanie.

« En pratique, la décision de la Cour suprême sera respectée », a-t-il noté. « Il n’y aura pas de loi de contournement de la justice, et ce sera le cas aussi longtemps que je serai ministre ».

Le leader de la formation de Nissenkorn, le ministre de la Défense Benny Gantz, a indiqué samedi qu’il se rendrait dimanche au ministère de la Justice pour y faire une visite professionnelle et y rencontrer de hauts-responsables.

Le leader du parti Kakhol lavan Benny Gantz après la présentation du 35e gouvernement d’Israël à la Knesset, le 17 mai 2020. (Crédit : Alex Kolomoisky/POOL)

Tandis que Gantz a évoqué une visite de routine, de nombreuses personnes ont considéré ce déplacement comme une réponse publique faite aux attaques du Likud contre le système judiciaire.

Nissenkorn a aussi rejeté les attaques du Likud contre le procureur-général Avichai Mandelblit, qui avait été nommé par Netanyahu et qui a signé les mises en examen émises contre le Premier ministre.

Les politiciens et les activistes de droite ont réclamé de manière répétée la diffusion d’enregistrements liés à une enquête pénale datant d’il y a une décennie, dans laquelle Mandelblit avait été temporairement soupçonné d’actes répréhensibles avant d’être blanchi. Ils ont déclaré que Mandelblit devait démissionner suite à ce dossier.

« Je pense qu’il est victime d’une injustice », a déclaré Nissenkorn. « Finalement, il y a un dossier qui est aujourd’hui complètement terminé en bonne et due forme. Il y a des dizaines de milliers d’heures d’enregistrement, tout a été présenté devant la Haute-cour, alors pourquoi le rouvrir ? », a-t-il interrogé.

Immédiatement avant le début de son procès, le mois dernier, Netanyahu s’en était pris aux policiers et aux procureurs, évoquant un complot visant à lui faire quitter sa fonction et déclarant que tous ses soutiens de droite se trouvaient dorénavant traduits devant les juges à ses côtés.

« Des éléments, au sein de la police et du bureau du procureur d’Etat, se sont associés aux journalistes de gauche… pour fabriquer de toute pièces des affaires sans fondement contre moi », avait-il accusé. « L’objectif est d’exclure un Premier ministre de droite fort et de mettre à l’écart du pouvoir le camp de la droite pour de nombreuses années ».

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