Nouvelle réunion envisagée du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Proche-Orient
Rechercher

Nouvelle réunion envisagée du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Proche-Orient

Norvège, Estonie, France et Irlande ont publié un communiqué; 14 des 15 membres du Conseil de sécurité étaient en faveur d'approuver le texte proposé

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, au centre, s'exprime devant le Conseil de sécurité de l'ONU lors d'une réunion à New York, le 6 février 2020. (Crédit : Johannes Eisele/AFP)
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, au centre, s'exprime devant le Conseil de sécurité de l'ONU lors d'une réunion à New York, le 6 février 2020. (Crédit : Johannes Eisele/AFP)

Les Etats-Unis ont à nouveau bloqué mercredi l’adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU, jugeant qu’elle serait « contre-productive », lors d’une réunion à huis clos qui pourrait cependant être suivie dans les jours à venir d’une nouvelle session, mais cette fois publique.

« Les Palestiniens ont demandé une réunion publique », a indiqué à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat. Celle-ci pourrait être organisée dès vendredi par la Chine, qui préside actuellement le Conseil de sécurité et qui est plutôt favorable à la cause palestinienne.

« La communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité, doit agir sans délai pour exiger qu’Israël cesse ses attaques contre la population civile palestinienne » et arrête aussi ses « projets de déplacement forcé et de nettoyage ethnique des Palestiniens de la ville » de Jérusalem, a réclamé l’ambassadeur palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour, dans une lettre aux principaux responsables de l’Organisation publiée mercredi.

Un autre diplomate s’exprimant sous couvert d’anonymat a confirmé que « le Conseil de sécurité pourrait à nouveau discuter du conflit dans les jours à venir, probablement lors d’une séance publique ». L’objectif n’est pas de multiplier « les réunions et les projets de texte » mais « d’essayer de contribuer à la paix et d’avoir un Conseil de sécurité capable d’appeler à un cessez-le-feu », a-t-il ajouté, en n’excluant pas d’autres initiatives des pays arabes à l’ONU.

Dans la matinée, lors d’une deuxième réunion d’urgence en trois jours demandée par la Tunisie, la Norvège et la Chine, les Etats-unis avaient, comme lundi, rejeté une proposition de ces pays d’adopter une déclaration appelant à une « désescalade, à la retenue, à un cessez-le-feu et à une reprise de négociations ».

Israël refuse toute implication du Conseil de sécurité dans le conflit et Washington, son plus proche soutien, y a fait droit, selon plusieurs diplomates. Pour les Etats-Unis, « le Conseil de sécurité marque sa préoccupation en se réunissant, pas besoin de plus », a indiqué à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat.

Selon plusieurs sources, 14 des 15 membres du Conseil de sécurité étaient en faveur d’approuver le texte proposé.

« Les Etats-Unis sont activement engagés en coulisses sur un plan diplomatique avec toutes les parties et dans la région en faveur d’une désescalade. Actuellement, une déclaration du Conseil serait contre-productive », a affirmé une source au fait des discussions, en réclamant aussi l’anonymat.

Frustation européenne

A Washington, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a annoncé simultanément l’envoi d’un émissaire au Proche-Orient pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la « désescalade ».

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken au département d’État de Washington, le 5 avril 2021. (Crédit : Al Drago/Pool via AP)

Signe de leur frustration à l’égard de Washington, quatre membres européens du Conseil de sécurité – Norvège, Estonie, France et Irlande – ont tenu mercredi à publier un communiqué.

« Le grand nombre de victimes civiles, dont des enfants, dues à des frappes aériennes israéliennes à Gaza et les morts israéliennes causées par des roquettes lancées de Gaza sont à la fois inquiétants et inacceptables », indique leur communiqué.

« Nous appelons Israël à cesser les activités de colonisation, de démolition et d’expulsion (de Palestiniens), y compris à Jérusalem-Est », ont aussi affirmé les Européens, en allusion à l’un des vecteurs à l’origine de la nouvelle flambée de violences.

« Nous espérons que les membres du Conseil trouveront, auront la capacité de publier une déclaration » qui soit « un message fort et unifié », a affirmé de son côté le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, interrogé sur l’incapacité de l’instance chargée de la paix dans le monde à s’exprimer jusqu’à présent – une singularité sur la scène internationale depuis ce week-end.

Capture d’écran de la vidéo du coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland. (YouTube)

Lors de la visioconférence du Conseil de sécurité, l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a mis en garde contre « une spirale de violences » incontrôlables, a rapporté une source diplomatique.

Lors de la première réunion d’urgence à huis clos lundi du Conseil de sécurité, les Etats-Unis avaient déjà refusé l’adoption d’un texte proposé par la Tunisie, la Norvège et la Chine, appelant les deux parties à s’abstenir de toute provocation.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...