Nouvelles consignes pour stopper la discrimination dans les écoles israéliennes
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Nouvelles consignes pour stopper la discrimination dans les écoles israéliennes

Après le scandale survenu dans une crèche dénoncé par une mère éthiopienne, le ministre a fait savoir que les établissements "non-hétérogènes" seront fermés

Photo d'illustration : Le ministre de l'Education  Rafi Peretz visite un jardin d'enfants à Givat Shmuel, le 29 août 2019 (Crédit : Roy Alima/Flash90)
Photo d'illustration : Le ministre de l'Education Rafi Peretz visite un jardin d'enfants à Givat Shmuel, le 29 août 2019 (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Le ministère de l’Education a mis en oeuvre de nouvelles directives visant à empêcher la discrimination raciale dans les établissements d’éducation suite à l’importante indignation suscitée, au début de l’année, par une possible ségrégation des enfants d’origine éthiopienne dans une crèche de Kiryat Gat, où les tous petits étaient relégués dans une pièce secondaire à l’entrée séparée.

Selon un reportage diffusé par la chaîne publique Kan, dimanche, le ministère a annoncé à toutes les autorités locales qu’il procéderait à la fermeture de tous les jardins d’enfants « non-hétérogènes » au cours de la prochaine année scolaire pour interdire davantage de discriminations.

Amos Shavit, à la tête de la commission du ministère pour la prévention du racisme, aurait informé les autorités locales que les systèmes d’inscription automatiques devaient être vérifiés manuellement à deux reprises pour empêcher l’établissement d’institutions homogènes au niveau racial.

Aucun détail supplémentaire n’a été donné sur les éventuelles mesures pratiques qui pourraient être prises pour garantir la non-homogénéité de ces jardins d’enfants.

« Nous ne permettrons pas que des nuisances soient exercées à l’encontre de la communauté éthiopienne », a écrit sur Twitter le ministre de l’Education Rafi Peretz, dimanche. « Le racisme et les préjugés n’appartiennent pas au discours éducatif en Israël ».

Le directeur-général du ministère de l’Education Shmuel Abuav a établi que son objectif était « d’anticiper des cas comme celui de Kiryat Gat » et que son ministère oeuvrait avec les autorités locales à prôner une politique visant à offrir « des opportunités égales à tous les élèves ».

L’apprentissage, dans des établissements hétérogènes, « mène à la cohésion sociale et au sentiment d’appartenance », a-t-il dit.

Sefy Bililin et sa fillette de 3 ans Pri’el. (Crédit : Facebook)

Au mois de septembre, Sefy Bililin, une habitante de Kiryat Gat, avait raconté qu’elle avait amené sa petite fille de trois ans, Priel, pour sa première journée au jardin d’enfants et qu’elle avait été surprise lorsqu’elle avait été dirigée vers une salle de classe exclusivement remplie de jeunes israéliens éthiopiens.

Ce sont des enfants qui « n’ont jamais rien fait de mal de leur vie », avait écrit Sefy Bililin à ce moment-là. « À cause de leur couleur de peau, ils ne peuvent pas se mélanger avec d’autres enfants », avait-elle déploré.

Après que le post est devenu viral, la municipalité de Kiryat Gat avait déclaré que les enfants étaient dirigés vers des crèches par un système informatique qui triait les enfants « en fonction de leur zone géographique, des demandes parentales, des écoles publiques ou religieuses ». Elle avait rejeté l’idée que d’autres critères aient pu rentrer en ligne de compte.

Après cet incident, au mois de septembre, l’élue de Kakhol lavan Pnina Tamano-Shata avait écrit sur Facebook qu’elle avait reçu un message du ministère de l’Education dans lequel ce dernier lui assurait qu’il allait enquêter sur l’affaire et qu’il allait résoudre « immédiatement » le problème.

Dimanche, Tamano-Shata a expliqué que s’il restait beaucoup de travail, elle pensait qu’il y avait « une volonté » de combattre les discriminations et qu’il était « temps que les autorités locales prennent leurs responsabilités et garantissent l’inclusion, l’intégration et l’acceptation ».

Cet été, les Israéliens d’origine éthiopienne ont pris part à des manifestations contre les violences policières dans tout le pays après la mort de Solomon Tekah, 19 ans, tué par balles par un policier qui était hors-service à Haïfa, le 30 juin.

Les organisateurs issus de la communauté ont clamé que les réformes gouvernementales visant à prendre en charge le racisme et les brutalités policières devaient encore être mises en oeuvre plus de trois ans après des promesses qui avaient été faites à l’issue d’un mouvement de protestation similaire.

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