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Nucléaire iranien : Les Occidentaux renoncent à déposer une résolution à l’AIEA

En dépit du "manque de coopération" de Téhéran, Londres, Paris et Berlin ont finalement renoncé à leur résolution, par peur d'envenimer les tensions géopolitiques actuelles

Le drapeau iranien flotte sur l'usine nucléaire Bushehr, en Iran, le 10 novembre 2019. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Le drapeau iranien flotte sur l'usine nucléaire Bushehr, en Iran, le 10 novembre 2019. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Les puissances occidentales ont décidé de ne pas soumettre de résolution sur le programme nucléaire iranien au Conseil des gouverneurs de l’AIEA, qui s’est ouvert lundi à Vienne, par peur d’envenimer les tensions géopolitiques actuelles.

En dépit du « manque de coopération » de Téhéran, Londres, Paris et Berlin (E3), qui avaient commencé à préparer un texte, ont finalement renoncé, selon des sources diplomatiques.

« Le tableau est très sombre mais une résolution peut-elle faire la différence ? », explique l’une d’entre elles, évoquant la « prudence » de Washington à l’approche de la présidentielle de novembre.

Tout en poursuivant l’expansion de son programme nucléaire, l’Iran a restreint « d’une manière sans précédent » ses interactions avec l’instance onusienne, déplorait récemment son directeur général Rafael Grossi.

Les inspections ont été fortement réduites, les caméras de surveillance débranchées et l’accréditation d’un groupe d’experts retirée.

Malgré cette escalade, les Conseils des gouverneurs de l’AIEA s’enchaînent et les 35 pays membres se contentent de simples déclarations : aucune résolution n’a été présentée depuis novembre 2022.

« Il y aurait de très bonnes raisons d’en déposer une », souligne une deuxième source. « Pourtant, du fait de la situation géopolitique générale et de nombreux sujets clivants, de l’Ukraine à Gaza, nous avons jugé que ce n’était pas le bon moment ».

Au premier jour du Conseil, M. Grossi a réitéré ses « inquiétudes » face aux risques de prolifération nucléaire au Moyen-Orient.

Rafael Grossi, directeur-général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, s’exprimant lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, au siège de l’agence à Vienne, le 11 septembre 2023. (Crédit : Alex Halada/AFP)

« Je ne dispose pas d’informations indiquant que l’Iran est en train de fabriquer une bombe nucléaire. Mais j’entends ce qu’ils disent et je me pose des questions », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse, en référence à de récentes déclarations.

Interrogé le 12 février sur les capacités techniques de la République islamique, Ali Akbar Salehi, ancien ministre des Affaires étrangères et ex-président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), avait répondu que « les seuils scientifiques et technologiques avaient été franchis ». « De quoi a besoin une voiture ? D’un châssis, d’un moteur, d’un volant, d’une boîte de vitesses, nous avons séparément tous les composants. »

Des propos que le chef de l’AIEA prend « très, très au sérieux », d’autant que l’actuel responsable de l’OIEA, Mohammad Eslami, « a eu des mots similaires ». « Par ailleurs, l’Iran est le seul pays non doté de l’arme atomique à enrichir l’uranium au niveau de 60 % et à accumuler » d’importants stocks, a-t-il ajouté.

Ce seuil est proche des 90 % nécessaires pour élaborer une bombe et se situe bien au-delà du plafond autorisé de 3,67 % – équivalant à ce qui est utilisé pour la production d’électricité.

L’Iran s’est affranchi progressivement des engagements pris dans le cadre de l’accord international de 2015 encadrant ses activités atomiques en échange d’une levée des sanctions internationales.

Ce pacte connu sous l’acronyme JCPOA a volé en éclats après le retrait des États-Unis décidé en 2018 par le président d’alors, Donald Trump.

Des discussions menées à Vienne pour le ranimer ont échoué à l’été 2022 et aucun espoir de relance ne se profile à court terme.

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