Nucléaire iranien : Visite à Téhéran du chef de la diplomatie du Qatar
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Nucléaire iranien : Visite à Téhéran du chef de la diplomatie du Qatar

La visite intervient sur fond de tensions entre Téhéran et Washington en dépit de la volonté du président US de mettre fin à la politique de "pression maximale" de son prédécesseur

Le président iranien Hassan Rouhani, à droite, accueille le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, à Téhéran, en Iran, le lundi 15 février 2021. (Bureau de la présidence iranienne via AP)
Le président iranien Hassan Rouhani, à droite, accueille le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, à Téhéran, en Iran, le lundi 15 février 2021. (Bureau de la présidence iranienne via AP)

Le chef de la diplomatie du Qatar, dont le pays a récemment signalé son intention de jouer les bons offices entre Téhéran et Washington sur la question nucléaire iranienne a rencontré lundi son homologue iranien à Téhéran, selon un journaliste de l’AFP.

Cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani a été reçu par le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif à moins d’une semaine d’un nouveau désengagement attendu de l’Iran par rapport à ses obligations nucléaires dans le cas où les États-Unis ne lèveraient pas d’ici là les sanctions qu’ils ont imposées à la République islamique depuis 2018.

Selon la présidence iranienne, le ministre qatari a également rencontré le président Hassan Rouhani, à qui il a remis un message de l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

Doha entretient des relations cordiales avec la République islamique, tout en étant un proche allié des États-Unis.

Le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani lors d’une conférence de deux jours, le Doha Forum, le 16 décembre 2018. (Crédit : KARIM JAAFAR / AFP)

La visite de cheikh Mohammed intervient sur fond de tensions entre Téhéran et Washington en dépit de la volonté annoncée du nouveau président américain Joe Biden de mettre fin à la politique de « pression maximale » menée par son prédécesseur, Donald Trump, contre l’Iran.

Ce dernier a sorti unilatéralement en 2018 les États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

En riposte, l’Iran s’est affranchi progressivement depuis 2019 de nombre de limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions internationales à son encontre.

Tenu par les conservateurs, le Parlement iranien a adopté en décembre, une loi imposant en substance au gouvernement modéré-réformateur d’arrêter « la mise en œuvre du protocole additionnel » au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) à partir du 21 février si les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis 2018 ne sont pas supprimées d’ici là.

Photo d’illustration : Le drapeau iranien flotte sur l’usine nucléaire iranienne de Bushehr, le 10 novembre 2019. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Cela signifierait, entre autres, que Téhéran cesserait d’autoriser aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) un accès limité à des installations non nucléaires, notamment militaires, sous certaines conditions, en cas de soupçons d’activités nucléaires illégales.

La loi « sera mise en œuvre dans les temps (le 23 février) et l’AIEA en a été informée aujourd’hui afin de permettre, le moment venu, une transition en douceur », a écrit lundi dans un bref message sur Twitter Kazem Gharibabadi, représentant de l’Iran au siège de l’AIEA à Vienne.

Contacté par l’AFP, un porte-parole de l’AIEA a déclaré que « le directeur général de l’agence Rafael Mariano Grossi ferait un rapport au Conseil (des gouverneurs) et qu’il était en train de parler aux autorités iraniennes ».

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