Nucléaire : l’Iran prêt à appliquer totalement l’accord contre un crédit
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Nucléaire : l’Iran prêt à appliquer totalement l’accord contre un crédit

Téhéran a indiqué être prêt à revenir à une mise en œuvre totale de l'accord sur le nucléaire en échange d'une ligne de crédit d'environ 15 milliards de dollars

Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, également négociatieur de l'accord sur le nucléaire iranien, durant une conférence de presse à Téhéran, le 15 janiver 2017. (Crédit : AP /Vahid Salemi)
Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, également négociatieur de l'accord sur le nucléaire iranien, durant une conférence de presse à Téhéran, le 15 janiver 2017. (Crédit : AP /Vahid Salemi)

Téhéran a indiqué mercredi être prêt à revenir à une mise en œuvre totale de l’accord sur le nucléaire iranien en échange d’une ligne de crédit d’environ 15 milliards de dollars actuellement négociée avec les Européens.

La France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la République islamique discutent depuis quelques jours des moyens de sauver cet accord international conclu à Vienne en 2015 et menacé depuis que les Etats-Unis s’en sont retirés unilatéralement en mai 2018, avant de rétablir puis intensifier une série de sanctions économiques contre l’Iran.

L’accord de Vienne accorde à l’Iran la levée d’une partie des sanctions internationales à son endroit en échange d’une limitation drastique de son programme nucléaire destinée à rendre impossible l’acquisition de l’arme atomique par Téhéran.

En réaction au retour des sanctions américaines, l’Iran a commencé à revenir sur certains de ses engagements pris à Vienne et menace de s’écarter encore un peu plus de l’accord à partir du 7 septembre.

L’Iran « reviendra à l’application complète [de l’accord] seulement s’il est capable de vendre son pétrole et de profiter sans entrave de l’argent de ces ventes », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, cité par l’agence officielle Irna et d’autres médias iraniens.

« La proposition de la France va dans ce sens », a ajouté Araghchi en faisant référence à une initiative diplomatique poussée par le président Emmanuel Macron pour éviter la désintégration totale de l’accord de Vienne.

Selon Irna, M. Araghchi, qui était lundi à Paris avec une équipe de négociateurs iraniens, a indiqué que les discussions portaient sur le possible déblocage d’une ligne de crédit « d’environ 15 milliards de dollars sur quatre mois ».

Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian et son homologue iranien Mohammad Zarif à la mission française des Nations unies en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 24 septembre 2018. (Crédit : AFP/MANDEL NGAN)

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, a confirmé l’information lors d’une rencontre avec l’association de la presse diplomatique, à Paris.

L’idée serait d’échanger “une ligne de crédit garantie par du pétrole contre : un, le retour au JCPOA (nom de l’accord de 2015-NDLR) par l’Iran ; deux, contre la sécurité dans le Golfe ; et trois, l’ouverture des négociations sur la sécurité régionale et le post-2025”, a-t-il déclaré.

« C’est fragile, tous les sujets ne sont pas réglés (…) mais on se parle avec une relative confiance », a-t-il ajouté.

Ce montant de 15 milliards correspond à environ un tiers des exportations iraniennes d’hydrocarbure en 2017, et les fonds avancés seraient remboursés via des ventes futures de pétrole, selon une autre source diplomatique française.

« Un ballon d’oxygène correspondant à une année d’exportation de pétrole au rythme d’un million de barils par jour, le minimum acceptable par Téhéran », a expliqué au journal La Croix François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran.

M. Araghchi a néanmoins fait état de « désaccords importants » entre les parties et a jugé peu probable une percée diplomatique avant samedi, et dans ce cas, a-t-il dit, « la réduction des engagements [pris par l’Iran] va continuer ».

Mardi, le président iranien Hassan Rouhani avait indiqué que la « troisième phase » du plan de réduction des engagements iraniens aurait lieu comme prévu « dans les prochains jours » à moins que les autres parties ne prennent une mesure « importante ».

Après ces propos, Paris a mis en garde l’Iran, en estimant que cela enverrait « clairement un mauvais signal ».

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