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Opposé à Ben Gvir, le chef du Département des permis de port d’arme démissionne

D'après le ministre de la Sécurité nationale, Yisrael Avisar a été "mis sous pression par les attaques de la gauche" contre sa volonté d'armer massivement les civils

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, dans le sud de Tel Aviv, le 3 septembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, dans le sud de Tel Aviv, le 3 septembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le chef du Département des permis de port d’arme, au sein du ministère de la Sécurité nationale, a démissionné à la suite de révélations sur la réglementation des permis appliquée sous le ministre Itamar Ben Gvir, qui a accéléré l’octroi de milliers de permis de port d’arme à des civils, affirmant que cela renforçait la sécurité publique contre les attaques terroristes.

Yisrael Avisar, qui dirigeait le Département des licences d’armes à feu (FLD) du ministère de la Sécurité nationale, a remis son préavis lundi, après six années passées au sein du département, dont les trois dernières à sa tête.

La décision d’Avisar est survenue après deux comparutions animées devant la commission de Contrôle de l’État de la Knesset qui a appris comment des dizaines de personnes s’étaient vu accorder une autorité temporaire pour approuver les demandes de permis de port d’arme, parmi lesquelles des membres du personnel du parti d’extrême-droite de Ben Gvir, des employés de la Knesset et des jeunes femmes effectuant volontairement leur service national civil.

Le ministère de la Sécurité nationale a réagi en publiant un communiqué. « Celui qui ne continue pas à appliquer la politique conformément aux instructions du ministre […] et qui subit les pressions des attaques de la gauche au sein de diverses commissions, ne peut pas rester à la tête du Département des armes à feu. »

« Une arme sauve des vies et la politique du ministre est élargie et non réduite », souligne le communiqué.

Avisar a rencontré Ben Gvir dimanche et lui a demandé de reconsidérer la politique de délivrance de permis au vu des critiques auxquelles le ministère a été confronté, a rapporté le quotidien Israel Hayom. Ben Gvir a décliné la demande et a insisté sur le fait que « plus il y a de citoyens armés, mieux c’est ».

Des Israéliens, à un stand de tir à Gush Etzion, en Cisjordanie, le 3 février 2023. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

La semaine dernière, Avisar a déclaré à la commission de Contrôle de l’État que le personnel de Ben Gvir avait mis en place une salle d’opérations pour gérer l’augmentation massive des demandes de permis de port d’arme, mais qu’il s’inquiétait la façon dont elle fonctionnait, notamment en approuvant éventuellement des permis pour des demandeurs qui ne remplissaient pas certains critères. Avisar s’est également alarmé du traitement préférentiel accordé à certains demandeurs et a révélé que, par mesure de précaution, son personnel avait bloqué la fonction de recherche de nom dans le système de demande afin qu’elle ne puisse pas être utilisée par les proches de Ben Gvir.

Avisar a déclaré que son département envisagerait de révoquer certaines des licences approuvées par le personnel de Ben Gvir.

La commission de Contrôle de l’État a appris que depuis le début de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza le 7 octobre, il y a eu environ 260 000 demandes de permis de port d’arme – un nombre auquel on s’attendrait normalement sur une période de 20 ans. La guerre a éclaté lorsque quelque 3 000 terroristes ont fait irruption à la frontière depuis la bande de Gaza et ont massacré 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ébranlant gravement le sentiment de sécurité personnelle des Israéliens.

Dans le passé, le processus d’octroi de permis comportait des entretiens en personne, mais en raison de la situation de guerre – dans laquelle les groupes terroristes bombardent le pays de roquettes – le Commandement du Front intérieur de Tsahal a donné l’instruction de mettre fin à ces rendez-vous en présentiel . Le ministère de la Sécurité nationale a donc décidé qu’ils se dérouleraient par téléphone, tenus notamment par les volontaires du service national.

Le président de la commission de Contrôle de l’État, le député Mickey Levy, a déclaré que « les questions qui ont émergé dans le débat actuel ont ébranlé la commission ».

« Ce n’est pas ainsi qu’un pays démocratique est censé fonctionner, même en cas d’urgence. La commission n’accepte pas la procédure accélérée – c’est une question de vie ou de mort. »

La commission a également appris que le conseiller juridique de la Knesset avait interdit aux employés de la Knesset de s’occuper des permis de port d’arme et que la commission de la fonction publique avait interdit aux proches de Ben Gvir de faire de même.

Lors de la réunion, un représentant juridique du ministère de la Sécurité nationale a déclaré que les employés de la Knesset et les personnes nommées par Ben Gvir n’étaient plus habilités à accorder les licences, mais que les volontaires effectuant leur service national l’étaient.

Le député Mickey Levy, chef de la commission de Contrôle de l’État, dirigeant une réunion de la commission à la Knesset, à Jérusalem, le 13 septembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les députés de l’opposition ont souligné que le personnel au titre du service national n’a généralement guère plus de 18 ans.

Une semaine plus tôt, Avisar avait assisté à une réunion précédente de la commission mais avait été brusquement mis à l’écart par Ben Gvir après avoir commenté la problématique des permis.

Le quotidien Haaretz avait précédemment rapporté que la salle des opérations d’octroi de licences de Ben Gvir comptait 72 personnes. Tous ont été désignés comme « agents de licence temporaires » après avoir suivi une journée de formation qui leur a permis d’approuver les licences de stand de tir, une étape clé vers l’obtention d’un permis complet de port d’armes à feu. L’article note que, normalement, les agents de licence suivent une formation d’un mois.

Des sources ont indiqué au journal que parmi les personnes habilitées à autoriser les permis se trouvaient deux secrétaires de Ben Gvir, deux conseillers et des policiers à la retraite.

Des Israéliens s’entraînant à tirer avec des armes de poing dans un stand de tir, à Jérusalem, le 3 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ben Gvir, dont les activités passées en tant que militant d’extrême-droite lui ont valu plusieurs condamnations, s’est auto-proclamé fer de lance d’un élargissement considérable du nombre de civils autorisés à porter une arme à feu, habituellement permis uniquement à ceux qui répondent à un ensemble de critères relativement stricts. Dans le cadre de ses efforts, il a cherché à assouplir les conditions d’obtention de permis de port d’armes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a soutenu la position de Ben Gvir dans les propos controversés tenus après un attentat terroriste la semaine dernière à Jérusalem, au cours duquel un civil a tiré sur les terroristes mais a ensuite été lui-même abattu par un soldat – qui l’avait, à tort, pris pour un terroriste.

Lors d’une conférence de presse, samedi, Netanyahu a évoqué le sujet, disant que « la réalité, c’est que lorsque des civils sont armés, cela peut sauver des vies et empêcher une catastrophe terrible – et c’est vrai dans un grand nombre de cas ».

« Dans la situation actuelle, c’est une politique qui doit être maintenue. Et si nous en payons le prix, c’est la vie. »

Les groupes de défense des femmes se sont inquiétés du fait que les armes à feu se retrouvent entre les mains d’agresseurs domestiques non signalés. L’organisation de soutien à la violence conjugale Naamat a déclaré que plusieurs femmes avaient exprimé leur inquiétude quant à l’obtention d’une arme à feu par leur partenaire grâce à la facilité d’accès en temps de guerre.

Avisar est le deuxième haut fonctionnaire à démissionner sous le mandat de Ben Gvir en tant que ministre. En septembre, le directeur-général du ministère avait démissionné en invoquant des « raisons personnelles ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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