Orly Levy-Abekasis prend la tête d’un nouveau ministère
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Orly Levy-Abekasis prend la tête d’un nouveau ministère

La députée qui avait rompu avec ses alliés de gauche, dirigera le nouveau ministère de l'Autonomisation et de la Promotion des communautés et a promis de soutenir l'annexion

La cheffe du parti Gesher Orly Levy-Abekasis,le 15 janvier 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90
La cheffe du parti Gesher Orly Levy-Abekasis,le 15 janvier 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90

La présidente du parti Gesher, Orly Levy-Abekasis, a signé un accord de coalition avec le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu jeudi matin. En vertu de cet accord, elle prendra la tête du nouveau ministère de l’Autonomisation et de la Promotion des communautés.

Cette nomination a été annoncée alors que Netanyahu tente de composer son cabinet et attribuer d’autres postes à quelques heures de l’investiture prévue jeudi soir.

Entre autres désignations, il a également nommé l’ancien ministre des Affaires sociales Israël Katz à la tête d’une commission parlementaire qu’il avait déjà dirigée à l’époque où il faisait l’objet d’une enquête pour corruption.

Le ministère d’Orly Levy-Abekasis, qui aurait été inventé pour l’attirer dans le gouvernement, sera chargé de missions qui relevaient autrefois du ministère de la Sécurité intérieure, notamment la lutte gouvernementale contre l’alcoolisme et la drogue, la cyber-criminalité ciblant les enfants et la violence urbaine. Il sera également chargé de projets visant à donner plus d’autonomie et de responsabilités à la communauté arabe israélienne.

Sans l’accord de coalition qu’elle a signé, l’ancienne députée du parti belliciste Yisrael Beytenu, qui s’est associée au parti pacifiste Meretz et au Parti travailliste lors du dernier scrutin électoral dans l’objectif de vaincre le camp de droite de Netanyahu, a également promis qu’elle soutiendrait les mesures d’annexion de pans de la Cisjordanie.

Orly Levy-Abekasis « s’engage à soutenir toute position adoptée par le Premier ministre, en coordination avec les États-Unis, qui a trait, directement ou indirectement, aux questions de souveraineté », stipule le document, en référence aux plans d’annexions de zones de la Cisjordanie dès cet été, dans le cadre prévu par le plan de paix de l’administration Trump.

La volte-face de la cheffe de file de Gesher le mois dernier, consistant à rejoindre la droite, semble être liée à une négociation avec le Likud sur un poste ministériel qui lui avait été refusé. Belliciste sur la question palestinienne, elle a trouvé un terrain d’entente avec la gauche sur les questions sociales, mais a quitté l’alliance de centre-gauche après que cette dernière a semblé favorable à un gouvernement minoritaire soutenu, de l’extérieur, par la Liste arabe unie.

Son ancien colistier, le chef du Parti travailliste Amir Peretz, devrait également rejoindre le nouveau gouvernement, mais n’a pas encore signé d’accord avec Benny Gantz.

Le chef du Parti travailliste Amir Peretz et le numéro un du Meretz Nitzan Horowitz discutent, le 13 janvier 2020. (Autorisation)

En vertu de l’accord de coalition conclu le mois dernier entre le Likud et Kakhol lavan, le nouveau gouvernement comprendra au moins 32 ministres – répartis équitablement entre les blocs de Netanyahu et de Gantz – avant de passer à 36 ministres dans six mois. Il s’agira alors du plus large gouvernement de l’histoire d’Israël.

Mercredi soir, Netanyahu s’est également entendu avec ses alliés de longue date, les partis ultra-orthodoxes Yahadout HaTorah et Shas et a continué à distribuer des portefeuilles aux membres du Likud, alors que l’investiture de jeudi soir mettra fin à presque 18 mois d’impasse politique et à trois cycles électoraux.

Kakhol lavan n’a pas encore attribué ses portefeuilles ministériels. Gantz occupera le ministère de la Défense pour 18 mois, tandis que Gabi Ashkenazi commencera comme ministre des Affaires étrangères dans le nouveau gouvernement, avant de passer à la Défense.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le Président de la Knesset, Yuli Edelstein, lors d’une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 30 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

A ce stade, Yuli Edelstein, du Likud, a été nommé ministre de la Santé ; Israël Katz, ministre des Finances ; Ofir Akunis, ministre des Affaires régionales ; Miri Regev, ministre des Transports, avant de devenir ministre des Affaires étrangères dans 18 mois quand le chef de Kakhol lavan deviendra Premier ministre, comme prévu dans l’accord de rotation conclu entre les deux partis. Yariv Levin, du Likud, a été nommé président de la Knesset.

L’ancien ministre du Likud Haim Katz, qui fait l’objet d’une mise en examen et ne peut pas être nommé ministre, dirigera la commission parlementaire du Travail et des Affaires sociales. Katz occupait ce poste en 2005 et 2006, puis de 2009 à 2013. Durant cette période, il se serait rendu coupable de fraude et abus de confiance et sera traduit en justice.

Le ministre des Affaires sociales, Haim Katz, assiste à une réunion de la commission du travail et du bien-être à la Knesset, le 8 juin 2015. (Alster/FLASh90/File)

Dans le cadre de l’accord signé avec le parti Shas, Aryeh Deri restera ministre de l’Intérieur. Ce dernier a également annoncé mercredi que le rabbin Yaakov Avitan, membre du conseil municipal d’Ashkelon, mais qui n’est pas député Shas, sera ministre des Affaires religieuses. Yaakov Litzman, chef de Yahadout HaTorah, deviendra ministre du Logement.

D’éminents membres du Likud sont toujours en lice pour les six autres portefeuilles revenant à Netanyahu : l’Énergie, le Renseignement, les Affaires de Jérusalem, le Néguev, la Galilée et la périphérie, la Sécurité intérieure et la Protection de l’environnement.

Le ministère de la Sécurité intérieure, qui est chargé de superviser la police, devrait revenir à Amir Ohana, ministre de la Justice sortant et proche allié de Netanyahu.

Le député du Likud Amir Ohana lors de son premier discours au poste de ministre de la Justice devant l’Association du barreau israélien à Jérusalem, le 10 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Selon un reportage de la Douzième chaîne, Netanyahu voudrait que le nouveau gouvernement commence avec 36 ministres, ce qui pourrait l’aider à faire face aux pressions des membres du Likud pour obtenir des postes ministériels.

Rafi Peretz, de Yamina et ministre de l’Éducation sortant, rejoint le nouveau gouvernement, sans le reste du parti, qui siègera dans l’opposition.

Parallèlement, Kakhol lavan a signé un accord avec Derech Eretz, un petit parti de droite.

Derech Eretz ne compte que deux députés — Yoaz Hendel et Zvi Hauser — qui étaient affiliés au parti Telem de Moshe Yaalon, avant que Kakhol Lavan ne se scinde et que Gantz rejoigne Netanyahu.

Yoaz Hendel serait pressenti pour devenir ministre des Communications, et Zvi Hauser pourrait prendre la direction de la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Kakhol lavan devrait également signer un accord avec les députés travaillistes Peretz et Itzik Shmuli, pour leur attribuer les ministères de l’Économie et des Affaires sociales, respectivement.

Les membres de la Knesset Yoaz Hendel (à gauche) et Zvi Hauser (à droite) aperçus à la Knesset, avant la session d’ouverture du nouveau gouvernement, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le nouveau gouvernement sera investi jeudi soir, 10 jours avant l’ouverture du procès de Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance. Le Premier ministre nie toute malversation.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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