Orly Levy-Abekasis quitte l’alliance de gauche après son refus de la Liste arabe
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Orly Levy-Abekasis quitte l’alliance de gauche après son refus de la Liste arabe

La députée dissidente demande à devenir une faction distincte, après son refus de soutenir un gouvernement minoritaire de la liste de gauche avec qui elle s'est présentée

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

La députée Orly Levy-Abekasis lors d'une réunion d'une commission parlementaire de la Knesset, le 15 mars 2017. (Miriam Alster/Flash90)
La députée Orly Levy-Abekasis lors d'une réunion d'une commission parlementaire de la Knesset, le 15 mars 2017. (Miriam Alster/Flash90)

La présidente du parti Gesher, Orly Levy-Abekasis, a déposé mardi une demande à la Knesset afin d’être considérée comme une faction individuelle et unique au Parlement, mettant ainsi un terme à son partenariat avec les partis de gauche Travailliste et Meretz avec lesquels elle avait fusionné avant les élections du mois dernier.

Cette décision survient une semaine après qu’elle s’est séparée des autres membres de la faction dans un revirement spectaculaire, déclarant qu’elle ne soutiendrait pas un gouvernement minoritaire dirigé par le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, soutenu de l’extérieur par la Liste arabe unie.

Elle a alors écrit dans un post Facebook qu’elle n’était pas redevable de son accord avec le parti Meretz, qui lui avait été « imposé » ainsi qu’au président du Parti travailliste Amir Peretz. Douze jours avant l’élection, elle avait écrit qu’elle n’avait « aucun problème » à rejoindre un gouvernement soutenu de l’extérieur par la Liste arabe unie, y compris sa faction ultra-nationaliste Balad.

Peretz, selon les responsables du Parti travailliste, a été « choqué » et « très blessé » par l’annonce de Levy-Abekasis de ne pas soutenir Gantz, qu’il n’avait pas vu venir, selon eux. Les deux hommes se sont parlés au téléphone peu de temps après, mais n’ont pas encore pu rétablir les liens, selon la Douzième chaîne.

Le Parti travailliste a fusionné avec Gesher, un parti de droite modérée, avant les élections de septembre, dans le but, selon les partis à l’époque, d’attirer davantage d’électeurs à vocation socio-économique qui ne sont pas nécessairement issus de la partie gauche de l’électorat qui soutient traditionnellement le Parti travailliste. Ils n’ont réussi à remporter que six sièges en septembre, soit le même nombre que celui obtenu par les travaillistes lors des précédentes élections d’avril. Craignant de ne pas pouvoir franchir le seuil électoral avant la course du mois dernier, les partis Travailliste-Gesher et Meretz, parti d’extrême gauche, ont décidé de fusionner dans le cadre d’un accord auquel Mme Lévy-Abekasis s’était initialement opposée. Le parti des trois factions n’a obtenu que six sièges lors de cette élection, la présidente de Gesher accusant la fusion d’être responsable du résultat, affirmant qu’elle a fait fuir les électeurs.

Les députés Orly Levy-Abekasis (à gauche) et Amir Peretz lors de la soirée post-électorale de l’alliance Travailliste-Gesher-Meretz à Tel Aviv, le 2 mars 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Après avoir déclaré son opposition à un gouvernement minoritaire, Levy-Abekasis a demandé le droit de faire une recommandation individuelle, distincte de celle de l’alliance Travailliste-Meretz, au président Reuven Rivlin à qui elle voulait s’adresser pour former le gouvernement. Elle a finalement décidé de ne recommander personne, disant à Rivlin dimanche qu’elle soutenait la formation d’un gouvernement d’unité.

Elle a expliqué cette décision il y a quelques jours, affirmant que le pays avait besoin d’un gouvernement d’unité nationale face à la menace que représente la pandémie de coronavirus. Levy-Abekasis, qui avait été la candidate de l’alliance Travailliste-Gesher-Meretz au poste de ministre de la Santé, avait fait la une des journaux avant les élections lorsqu’elle avait affirmé que le virus avait été créé dans un laboratoire chinois.

Sa scission a conduit à de nouvelles rumeurs selon lesquelles elle rejoindrait le Likud, à qui il manque trois députés pour former une coalition de droite et religieuse de 61 députés ; mais Levy-Abekasis a déclaré la semaine dernière qu’elle n’avait pas été en contact avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu ni avec aucun autre député du bloc de droite avant son départ.

Ce ne sera pas la première fois que Levy-Abekasis siège en tant que faction composée que d’elle-même à la Knesset. En 2016, elle s’est séparée de la faction laïque de droite Yisrael Beytenu après son entrée dans la coalition de Netanyahu, affirmant que le parti avait négligé les questions sociales en échange d’un siège au gouvernement. Cependant, il a été largement rapporté à l’époque que Mme Levy-Abekasis avait été offensée par l’incapacité du président d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, à lui assurer un poste ministériel.

En réponse à sa demande de mardi de se séparer des partis Travailliste et Meretz, le député travailliste Itzik Shmuli a tweeté, « [elle] plante un couteau [dans le dos] ».

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