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Oulpan : 100 enseignants d’hébreu démissionnent, protestant contre leurs salaires

Ces départs concernant 20 % du nombre total des tuteurs chargés d'apprendre la langue aux nouveaux immigrants dans les écoles soutenues par l'État qui manquent déjà de personnel

L'enseignante Hanna Rabkin et trois nouveaux immigrants d'Ukraine en classe à l'école Renanim Shuvu à Nof Hagalil, en Israël, le 23 mars 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/JTA)
L'enseignante Hanna Rabkin et trois nouveaux immigrants d'Ukraine en classe à l'école Renanim Shuvu à Nof Hagalil, en Israël, le 23 mars 2022. (Crédit : Cnaan Liphshiz/JTA)

Cent professeurs d’hébreu employés dans des écoles dirigées par l’État et qui accueillent les nouveaux immigrants ont écrit une lettre de démission, dimanche, en signe de protestation face à l’absence de progrès dans les négociations portant sur leur salaire – un conflit qui dure depuis des mois.

Ces démissions seront effectives au début de la prochaine année scolaire, en date du 1er septembre.

Les professeurs des oulpanim – c’est le terme en hébreu qui désigne les écoles spécialisées dans l’apprentissage de cette langue – réclament avant tout des salaires alignés sur celui des établissements d’enseignement traditionnels, qui ont un syndicat puissant et qui, en conséquence, proposent une rémunération substantiellement plus élevée.

Une pénurie majeure de professeurs, dans les oulpanim, a entraîné des retards significatifs d’apprentissage pour des milliers de nouveaux immigrants qui souhaitent maîtriser l’hébreu. Et pourtant, le secteur a de grosses difficultés à trouver de nouveaux enseignants, alors que ces derniers déplorent de longues années de salaire médiocre et des conditions de travail mauvaises. Un grand nombre de professeurs préfèrent quitter ces établissements pour obtenir un meilleur salaire dans les autres écoles du système scolaire israélien.

Il n’y a actuellement qu’environ 500 professeurs d’hébreu dans les oulpanim israéliens et ces démissions vont avoir un impact considérable sur un système qui a d’ores et déjà des difficultés à répondre à la demande.

« J’adore les nouveaux immigrants et j’adore le pays mais il faut aussi que je puisse répondre aux besoins de ma famille », a déclaré à la chaîne publique Kan une professeure d’hébreu qui n’a été identifiée que par son prénom, Yafit.

L’année dernière, l’immigration en Israël – ou alyah – a augmenté de manière spectaculaire, atteignant son plus haut niveau depuis plus de deux décennies, en particulier en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, au mois de février 2022, et de la répression qui a suivi, amenant des dizaines de milliers d’Ukrainiens et de Russes à immigrer au sein de l’État juif.

L’État d’Israël s’est démené pour intégrer tous ces nouveaux arrivants en louant des chambres d’hôtel et en travaillant avec les écoles pour les préparer à accueillir de nombreux enfants qui auraient besoin d’apprendre la langue et d’une aide sociale.

Un point faible majeur a été identifié à cette occasion, celui des cours d’hébreu pour les adultes. Les nouveaux immigrants ont dû beaucoup attendre pour pouvoir commencer les cours, certains devant patienter pendant plusieurs mois avant d’avoir une place dans les salles de classe.

Le député Oded Forer, président de la commission de l’Immigration, de l’Intégration et des Affaires de la diaspora, lors d’une réunion de la commission, le 18 janvier 2023. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Yafit a affirmé que les ministères de l’Éducation et des Finances étaient en conflit pour déterminer laquelle de ces deux institutions débloquerait les 40 millions de shekels nécessaires pour recruter un plus grand nombre d’enseignants.

Elle a précisé que les salaires des professeurs, dans les oulpanim, n’avaient pas augmenté depuis 15 ans et que les nouveaux enseignants commençaient leur carrière en touchant le salaire minimum.

« Je suis professeure ; j’ai suivi la même formation et j’ai fait les mêmes études que tous les autres et je pourrais gagner plus d’argent partout ailleurs », a-t-elle expliqué.

Le député du parti d’opposition Yisrael Beytanu, Oded Forer, qui est le président de la Commission de l’Immigration, de l’Intégration et des Affaires de la diaspora à la Knesset, a fait savoir dans un communiqué que cela faisait des mois qu’il avertissait le ministère de l’Éducation et le Trésor que « leur mépris entraînera la fermeture d’oulpanim« .

Il a noté que les chiffres récents montraient qu’Israël connaissait sa vague d’immigration la plus importante depuis 20 ans.

« Mais il n’est pas encore trop tard », a déclaré Forer. « J’en appelle à Bezalel Smotrich et à Yoav Kish — Stoppez cette crise dans les oulpanim, placez les salaires et les conditions de travail des professeurs d’hébreu au même niveau que ceux des autres enseignants dans le système d’éducation tout entier », a-t-il continué, se référant aux ministres de l’Éducation et des Finances respectivement.

Au mois de janvier, sa Commission s’était rencontrée pour débattre du sujet. Il avait été dit aux députés que les nouveaux immigrants devaient parfois attendre six mois avant d’être admis dans un oulpan.

Dans un effort visant à améliorer les choses, Ofir Sofer, le ministre de l’Immigration et de l’Intégration avait, dans l’un de ses premiers actes après avoir pris son poste, alloué une somme de 20 millions de shekels supplémentaire pour des coupons permettant d’accéder à des cours d’hébreu privés, doublant le budget du ministère pour ces cours privés.

Forer, à ce moment-là, avait rejeté la proposition faite par Sofer, disant qu’elle plaçait la charge de la responsabilité sur les nouveaux immigrants plutôt que sur l’État. Quand un nouvel arrivant dans le pays suit des cours dans un oulpan public, les frais de scolarité sont automatiquement payés à l’école par le gouvernement. En revanche, s’ils s’inscrivent dans une école privée, ils paient leurs frais avant d’en demander le remboursement au gouvernement.

Yad L’Olim, un groupe qui s’occupe des immigrants et qui exerce actuellement des pressions en faveur des professeurs d’oulpanim, a indiqué aux députés qu’ils demandent à être payés au même niveau que les autres employés du ministère de l’Éducation, à recevoir un dédommagement pour toutes les années où ils ont travaillé sans hausse de salaire et qu’ils veulent aussi être considérés comme des employés à plein-temps. Ils sont considérés, actuellement, comme des travailleurs à temps partiel.

Ce qui représenterait une enveloppe d’approximativement 40 millions de shekels.

En plus d’être une source de frustration immédiate, la longue attente des nouveaux immigrants pourrait un avoir un impact négatif significatif sur leur capacité à s’installer à long-terme en Israël, la connaissance de l’hébreu ayant été reconnue comme un facteur déterminant pour une bonne intégration au sein de la société israélienne.

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