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Parti Balad : Hanin Zoabi et 12 autres individus condamnés pour fraude

Les accusés, y compris des responsables du parti, reconnaissent les chefs d'accusation dans le cadre d'une négociation de plaidoyer

L'ex-députée de la Liste arabe unie Hanin Zoabi en séance plénière de la Knesset, le 11 juillet 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90/File)
L'ex-députée de la Liste arabe unie Hanin Zoabi en séance plénière de la Knesset, le 11 juillet 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90/File)

L’ancienne membre de la Knesset Hanin Zoabi et 12 autres personnes liées au parti Balad, dont des hauts responsables, ont été condamnées lundi au tribunal de première instance de Nazareth pour des délits de faux et de fraude dans le cadre du scandale des irrégularités financières du parti.

Dans le cadre de l’accord sur le plaidoyer, les responsables ont avoué les crimes et devraient recevoir des peines allant de travaux d’intérêt général à des peines de prison avec sursis et des amendes allant de 25 000 à 75 000 shekels.

Les condamnations portent sur des irrégularités financières au sein du parti, une faction nationaliste palestinienne radicale qui fait partie de la Liste arabe unie.

Selon l’acte d’accusation, Zoabi et les autres accusés ont été impliqués dans la falsification de documents qui ont été soumis au contrôleur d’État entre 2013 et 2016. Ils ont ensuite systématiquement trompé le médiateur en présentant de manière inexacte la source des millions de shekels que le parti avait reçus.

Une enquête a été ouverte en 2016 par l’unité de fraude Lahav 433 de la police après qu’un rapport du contrôleur d’État eut trouvé des problèmes avec les dons et les dépenses du parti.

En plus de Zoabi, 35 autres personnes ont été interrogées dans le cadre de cette affaire.

Les députés Hanin Zoabi (au centre) et Jamal Zahalka (à gauche) devant la Cour suprême pendant l’appel de Zoabi en 2012 contre sa disqualification pour les prochaines élections en raison de sa participation à la flottille pour Gaza en mai 2010 à bord du Mavi Marmara. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En avril, le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé qu’il allait inculper Zoabi, déclarant qu’il y avait une « chance raisonnable » de condamner Zoabi et qu’il n’était pas convaincu par les arguments de ses avocats.

Mandelblit a annoncé qu’il n’inculperait pas certains des autres hauts responsables de Balad ni le parti lui-même, même si, a-t-il affirmé, les preuves indiquent qu’ils sont coupables et qu’il existe des motifs légaux pour déposer des accusations criminelles contre un parti politique.

« Le préjudice éventuel de la mise en procès d’un parti devrait non seulement nuire à ses dirigeants actuels ou à ses fondateurs ou propriétaires, mais aussi à un cercle plus large de citoyens qui ont un attachement au parti et s’identifient à ses objectifs et à ses positions publiques », avait-il fait valoir.

Zoabi était une figure très impopulaire parmi de nombreux Israéliens juifs. Elle avait – entre autres – appelé à la dissolution de l’État d’Israël, qualifié les soldats israéliens d’ « assassins » et embarqué sur la flottille turque Mavi Marmara en 2010 pour tenter de briser le blocus israélien de Gaza.

Elle avait annoncé son départ de la vie politique en janvier 2019, sous les applaudissements des députés juifs.

Des activistes sur le ‘Mavi Marmara’ se préparant à attaquer des soldats de Tsahal, le 31 mai 2010. (Crédit : Porte-parole des FDI/Flash90)

Zoabi avait en effet participé à la tentative de 2010 d’un convoi de navires, dont le Mavi Marmara, qui visait à briser le blocus de sécurité israélien sur la bande de Gaza dirigée par le groupe terroriste palestinien du Hamas. Elle avait alors promis de participer à de futurs efforts de ce type, et avait qualifié les soldats israéliens ayant bloqué la flottille de « meurtriers ». Dix activistes avaient été tués lors de violences à bord du Marmara. Israël maintient le blocus pour empêcher le groupe terroriste islamiste, qui a juré de détruire Israël, d’importer des armes.

En avril 2018, Zoabi avait appelé à la dissolution de l’État d’Israël et à son remplacement soit par deux États – un laïc et un Palestinien, soit un État laïc binational.

En mai 2018, elle avait été sanctionnée par le comité d’éthique de la Knesset pour avoir accusé les soldats israéliens de « tuer » des Palestiniens.

En juillet 2014, le même comité l’avait bannie pendant six mois après qu’elle eut déclaré que les meurtriers des trois adolescents israéliens assassinés – Eyal Yifrach, Gilad Shaar, Naftali Fraenkel – n’étaient pas des terroristes. La Cour suprême avait alors rejeté son appel visant à annuler la suspension.

Les législateurs de droite ont tenté à maintes reprises de la faire exclure définitivement de la Knesset. Elle avait démissionné de son poste de députée peu de temps avant de devoir se retirer de toute façon, conformément au règlement interne de Balad.

Le Balad, qui prône un État binational pour les Palestiniens et les Israéliens, est en proie à la controverse depuis que le fondateur du parti, Azmi Bishara, a fui Israël en 2007 après avoir été accusé de transmettre des secrets au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

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