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Pas de poignée de mains, pas de nationalité suisse pour un couple de musulmans

Pour le maire de Lausanne, le refus du couple de serrer la main à des personnes de sexe opposé montrait que "la question de l'intégration n'était pas acquise"

Illustration : une poignée de main. (Crédit : MangoStar Studio, iStock by Getty Images)
Illustration : une poignée de main. (Crédit : MangoStar Studio, iStock by Getty Images)

Un couple de musulmans qui réclamait la nationalité suisse s’est vu refuser la naturalisation par un comité de Lausanne après avoir refusé de serrer la main et de répondre aux questions de personnes de sexe opposé.

« On a considéré que la question de l’intégration n’était pas acquise », a expliqué à l’AFP Grégoire Junod, maire de cette ville située au bord du lac Léman. « Quand on veut la nationalité d’un pays, on doit quand même s’inscrire dans le respect de son ordre juridique et de l’égalité hommes-femmes. »

L’audition du couple, dont la nationalité n’a pas été divulguée, a eu lieu au printemps, mais la décision n’a été rendue publique que vendredi.

Selon les membres du comité de naturalisation, l’homme et son épouse ont refusé de serrer la main de personnes du sexe opposé et ont eu aussi beaucoup de réticences à répondre aux questions venant d’un homme ou d’une femme selon les cas.

Le vice-maire Pierre-Antoine Hildbrand, qui était l’un des trois membres présents à l’audition, a confié à l’AFP qu’il était « grandement satisfait de cette décision ».

« J’assume totalement d’avoir proposé un refus de naturalisation. La Constitution et l’égalité entre hommes et femmes l’emportent sur la bigoterie », a-t-il ajouté.

Le couple a 30 jours pour déposer un recours, a expliqué le maire.

Ce n’est pas la première fois que le refus de serrer la main d’une personne de sexe opposé suscite la controverse en Suisse.

En 2016, un collège avait dispensé deux élèves musulmans de serrer la main de leurs professeurs femmes, pratique pourtant courante dans les écoles suisses. L’affaire avait fait grand bruit dans le pays et la dispense avait finalement été annulée en mai.

Un mois plus tard, un père de famille musulman avait été condamné à une amende de 3 700 euros pour avoir refusé d’envoyer ses filles à des leçons de natation avec l’école.

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