Pays-Bas : un policier demande l’enlèvement d’un panneau du mémorial de la Shoah
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Pays-Bas : un policier demande l’enlèvement d’un panneau du mémorial de la Shoah

Un libraire a déclaré avoir ignoré la demande du policier, formulée comme suit : "Cela vous dérangerait-il d'enlever ça? Parce qu'Israël a lancé une attaque"

Un canal à Amsterdam, Pays-Bas (Crédit : CC0 1.0)
Un canal à Amsterdam, Pays-Bas (Crédit : CC0 1.0)

AMSTERDAM — Un libraire de la capitale néerlandaise a raconté qu’un agent de police lui avait demandé d’enlever un panneau commémorant les victimes de l’Holocauste, citant les actions d’Israël.

Gert-Jan Jimmink a expliqué au quotidien De Telegraaf dans une vidéo postée vendredi sur Internet que la demande concernait un panneau qui disait : « Ouvrez les foyers des Juifs, les foyers de la résistance ». Ce panneau entrait dans le cadre d’une initiative populaire datant de 2011 dans le pays lors de laquelle les habitants des maisons qui, dans le passé, avaient appartenu à des victimes de l’Holocauste les ouvrent au public dans la semaine du 4 mai, journée aux Pays-Bas de commémoration des morts pour les victimes de guerre néerlandaises.

L’agent a demandé à Jimmink: «  »Cela vous dérangerait-il d’enlever ça ?Parce qu’Israël a lancé une attaque », a raconté ce dernier. Jimmink n’a pas dit quand l’agent – dont il n’a pas donné le nom – avait demandé cela. Il a, dit-il, ignoré cette requête. « Je ne vais pas céder à ça », a-t-il ajouté.

Jimmink, qui commémore les victimes de l’Holocauste en installant des pavés devant leurs anciennes maisons, a également indiqué avoir assisté à une agression antisémite aux abords de son commerce. Un homme d’environ 40 ans, portant la kippa, attendait un tramway lorsqu’un homme plus âgé lui a craché dessus et l’a frappé, a dit Jimmink. L’agresseur était déjà parti lorsque Jimmink s’est précipité pour intervenir.

« Mais c’est arrivé devant mes yeux », s’est-il exclamé.

En 2014, la police, dans un quartier largement musulman de La Haye, avait conseillé à la municipalité de ne pas approuver une demande locale émise par un Juif d’un permis nécessaire pour ériger une sukka, ou hutte destinée aux repas durant la fête de Soukkot, aux abords de son habitation. La police avait cité un risque élevé de vandalisme, avait dit l’individu de confession juive. L’année précédente, une école, dans le même quartier, avait renoncé à son plan d’un monument de commémoration de la Shoah, craignant qu’il ne soit vandalisé.

Le nombre d’incidents impliquant des actes de vandalisme antisémites aux Pays-Bas a augmenté l’année dernière de 40 %. Ils ont atteint un nombre record de 28 cas, une première depuis 10 ans, selon le centre d’Information et de documentation sur Israël.

Au mois de décembre, un homme d’une vingtaine d’années et originaire de Syrie avait brisé les fenêtres d’un restaurant casher à Amsterdam, puis il était entré dedans en tenant un drapeau palestinien et avait sorti le drapeau palestinien de la salle. Il a été jugé pour vandalisme.

Sur son compte Twitter, le centre a qualifié de « mauvais message » la demande présumée de l’agent de police à Jimmink. L’antisémitisme, a indiqué le porte-parole de l’observatoire, « doit être combattu en confrontant les auteurs, pas en cachant les symboles juifs ».

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