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Pénurie de dons de sang à cause d’Omicron et du boycott de certains Juifs religieux

Les dons au Magen David Adom ont chuté le mois dernier ; notamment après une controverse concernant la modification d'un formulaire destiné à inclure les LGBTQ

A titre d'illustration. Une jeune fille donne son sang dans un centre mobile de don du sang du Magen David Adom. (Daniel Dreifuss/Flash90)
A titre d'illustration. Une jeune fille donne son sang dans un centre mobile de don du sang du Magen David Adom. (Daniel Dreifuss/Flash90)

Magen David Adom d’Israël (MDA) a enregistré une forte baisse des dons de sang au cours du mois dernier, ce qui a conduit certains hôpitaux à retarder des opérations chirurgicales non urgentes, ont déclaré des responsables dimanche.

Selon le professeur Eilat Shinar, responsable des services sanguins du MDA, la raison de la baisse des dons, qui sont passés d’une moyenne de
1 100 unités par jour à seulement 600-700 unités quotidiennes, est due à la vague d’infections provoquée par le variant Omicron, avec quelque 1,5 million d’Israéliens infectés depuis le début de l’année.

La baisse des dons a conduit plusieurs hôpitaux à retarder des opérations chirurgicales non urgentes, car ils doivent maintenir une réserve minimale de sang pour les situations d’urgence.

Toutefois, selon le reportage de la Douzième chaîne, le boycott de certaines yeshivot ultra-orthodoxes, en raison d’un différend sur les modifications apportées au formulaire de don visant à tenir compte de la communauté LGBTQ, a largement contribué à cette baisse.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz donne son sang dans un centre de don du sang Magen David Adom à Jérusalem, le 25 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au cours des derniers mois, le formulaire a changé sa terminologie, passant de la demande de l’origine de la mère et du père du donneur à la demande de l’origine du « parent 1 » et du « parent 2 ».

Cela a contrarié de nombreux ultra-orthodoxes, qui considèrent l’homosexualité comme immorale. La question a depuis été complètement supprimée du formulaire, mais cela n’a pas apaisé ceux qui étaient en colère contre ce changement.

Meir Seidler, du groupe « Choose Family », qui prétend œuvrer au renforcement des « valeurs familiales » en Israël, a déclaré à la Douzième chaîne que cette décision s’inscrivait dans « une tendance à supprimer les mères et les pères de tous les formulaires possibles dans le pays ».

Seidler a déclaré que le ministre de la Santé Nitzan Horowitz « est davantage un ministre des Affaires LGBTQ qu’un ministre de la Santé ».

Le Prof. Eilat Shinar, directrice de l’Etablissement du sang de Magen David Adom (MDA), dans le centre de don du sang à l’hôpital Sheba de Ramat Gan, en septembre 2019. (Shoshanna Solomon : Times of Israel)

L’année dernière, Horowitz, qui était le deuxième membre de la Knesset ouvertement gay, a décidé que toutes les restrictions sur les dons de sang des hommes homosexuels seraient levées.

À l’origine, les hommes homosexuels et bisexuels n’avaient pas le droit de donner leur sang par crainte du sida, mais ces dernières années, les pays du monde entier ont commencé à modifier leurs procédures concernant les donneurs de sang homosexuels.

De nombreuses yeshivot ultra-orthodoxes organisent normalement des dons de sang, de sorte que leur absence a eu un effet notable, selon le reportage. Certains continuaient à demander le rétablissement du libellé original du formulaire.

Mais Shinar du MDA a minimisé l’impact du boycott des ultra-orthodoxes et a déclaré que la question avait été supprimée parce qu’elle n’était plus pertinente.

Une affiche contre le mariage homosexuel à Jérusalem qui dit en hébreu : « Père et mère = Famille . Le courage de la normalité » (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Les pénuries sont essentiellement causées par Omicron. Plus de 1,5 million d’Israéliens ont été infectés ; beaucoup d’entre eux ne sont pas encore guéris. D’autres ont également été exposés et ne peuvent pas non plus faire de dons », a-t-elle déclaré, ajoutant que d’autres pays, notamment les États-Unis et l’Europe, étaient confrontés à une situation similaire.

Shinar a déclaré que la question a été supprimée parce qu’elle n’était plus nécessaire, notant que dans les premières années de l’État, les sous-types de sang rares étaient localisés par l’origine géographique des immigrants en Israël.

« Aujourd’hui, la plupart des personnes nées en Israël sont des enfants de natifs israéliens et cette information n’a donc aucune valeur. Elle ne nous aide pas à trouver ce dont nous avons besoin », a-t-elle déclaré.

La Douzième chaîne a noté que le boycott ne faisait pas l’unanimité au sein de la communauté haredi et que beaucoup estimaient que le don de sang primait sur toute autre considération.

« La question ici est de savoir ce qui est le plus important », a déclaré à la Douzième chaîne un étudiant de yeshiva, qui s’est identifié comme Gedaliah, 18 ans, alors qu’il donnait son sang. « Sauver des vies passe avant tout ».

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