Pétrole: l’Iran somme Washington de ne pas entraver ses livraisons au Venezuela
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Pétrole: l’Iran somme Washington de ne pas entraver ses livraisons au Venezuela

Mohammad Javad Zarif a mis en garde contre "les mouvements américains de déploiement de la marine dans les Caraïbes" qu'il a qualifié de "forme de piraterie"

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, lors d'une conférence de presse à Téhéran, Iran, le 10 juin 2019. (Ebrahim Noroozi/AP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, lors d'une conférence de presse à Téhéran, Iran, le 10 juin 2019. (Ebrahim Noroozi/AP)

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a mis en garde dimanche les Etats-Unis contre toute action de la marine américaine dans les Caraïbes qui viserait à perturber la livraison de pétrole iranien au Venezuela.

Samedi, l’agence de presse iranienne Fars, proche des ultraconservateurs, a affirmé avoir reçu des informations faisant état du déploiement de quatre navires de guerre américains dans les Caraïbes pour « une possible confrontation avec les pétroliers iraniens ».

Dans une lettre adressée au patron de l’ONU Antonio Guterres, M. Zarif a mis en garde contre « les mouvements américains de déploiement de la marine dans les Caraïbes afin d’intervenir et de perturber le transfert de pétrole iranien au Venezuela ».

Toute action serait « illégale et (constituerait) une forme de piraterie », a-t-il ajouté, précisant que les Etats-Unis seraient tenus pour responsables « des conséquences de toute mesure illégale ».

Elliott Abrams, l’émissaire américain pour le Venezuela, a affirmé début mai que ce pays d’Amérique latine, à court d’argent, payait en or l’Iran pour remettre sur pied son industrie pétrolière en difficulté, dénonçant une coopération grandissante entre ses deux ennemis, la République islamique et le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro.

L’Iran a rejeté ces accusations, affirmant que Washington voulait faire pression sur les deux pays et perturber leurs liens commerciaux.

L’administration du président américain Donald Trump a mis en place des sanctions unilatérales destinées à mettre fin aux exportations de pétrole de l’Iran et du Venezuela, tous deux des producteurs majeurs de brut.

L’adjoint de M. Zarif, Abbas Araghchi a convoqué l’ambassadeur suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains en Iran, afin de lui transmettre « ce sérieux avertissement ».

Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, également négociatieur de l’accord sur le nucléaire iranien, durant une conférence de presse à Téhéran, le 15 janiver 2017. (Crédit : AP /Vahid Salemi)

Selon lui, toute menace potentielle contre les pétroliers iraniens entraînerait « une réponse rapide et décisive ».

Le Venezuela dispose des plus importantes réserves connues de pétrole dans le monde, mais les analystes estiment que le secteur opère en dessous de ses capacités en raison de la corruption et du manque d’investissements dans la maintenance.

Nicolas Maduro a résisté à plus d’un an d’efforts américains pour le destituer et conserve le soutien de l’armée.

L’Iran a exprimé son appui au président vénézuélien contre le leader de l’opposition Juan Guaido, reconnu par une soixantaine de nations comme président par intérim.

L’économie iranienne a également souffert du rétablissement en 2018 de sanctions américaines après le retrait unilatéral de Donald Trump de l’accord international sur le nucléaire iranien.

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