Photo brûlée d’un ministre : Le procureur général ordonne une enquête
Rechercher

Photo brûlée d’un ministre : Le procureur général ordonne une enquête

Le Premier ministre a condamné un acte “illégal”, et a indiqué que le gouvernement "travaille sans relâche" à l'expulsion des demandeurs d'asile

Les résidents du sud de Tel Aviv protestent contre le fait que le gouvernement n'a pas réussi à expulser des dizaines de milliers de réfugiés et de demandeurs d'asile africains des quartiers pauvres de la ville, le 30 août 2018. (AFP/Jack Guez)
Les résidents du sud de Tel Aviv protestent contre le fait que le gouvernement n'a pas réussi à expulser des dizaines de milliers de réfugiés et de demandeurs d'asile africains des quartiers pauvres de la ville, le 30 août 2018. (AFP/Jack Guez)

Le procureur général Avichai Mandelblit a ordonné vendredi une enquête sur une éventuelle incitation à la violence après que des manifestants ont brûlé des photos du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri lors d’une manifestation contre les migrants africains dans le sud de Tel Aviv la veille.

Mandeblit a informé le bureau de Deri vendredi qu’une enquête sur les événements avait été lancée par les procureurs de l’État.

L’incendie de l’image de Deri a été condamné vendredi par les responsables politiques, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Je respecte la détresse réelle que ressentent les habitants du sud de Tel Aviv », a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué. « Le gouvernement que je dirige, avec le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, travaille sans relâche pour expulser les infiltrés d’Israël, aussi bien en coulisses qu’en public. »

Il a ajouté : « Je condamne l’acte illégal qu’est l’incendie d’une photographie du ministre Deri. Il n’y a pas de place pour de tels actes chez nous. »

Quelque 300 personnes ont pris part à la manifestation, exprimant leur colère face à l’incapacité apparente du gouvernement à expulser des dizaines de milliers de demandeurs d’asile des quartiers pauvres.

M. Deri, le ministre chargé de superviser la politique du pays en matière de réfugiés et qui a adopté une ligne dure et a activement réclamé leur expulsion, a été mis au pilori par les manifestants et au moins une photo de lui a été brûlée, provoquant une vive colère de la part de ses collègues députés.

Des manifestants brûlent une photo d’Aryeh Deri à Tel Aviv le 30 août 2018. (Capture d’écran : Facbook)

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, a qualifié l’acte de « franchissement de la ligne rouge » et a déclaré qu’il « ne peut être ignoré. Le droit de manifester est l’un des plus importants dans notre démocratie, mais je condamne tout acte de violence commis dans le cadre d’une telle manifestation ».

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a également condamné cette action. « Aucune protestation ne justifie de brûler des photos de ministres. Ce sont des scènes qui appartiennent à d’autres pays, pas au nôtre. Je compte sur les responsables de la manifestation dans le sud de Tel Aviv pour condamner l’acte. »

Le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, a été beaucoup plus modéré dans sa réponse : « Il est interdit de brûler la photo d’un ministre », a-t-il dit, « mais cela devient disproportionné ».

Les habitants du sud de Tel Aviv, a-t-il dit, vivent depuis des années « dans des conditions infernales », avec une augmentation de la criminalité et du vandalisme. L’incendie de la photo de Deri, a-t-il dit, était un acte « désespéré » visant à « attirer l’attention » sur la situation critique des résidents.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...