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Piratages téléphoniques par le souverain de Dubaï: la police britannique enquête

Le souverain aurait donné son "autorisation expresse" pour que le téléphone de son épouse soit infiltré avec le logiciel espion israélien Pegasus. Il nie être mêlé au piratage

Le logiciel d'espionnage Pegasus (capture d'écran Youtube - The Guardian)
Le logiciel d'espionnage Pegasus (capture d'écran Youtube - The Guardian)

La police britannique a promis jeudi d’examiner « tout nouvel élément » sur l’utilisation par le souverain de Dubaï, Mohammed ben Rached al-Maktoum, d’un logiciel d’espionnage pour pirater les téléphones de son ex-épouse et de son équipe juridique basée au Royaume-Uni.

Cette déclaration intervient au lendemain d’une décision de la Haute cour de Londres selon laquelle le chef du gouvernement des Emirats arabes unis a donné son « autorisation expresse ou implicite » pour que le téléphone de son épouse, la princesse Haya Bint Al Hussein, soit infiltré avec le logiciel espion Pegasus, des faits découverts en août 2020. Les deux parents se disputent la garde de leurs enfants devant la Haute Cour.

Dans un communiqué, la police de Londres a déclaré que des détectives spécialisés avaient lancé une enquête l’an dernier après « de multiples allégations d’infractions » parmi lesquelles des piratages d’appareils électroniques.

Les agents ont passé cinq mois à explorer « aussi loin que possible toutes les pistes », mais l’enquête a été close en février 2021, a indiqué la police.

« Nous examinerons bien sûr toute nouvelle information ou élément en lien avec ces allégations », a indiqué la police.

Pegasus est un produit de la société israélienne NSO, qui s’est retrouvée au cœur d’une tempête cet été après une enquête journalistique affirmant que le logiciel avait été utilisé par des clients de NSO pour espionner notamment des politiciens, des chefs d’entreprises ou des journalistes.

Une fois installé, Pegasus peut suivre la localisation d’une personne, lire ses textos et ses emails, écouter les appels, enregistrer l’activité en direct ainsi qu’accéder aux applications, aux photos et faire fonctionner la caméra et le microphone à distance.

Le souverain de Dubaï a nié avoir eu connaissance du piratage, et ses avocats ont suggéré qu’un autre pays comme la Jordanie pourrait être responsable, afin de lui nuire.

Le souverain de Dubaï, Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum (Capture d’écran YouTube)

La princesse, demi-soeur du roi de Jordanie Abdallah II et sixième épouse du souverain de Dubai, avait demandé une mesure de protection contre un mariage forcé qui pourrait concerner un des deux enfants du couple, ainsi qu’une mesure de protection pour elle-même, après avoir fui début 2019 les Emirats arabes unis pour l’Angleterre.

Une source proche de NSO a déclaré mercredi à l’AFP que la fourniture des services Pegasus à l’émir avait été coupée en décembre 2020. Le groupe affirme en effet qu’il suit des procédures très strictes pour éviter les usages qui seraient illégitimes de son produit. Il affirme également qu’il fournit le logiciel, mais ne l’exploite pas lui-même.

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