Plus de 100 rabbins et chantres condamnent la répression trumpiste sur les campus
Une lettre ouverte accuse l'administration américaine d'utiliser les peurs juives « comme une feuille de vigne pour un programme antidémocratique »

Plus de 100 rabbins et chantres de la région de Chicago ont signé une lettre dénonçant les récentes coupes budgétaires et arrestations qui se sont produites sur les campus du fait de l’administration Trump.
Leur lettre se joint à un mouvement plus large de Juifs américains opposés à la répression que l’administration Trump fait régner sur les campus.
La Maison Blanche assure que ces arrestations et coupes budgétaires sont destinées à lutter contre l’antisémitisme, ce que certaines organisations juives et certains dirigeants juifs ont salué. Mais d’autres, à commencer par les signataires de la lettre de Chicago, estiment que cette campagne n’apporte pas la sécurité aux Juifs et met de surcroît en danger les libertés civiles sur lesquelles eux et d’autres comptent depuis longtemps.
« Nombre de ces actions sont présentées comme une défense de la communauté juive. Pourtant, en vérité, la peur juive est utilisée comme une feuille de vigne pour un programme antidémocratique d’expulsions massives, de recul des droits civiques et d’attaques contre l’enseignement supérieur », peut-on lire dans la lettre, publiée sous forme de publicité dans le Chicago Tribune mardi.
Elle poursuit : « En tant que dirigeants juifs, nous rejetons l’exploitation de nos peurs et de l’antisémitisme que nous vivons pour justifier le démantèlement de ces institutions. De telles actions ne protègent pas notre communauté – elles nous utilisent et nous mettent en danger. »
Parmi les signataires de la lettre figurent des dirigeants, actuels et passés, de synagogues et d’organisations juives issues de toutes les sensibilités.
Parmi les signataires notables figurent Josh Feigelson, l’ancien rabbin du campus de Northwestern, Lizzi Heydemann, fondatrice de Mishkan, une congrégation de Chicago, Andrea London, rabbin principal de Beth Emet ou encore Capers Funnye, chef de la congrégation hébraïque éthiopienne Beth Shalom B’nai Zaken.
Depuis le début du mois de mars, les campus américains font face à un gel de subventions, y compris l’Université Northwestern, dans la région de Chicago. Le mois dernier, plusieurs étudiants et manifestants pro-palestiniens ont été arrêtés.
Plus récemment, l’administration Trump a gelé 2,2 milliards de dollars de subventions destinées à l’Université Harvard, exigeant pour les rétablir la prise de mesures pour lutter contre l’antisémitisme. L’université a refusé et riposté aux coupes budgétaires par une action en justice.







