Pour Bezalel Smotrich, Ahed Tamimi « mérite une balle » dans la rotule
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Pour Bezalel Smotrich, Ahed Tamimi « mérite une balle » dans la rotule

Le député de HaBayit HaYehudi se dit « très triste » que l’adolescente palestinienne soit seulement incarcérée et qu’elle n’ait pas été mutilée par les soldats qu’elle a giflés

Le député de HaBayit HaYehudi, Bezalel Smotrich, lors de la réunion hebdomadaire de sa faction à la Knesset, le 23 janvier 2017 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le député de HaBayit HaYehudi, Bezalel Smotrich, lors de la réunion hebdomadaire de sa faction à la Knesset, le 23 janvier 2017 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le député Bezalel Smotrich, du parti HaBayit HaYehudi, s’est dit « très triste » que la Palestinienne de 17 ans, qui a été filmée en train de gifler des soldats israéliens, soit incarcérée, et qu’elle n’ait pas été blessée par balles, indiquant qu’Ahed Tamimi mérite une balle dans la rotule, « au minimum ».

Réagissant à un tweet d’Yinon Magal, ancien député de HaBayit HaYehudi, Smotrich a déploré le fait que l’armée israélienne n’a pas blessé la jeune fille de 17 ans, lors de l’incident qui remonte au mois de décembre 2017.

« Je suis effectivement très triste qu’elle ait été arrêtée, Yinon », a tweeté Smotrich à l’intention de Magal, qui a fait part de sa satisfaction quant à la réclusion de la jeune femme, quatre mois après son arrestation.

« En ce qui me concerne, elle méritait une balle, au moins dans la rotule. Elle aurait été assignée à résidence pour le reste de sa vie », a déclaré Smotrich.

Smotrich a par le passé encouragé la désertion en signe de protestation contre le programme « féministe radical » de l’armée israélienne, a comparé l’évacuation d’un avant-poste à un « viol brutal », a affirmé que des Arabes « illettrés » ont accès à l’université dans le cadre d’un programme de discrimnation positive.

Il s’est décrit comme un « fier homophobe » et a participé à l’organisation de la parade anti-gay à Jérusalem, en réaction à la Gay Pride annuellement organisée.

La Palestinienne Ahed Tamimi arrive au tribunal militaire israélien à la prison militaire d’Ofer, dans le village de Betunia, en Cisjordanie, le 13 février 2018. (Crédit : THOMAS COEX / AFP)

Tamimi purge actuellement une peine de huit mois de prison, après négociation de peine, pour avoir frappé et giflé deux soldats devant sa maison de Cisjordanie, durant le mois de décembre.

Dans le cadre de la négociation, Tamimi a plaidé coupable pour agression aggravée sur un soldat israélien, incitation à la violence et troubles à deux reprises. La jeune fille de 17 ans a également été filmée en train d’encourager des attaques contre des Israéliens, notamment des attaques au couteau.

Dans sa version des faits, Tamimi a déclaré au tribunal militaire de Cisjordanie que les soldats qui figurent dans la vidéo avaient tiré sur son cousin à la tête avec une balle en caoutchouc, une heure avant l’incident filmé.

L’arrestation et les poursuites entamées contre Tamimi par Israël ont suscité l’intérêt de la communauté internationale. Cet évènement a aussi pointé le doigt sur des problématiques plus générales, notamment la détention de mineurs palestiniens par Israël – ils sont actuellement 356 – et a rouvert le débat sur ce qui est considéré comme une « résistance légitime » des Palestiniens face à la souveraineté israélienne.

Au début du mois, l’armée a indiqué que le ministère de la Justice enquêtait sur une vidéo diffusée par la famille Tamimi, qui montre un interrogateur israélien menaçant d’arrêter les proches de la jeune fille si elle refusait de coopérer.

L’interrogateur, qui s’est rapproché à quelques centimètres du visage de Tamimi, a décrit la peau claire et « les yeux angéliques » de l’adolescente.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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