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Pour faire de la COP28 un succès, son président joue le réalisme et en appelle au privé

Sultan al-Jaber a une réponse simple quand on lui demande quand le monde brûlera sa dernière goutte de pétrole : quand il y aura assez d'énergies bas carbone pour le remplacer

Le Dr Sultan Ahmed Al Jaber, ministre de l'Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis et envoyé spécial des Émirats arabes unis pour le changement climatique, lors de l'ouverture de la Semaine de la durabilité d'Abu Dhabi, le 17 janvier 2022, à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis. (Crédit : Mohamed Nazih/AP)
Le Dr Sultan Ahmed Al Jaber, ministre de l'Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis et envoyé spécial des Émirats arabes unis pour le changement climatique, lors de l'ouverture de la Semaine de la durabilité d'Abu Dhabi, le 17 janvier 2022, à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis. (Crédit : Mohamed Nazih/AP)

Sultan al-Jaber, le président émirati de la plus importante conférence climat internationale depuis celle qui livra l’accord de Paris, a une réponse simple quand on lui demande quand le monde brûlera sa dernière goutte de pétrole : quand il y aura assez d’énergies bas carbone pour le remplacer.

« Nous ne pouvons pas mettre fin au système énergétique actuel avant d’avoir construit le système énergétique de demain », répond-il dans un entretien à l’AFP à Bruxelles.

Celui qui est également patron de la compagnie pétrolière émiratie venait de livrer pour la première fois le menu des objectifs qu’il entend porter à la COP28 qui s’ouvrira le 30 novembre à Dubaï, dans un discours devant des ministres européens et chinois.

A ceux qui espèrent que le monde appellera à la sortie du pétrole et du gaz, lui répond que leur réduction est « inévitable » et « essentielle », mais que le réalisme interdit de s’en passer du jour au lendemain. Il parle même de « pénurie » d’énergie actuellement.

« Nous devons garder en tête que 800 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité aujourd’hui », dit-il, « nous ne voulons pas créer de crise énergétique ».

« Je n’ai pas de baguette magique, je ne veux pas inventer des dates qui ne sont pas justifiées », pointe-t-il, assurant que personne n’est en mesure d’avancer une date précise de sortie des énergies fossiles.

Une raffinerie de pétrole. (Crédit : Pixabay)

Avec le privé

Le raisonnement se veut pragmatique pour celui qui est à la fois expert des énergies fossiles et des renouvelables, en tant que patron de la compagnie nationale Adnoc, et fondateur de la société nationale d’énergies renouvelables, Masdar.

Sultan al-Jaber, qui a déjà mené aussi la délégation de son pays à une dizaine de COP, rejette vivement les accusations récurrentes de partialité de la part des écologistes, alors qu’Adnoc prévoit de développer de nouveaux champs pétroliers.

« Ce n’est pas un conflit d’intérêt, c’est notre intérêt commun d’avoir quelqu’un qui vient des affaires », poursuit-il, notant qu’il est le premier patron président de COP. « C’est même motivant, pour prouver au monde qu’une personne avec mon expérience peut proposer quelque chose de complètement différent ».

Il a dévoilé jeudi des objectifs qui semblent dessiner l’ossature d’un grand accord à la COP28, dont il veut clairement renouveler le genre. Les deux dernières éditions se sont achevées par un pugilat diplomatique entre ceux qui veulent voulait voir adopter une sortie des énergies fossiles et les pays pétroliers, du Golfe comme des Etats-Unis.

Lui veut mêler les engagements des Etats sous l’égide de l’ONU et ceux des industriels et du secteur privé auquel il entend donner une large place à Dubaï. Il y attend 70 000 participants, le double des plus grandes COP passées.

La Burj Khalifa et le centre-ville de Dubaï au crépuscule. (Crédit: Typhoonski via iStock by Getty Images)

« Nous devons tout faire pour que les 1,5°C restent à portée de main », insiste Sultan al-Jaber, évoquant l’objectif de réchauffement maximal fixé par l’accord de Paris.

« Je n’ai aucun doute que nous serons en mesure de produire un résultat concret » au terme d’une COP « tournée vers l’action (…) et soutenue par le secteur privé et les capitaux privés ».

Parmi les objectifs concrets proposés jeudi : tripler la capacité des renouvelables dans le monde d’ici 2030, à 11 000 gigawatts, doubler l’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici 2030, doubler la production d’hydrogène d’ici 2030.

Des objectifs auxquels l’Union européenne, qui avait failli claquer la porte à la COP27 en Egypte, souscrit déjà largement.

Pro nucléaire

« Je suis très optimiste », résume Sultan al-Jaber, qui parsème ses propos de « résultats », d' »actions » et d' »indicateurs clés de performance ».

L’ingénieur de 49 ans défend aussi sans hésiter le nucléaire: « une source d’électricité sûre, durable, bas carbone, qui peut être un pont très robuste dans cette transition ».

Pour la première fois, un bilan global des engagements climatiques des pays, attendu en septembre, précèdera la COP. On sait déjà ce qu’il conclura : malgré toutes les grandes promesses de neutralité carbone, les plans effectivement adoptés sont insuffisants pour limiter le réchauffement.

Sultan al-Jaber, toujours désireux de se montrer dans l’action, a donc écrit jeudi à tous les pays participant aux COP, les appelant publiquement à revoir à la hausse leurs plans climat « d’ici septembre, pour les aligner sur l’accord de Paris ».

Le jour-même, les Emirats arabes unis ont publié leur propre plan mis à jour. Les experts du Climate Action Tracker diront dans quelques jours si cela améliore la note des Emirats, jusqu’à présent dans la catégorie « hautement insuffisante ».

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