Pour l’Iran, les États-Unis n’agiront pas par peur de représailles contre Israël
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Pour l’Iran, les États-Unis n’agiront pas par peur de représailles contre Israël

Le chef des Gardiens de la révolution dénonce une "guerre psychologique" américaine et dit ne pas voir le porte-avions déployé comme une menace, mais comme une cible

Des missiles sol-sol et un portrait du chef suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, en septembre 2017. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
Des missiles sol-sol et un portrait du chef suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, en septembre 2017. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Un haut responsable iranien a dénoncé dimanche la guerre psychologique menée par les États-Unis et pense que Washington n’attaquera pas par peur de provoquer une offensive iranienne sur Israël.

« Le déploiement des ‘forces armées américaines’ dans le Golfe persique relevait d’une guerre psychologique. Ils ne sont pas prêts à une guerre, surtout sachant qu’Israël est à notre portée », a déclaré dimanche le vice-président du Parlement iranien Ali Motahhari, d’après l’agence de presse iranienne Fars.

En plus de ses missiles, les agents de l’Iran comme le Hezbollah libanais et le Jihad Islamique dans la bande de Gaza disposent de centaines de milliers de roquettes braquées sur Israël.

Le ministre de l’Energie israélien, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a averti dimanche que la montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran pourrait pousser la République islamique à cibler Israël.

Yuval Steinitz lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le 18 juin 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Les choses se tendent », a déclaré Yuval Steinitz au site d’information Ynet. « Je n’exclurais rien. L’Iran pourrait tirer des roquettes sur Israël. »

Le ministre a également indiqué que Téhéran pourrait décider d’attaquer le pays à travers ses agents étrangers.

« Les sanctions américaines font beaucoup de mal à l’économie iranienne, et une nouvelle vague [de sanctions] plus grande s’annonce », a-t-il mis en garde, laissant entendre que le danger n’était pas susceptible d’être dissipé dans un avenir proche.

S’exprimant plus tard aux micros du radiodiffuseur public Kan, le ministre a souligné qu’il n’était pas eu vent de renseignements militaires sur les intentions iraniennes, mais noté que Téhéran était soumis à une forte pression économique, ce qui rend « tout possible ».

Les Iraniens pourraient « perdre la raison » et « déclarer la guerre dans tout le Moyen-Orient », a-t-il craint.

Les propos de Motahhari font écho à ceux du commandant des Gardiens de la révolution, le Général Hossein Salami, qui a qualifié le déploiement du porte-avions de subterfuge, assurant aux députés lors d’une session parlementaire qu’il relevait du programme de rotation prévu de l’armée américaine.

Hossein Salami, commandant des Gardiens de la révolution iraniens. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« En ce qui concerne la situation dans la région, le commandant Salami a présenté une analyse qui prouve que les Américains avaient entamé une guerre psychologique, car les allers et venues de leur armée étaient standard », d’après le porte-parole du président du Parlement Behrouz Nemati, cité par Reuters.

Dans le même temps, la division aérospatiale des Gardiens a fait savoir que le porte-avions du Pentagone n’était pas une menace, mais une cible pour les Iraniens.

« Un porte-avions qui accueille au moins 40 à 50 avions et 6 000 soldats a déjà été une cible pour nous par le passé, et les menaces se sont transformées en opportunités pour nous », a affirmé Hajizadeh.

« Si (les Américains) agissent, nous les frapperons de plein fouet », a-t-il ajouté, d’après Reuters.

Un hélicoptère livre des équipements au porte-avions américain USS Abraham Lincoln dans la mer Méditerranée qui se dirige vers le Golfe persique, le 8 mai 2019. (Crédit : US Navy/Michael Singley)

De hauts responsables iraniens ont également balayé les propos de Donald Trump, qui a dit attendre que les Iraniens l’appellent, lesquels auraient reçus le numéro personnel du président américain par l’intermédiaire des Suisses.

« Pas besoin d’un médiateur ou du numéro de téléphone de Trump pour éliminer les conditions difficiles qu’il a créées pour lui et les États-Unis », a fait savoir le vice-ministre des Affaires étrangères Seyed Abbas Araqchi, d’après l’agence de presse Fars.

Interrogé sur ce que l’Iran comptait faire du numéro de téléphone du chef de l’Etat américain, il a rétorqué : « Si besoin, ils ont notre numéro de téléphone ».

Mottahari a également défendu la décision de Téhéran de cesser de respecter certaines des restrictions convenues de son programme nucléaire, indiquant que cela prouvait que le pays « n’est pas en position de faiblesse ».

L’Iran a en effet annoncé mercredi qu’il arrêterait de respecter certaines clauses limitant ses activités nucléaires imposées par l’accord historique de 2015 conclu avec des puissances mondiales.

Cette annonce était survenue un an exactement après le retrait américain de l’accord. La République islamique avait menacé de prendre des mesures à l’encontre des autres signataires de l’accord si ces derniers n’atténuaient pas les conséquences du renouvellement des sanctions américaines dans les 60 jours.

A recent satellite image of the Arak facility shows a cloud of vapor indicating the production of heavy water (photo credit: Daily Telegraph, screenshot)
Une image satellite du site controversé de production d’eaux lourdes d’Arak en Iran, février 2013 (Crédit : capture écran / Daily Telegraph)

Les sanctions radicales ont porté un coup sérieux à l’économie iranienne.

Les propos du ministre israélien de l’Energie font suite à un reportage de la Treizième chaîne israélienne diffusé vendredi, qui révélait qu’Israël avait averti les États-Unis que l’Iran envisageait de cibler les sites pétroliers saoudiens.

Le reportage non sourcé indiquait que les Iraniens « envisageaient diverses réactions hostiles » contre des cibles américaines ou alliées de Washington. Téhéran avait étudié la possibilité de s’en prendre à des bases militaires américaines dans le Golfe, mais l’avait finalement jugée trop extrême, d’après le reportage.

La cible principale est alors devenue « les sites pétroliers iraniens », toujours selon la Treizième chaîne. Une telle attaque ferait également grimper les prix de la matière première et permettrait à l’Iran d’augmenter ses revenus pétroliers, pouvait-on également voir dans le reportage.

La chaîne israélienne a également cité des sources de renseignements arabes, qui indiquent le débat fait rage dans la République chiite : frapper ou ne pas frapper des cibles américaines et alliées ? Certains au sein des Gardiens de la révolution pressant en faveur de ces mesures, notamment contre des cibles israéliennes, alors que d’autres se montrent plus prudents et estiment qu’il serait « suicidaire » pour le pays d’entrer dans un conflit militaire d’envergure avec les États-Unis.

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