Pour Téhéran, Ryad est une « créature misérable »
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Pour Téhéran, Ryad est une « créature misérable »

Washington maintient une "pression maximale" à l'encontre de l'Iran et a réimposé des sanctions punitives après s'être retiré en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien

L'artillerie de l'armée saoudienne déployée vers le Yémen,  à une position proche de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)
L'artillerie de l'armée saoudienne déployée vers le Yémen, à une position proche de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

L’Iran a accusé jeudi l’Arabie saoudite de « déformer » la réalité et de faire porter aux autres la responsabilité de ses « crimes », après un discours du roi Salmane à l’Assemblée générale de l’ONU dans lequel il s’en prend à la République islamique.

Le monarque saoudien a accusé l’Iran, dans son discours mercredi, d' »activités expansionnistes », de « terrorisme » et d’avoir « pris pour cibles » des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite l’an dernier.

« L’Arabie saoudite a tenté pendant des années d’échapper à la réalité et de ne pas répondre de ses crimes en en faisant porter la responsabilité (aux autres) et déformant les faits », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saïd Khatibzadeh dans un communiqué.

Ryad accuse l’Iran d’avoir fourni aux rebelles Houthis du Yémen des drones et missiles utilisés dans l’attaque contre les installations du géant pétrolier saoudien Aramco en septembre 2019.

Téhéran a nié toute implication, et l’attaque, qui a réduit brièvement de moitié la production pétrolière du pays, a été revendiquée par les Houthis.

Le responsable iranien a accusé Ryad d’être « le principal soutien financier et logistique du terrorisme dans la région » et « l’origine des pensées des groupes terroristes takfiris », un terme utilisé par Téhéran pour désigner les groupes jihadistes sunnites.

Une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue en 2015 dans la guerre au Yémen pour soutenir le gouvernement face à la progression des rebelles Houthis appuyés par l’Iran.

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, d’après diverses ONG. Environ 24 millions de Yéménites, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’aide humanitaire, selon l’ONU.

Les tensions entre Ryad et Téhéran, qui n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 2016, sont encore montées l’an dernier à la suite d’une série d’attaques contre des pétroliers dans les eaux du Golfe, que Washington a imputées à l’Iran.

« L’Arabie saoudite est en train de délirer en raison de ses défaites continues sur le terrain et le plan politique au Yémen », a déclaré Khatibzadeh.

Il a qualifié le royaume de « créature misérable » pour son soutien à la pression américaine contre Téhéran et aux tentatives de normalisation des relations entre les pays arabes et Israël, ennemi juré de l’Iran.

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