Préconisant la prudence face aux premiers résultats, Gantz promet l’unité
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Préconisant la prudence face aux premiers résultats, Gantz promet l’unité

Le chef de Kakhol lavan a déclaré que "l'entreprise de réparation de la société israélienne" a commencé et que l'électorat israélien lui a renouvelé sa confiance

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la soirée post-élections à Tel Aviv, le 18 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la soirée post-élections à Tel Aviv, le 18 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

TEL AVIV — Il y a cinq mois, les chefs du parti centriste Kakhol lavan avaient crié victoire, un peu trop prématurément, en s’appuyant sur les résultats provisoires des sondages à la sortie des urnes.

Mercredi matin à l’aube, quand les chiffres étaient optimistes pour eux, le quartet de dirigeants a commencé à évoquer la formation d’une coalition, tout en appelant ses sympathisants à rester prudent et à attendre patiemment les résultats définitifs.

« Evidemment, nous attendons les véritables résultats. Mais il semblerait, pour le moment, que nous ayons rempli notre mission. Et qui plus est, nous l’avons fait à notre façon », a déclaré le chef du parti et ancien chef d’état-major Benny Gantz face à 200 sympathisants à Tel Aviv.

Benjamin Netanyahu, qui est encore Premier ministre, a pour sa part, échoué dans sa mission, a ajouté Gantz, soulignant qu’il supposait que les résultats définitifs s’aligneraient sur les résultats provisoires.

« Nous avons prouvé que l’idée que l’on appelle Kakhol lavan, une initiative lancée il y a quelques mois, est un succès, et de la belle manière, et qu’elle est là pour de bon », a déclaré Gantz devant un public en liesse à Hangar 11, à Tel Aviv.

Le président de Kakhol lavan Benny Gantz avec Yair Lapid, Moshe Ya’alon et Gabi Ashkenazi à la soirée post-élections à Tel Aviv, le 18 septembre 2019. (Crédit :Hadas Parush/Flash90)

Gantz n’a pas perdu de temps pour contacter ses alliés potentiels. Il aurait appelé le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh. Selon les sondages de sortie d’urne, les factions arabes obtiendraient entre 12 et 13 sièges.

Gantz n’a pas mentionné Odeh dans son discours, mais a dit avoir déjà pris contact avec Amir Peretz, chef du parti travailliste et Nitzan Horovitz, à la tête du Camp démocratique, pour lancer les négociations d’une future coalition.

« Je parlerais également au {chef du parti belliciste Yisrael Beytenu Avigdor] Liberman, j’ai l’intention de parler à tout le monde », a-t-il dit. « A compter de ce soir, nous commencerons à travailler en faveur d’un large gouvernement d’unité nationale ».

Le 18 septembre 2019, le président de Kakhol lavan Benny Gantz s’adresse aux supporters au quartier général de campagne de l’alliance dans la ville côtière israélienne de Tel Aviv. Ses alliés, Yair Lapid (2e rang) du parti Yesh Atid et Moshe Yaalon la partie Telem parle derrière. (Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP)

« Nous agirons pour former un large gouvernement d’union qui exprimera la volonté du peuple (…) Nous avons entamé les négociations et je parlerai avec tout le monde », a déclaré Gantz.

« Ce soir commence l’entreprise de réparation de la société israélienne », a souligné l’ancien chef d’état-major de l’armée reconverti à la politique. « L’unité et la réconciliation sont devant nous », a-t-il ajouté.

Il n’a pas mentionné Netanyahu ni le Likud mais il avait déclaré, pendant la campagne qu’ils étaient enclins à former un gouvernement national avec le parti de droite si Netanyahu n’en faisait pas partie.

Avant que Gantz ne monte sur l’estrade à 2 heures 15 du matin, un groupe d’une dizaines jeunes partisans de Kakhol lavan l’ont accueilli en le proclamant prochain Premier ministre.

Mais durant son discours, Gantz a préconisé à plusieurs reprises que la patience était de mise pour les jours à venir, reconnaissant que les résultats de l’élection de mardi ne traçaient aucune voie claire en faveur d’une coalition majoritaire.

« Selon les résultats que nous avons, il semblerait que pour la deuxième fois, le public nous a donné son mandat », a-t-il dit.

Les sondages à la sorties des urnes pour ce match retour électoral – le deuxième scrutin en cinq mois – donneraient à Kakhol lavan l’avantage par rapport au Likud, mais aucun des deux partis n’atteindrait le nombre magique de 61 sièges pour bâtir une majorité.

Les semaines à venir seront animées par les négociations de coalition, alors que les partis tenteront de former un gouvernement.

En avril, Kakhol lavan avait réussi à faire ex-aequo avec le Likud mais Netanyahu, Premier ministre depuis plus de 13 ans, a été chargé de former le gouvernement. Après avoir échoué à réunir 61 mandats, il a dissous la Knesset plutôt que de risquer que Gantz soit chargé de former un gouvernement.

Le président Rivlin, qui décide du député qui sera chargé de former le gouvernement, a promis de tout faire pour éviter un troisième scrutin.

Une grande affiche électorale pour Kakhol lavan avec les mots « gouvernement d’unité laïc » et une photo de Benny Gantz, à Tel Aviv, le 9 septembre 2019. (Flash90)

Gantz, l’un des trois anciens chefs d’Etat-major à la tête de Kakhol lavan, a dit qu’il était davantage préoccupé par les dissensions au sein de la société israélienne que par des questions sécuritaires.

‘Avant la politique, nous sommes un peuple », a-t-il dit. « Les schismes et les dissensions sont révolues », a-t-il promis.

Le numéro 2 de Kakhol lavan Yair Lapid, qui a pris la parole avant Benny Gantz, a déclaré que les résultats montraient que « les citoyens d’Israël ont prouvé aujourd’hui qu’ils sont mieux que leurs politiciens et leurs politiques ».

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la soirée post-élections à Tel Aviv, le 18 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Les extrémistes sont dehors, la crainte et la haine sont dehors, l’incitation et la dissension sont dehors. Aujourd’hui, les valeurs israéliennes ont repris leur place au cœur de l’arène politique israélienne », a-t-il dit.

Lapid a également préconisé la « patience », indiquant que les négociations de coalition sont « délicates et compliquées » et qu’elles prendront place en coulisses. »

Moshe Yaalon et Gabi Ashkenazi, respectivement en troisième et quatrième position sur la liste du parti, ont également appelé à la patience.

Les précautions prises par le quartet semblent montrer qu’ils ont tiré une leçon du discours de victoire prématuré prononcé par Gantz à la fermeture des bureaux de vote le 9 avril.

A l’époque, Gantz s’était basé sur les sondages à la sortie des urnes, et s’était auto-proclamé nouveau Premier ministre d’Israël et avait promis de « former une coalition large qui représenterait l’ensemble d’Israël ».

L’AFP a contribué à cet article.

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