Première depuis 2010, Israël stoppe ses importations de nourriture de Cisjordanie
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Première depuis 2010, Israël stoppe ses importations de nourriture de Cisjordanie

Les autorités israéliennes ont interdit à 5 compagnies de nourriture palestiniennes de faire venir des produits à Jérusalem, accusent les entreprises

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le checkpoint de Qalandiya, près de la zone industrielle d'Atarot, entre Jérusalem Est et la Cisjordanie, le 7 avril 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le checkpoint de Qalandiya, près de la zone industrielle d'Atarot, entre Jérusalem Est et la Cisjordanie, le 7 avril 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Israël empêche des producteurs de Cisjordanie de faire venir leurs marchandises à Jérusalem Est, ont déclaré les producteurs dimanche, dans ce qui semble être la première décision du genre depuis plus de cinq ans.

Les personnels de cinq entreprises palestiniennes, dont les produits ont été empêchés d’entrer dans Jérusalem, ont protesté dimanche près de la prison Ofer d’Israël à proximité de Ramallah.

Les autorités israéliennes auraient dit aux entreprises concernées mercredi dernier que leurs produits ne seraient pas autorisés à passer à travers le passage commercial de Beitunia, a annoncé l’agence d’information palestinienne Maan.

Les cinq entreprises sont Hamoda, al-Juneidi Produits Quotidiens et Alimentaires, al-Rayyan Produits, Salwa Nourriture et Industries alimentaires Siniora.

C’est la première fois depuis 2010 qu’Israël interdit des produits de Cisjordanie d’entrer dans Jérusalem Est, qui est considéré le territoire souverain d’Israël. En 2010, les autorités israéliennes avaient tenté une interdiction similaire des produits alimentaires de la Cisjordanie, déclarant qu’ils ne répondaient pas aux standards israéliens.

L’interdiction avait été levée peu après, suite à la pression internationale, y compris celle de l’administration américaine.

Fadi Abu Hilweh, le directeur du marketing pour Hamoda, a déclaré à Maan que la nouvelle interdiction pourrait entraîner la perte d’environ 1,2 milliard de shekels (260 millions d’euros) par an pour les entreprises.

Les consomateurs à Jérusalem Est, en plus des Arabes israéliens, représentent plus de 50 % du chiffre de vente des cinq entreprises, a-t-il déclaré.

Un autre responsable d’Hamode a affirmé qu’Israël imposait l’interdiction pour protéger ses propres entreprises de la concurrence extérieure, notait-on dans l’agence d’information al-Watan.

Amjad Muhtaseb, un employé du marketing pour al-Juneidi, a déclaré à l’agence de presse officielle palestinienne WAFA que les autorités israéliennes ont cité un manque d’étiquetage en hébreu sur les produits des compagnies comme la raison de l’interdiction de leur entrée à Jérusalem.

Les autorités israéliennes n’ont pas répondu à la demande du Times of Israel de commenter la décision.
Un officiel au ministère palestinien de l’Économie a déclaré à Maan que son ministère n’avait jamais été informé de la décision israélienne.

L’officiel a qualifié la décision de « violation flagrante du protocole de Paris » en référence à l’accord de 1994 qui avait établi le cadre pour des relations économiques entre Israël et l’OLP.

Mustafa Barghouthi, le chef du parti politique l’Initiative Nationale Palestinienne, a écrit sur sa page Facebook que la décision d’Israël constituait « un massacre des produits nationaux palestiniens » et était le début d’un « boycott officiel israélien contre des produits palestiniens ».

Barghouthi a appelé l’Autorité palestinienne a répondre en annonçant une interdiction immédiate de tous les produits israéliens en Cisjordanie et un boycott complet.

En février 2015, l’Autorité palestinienne a appelé au boycott des principales entreprises israéliennes de nourriture en réponse à la retenue israélienne de taxes. Les produits israéliens ont pourtant continué à être vendus dans des supermarchés dans toute la Cisjordanie.

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