Près de 22 000 participants à la gay pride de Jérusalem
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Près de 22 000 participants à la gay pride de Jérusalem

4 manifestants anti-LGBT arrêtés ; Le thème officiel de la parade vise cette année à honorer les membres âgés et les pionniers de la communauté

  • Un portrait de Shira Banki au défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)
    Un portrait de Shira Banki au défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)
  • Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)
    Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)
  • Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)
    Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)
  • Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)
    Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)
  • Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : AFP / Gali TIBBON)
    Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : AFP / Gali TIBBON)

La plus grande parade de la fierté de Jérusalem a débuté jeudi après-midi avec des milliers d’Israéliens qui ont inondé les rues de la capitale dans un contexte de manifestations massives des LGBT ayant eu lieu ces dernières semaines.

Des milliers de personnes se sont rassemblées pour le défilé annuel de la gay pride de Jérusalem au parc Liberty Bell.

Malgré la forte présence de la police, la foule, pour la plupart de jeunes Israéliens, semblait détendue et optimiste avant le début de la parade.

La foule de jeunes Israéliens, pour la plupart, vont assister à des performances musicales et à des conférences après avoir franchi les dispositifs de sécurité mis en place par la police.

Chaque participant a été interrogé et fouillé avant d’entrer dans la parade du défilé.

Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

Quatre membres de l’organisation extrémiste Lehava ont été arrêtés lors d’une manifestation anti-LGBT tenue en marge du défilé de la gay pride à Jérusalem.

Des reportages dans les médias en hébreu ont révélé qu’un certain nombre de membres de Lehava se sont bagarrés avec la police près du début de la route de marche, près du parc Liberty Bell.

Ces derniers jours, la police avait mis en garde des activistes anti-homosexuels en leur demandant de rester à l’écart de la ville lors de la marche annuelle. Elle a déclaré dans une déclaration publiée plus tôt qu’elle ne permettrait aucune « perturbation de l’ordre public » pendant le défilé.

Les orateurs qui vont prendre la parole incluent des représentants de la Jerusalem Open House, l’organisation phare LGBT de la ville.

Les participants arboraient des autocollants arc-en-ciel, des drapeaux et des pancartes avec des slogans tels que « né de cette façon », « il y a de l’amour en moi, et c’est plus fort que tout » et « aimez votre prochain comme vous-même.»

Les adolescents avaient de la peinture sur le visage et les plus âgés marchaient avec des drapeaux de fierté sur leurs épaules alors que les intervenants les encourageaient à célébrer leur identité, mais aussi à boire de l’eau sous le soleil brûlant de la capitale.

Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : AFP / Gali TIBBON)

Dans la foule on apercevait aussi des kippas – l’un des aspects les plus uniques de la parade de la fierté de Jérusalem.

Quant au thème officiel de la parade cette année, il s’agissait d’honorer les membres âgés et les pionniers de la communauté LGBT.

Robin Rosenbaum, âgée de 63 ans, a déclaré avoir été touchée par ce choix et a dit « que nous soyons visibles et que nos voix et nos besoins soient entendus par l’établissement ».

La native de San Francisco, qui vit en Israël depuis le début des années 1990, a expliqué que les problèmes de santé étant plus répandus parmi les siens, « il est essentiel que le système de santé israélien reconnaisse les besoins des personnes LGBT ».

Rosenbaum a déclaré que le thème avait aidé à « briser le mythe selon lequel le vieillissement était quelque chose de négatif ».

« Vous pouvez toujours avoir des relations lesbiennes passionnées à cet âge. Je le sais parce que c’est ce qui m’arrive », a-t-elle ajouté.

Malgré l’intention d’honorer les membres les plus âgés de la communauté LGBT, l’événement a été éclipsé par la frustration généralisée suscitée par une loi récente interdisant aux hommes homosexuels de jouir des droits de la mère porteuse (GPA).

Une grève nationale a été annoncée peu après l’adoption de la loi par la Knesset le mois dernier. Des dizaines d’entreprises et de succursales locales de multinationales basées en Israël ont annoncé leur soutien à la journée de protestation et leur volonté de permettre aux employés d’y participer.

Livni : La lutte pour les droits des LGBT n’a jamais été aussi importante

La cheffe de l’opposition à la Knesset, Tzipi Livni, a demandé à ce que la législation soit modifiée pour garantir l’égalité des droits pour la communauté LGBT en Israël.

S’exprimant au début de la marche de la fierté de Jérusalem, Livni a dit que si la parade annuelle n’était qu’un événement joyeux, ce n’était pas suffisant. « Nous ne nous contenterons pas d’avoir des parades, le vrai changement se produira quand la législation sera modifiée et qu’il y aura un changement social et politique significatif », a déclaré Livni.

« Nous sommes unis dans ce combat qui n’a jamais été aussi important », a-t-ajouté.

La députée Tzipi Livni s’exprimant lors du « Premier Congrès israélien sur le judaïsme et la démocratie », le 12 février 2018. (Crédit photo : Erez Uzir)

Des manifestants du défilé ont appelé à la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu, exprimant leur colère suite à la loi sur les mères porteuses récemment adoptée qui exclut les pères homosexuels.

Les marcheurs portent des pancartes ont appelé à remplacer le gouvernement et exigé une plus grande justice sociale en Israël. Certains ont été vus avec des pancartes dénonçant la loi de l’État-nation récemment passée qualifiée d’ « honteuse ».

Des appels à remplacer le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont été entendus lors du défilé.

Eyal Lurie-Pardes a précisé que la protestation des LGBT s’étendait bien au-delà de la loi sur les mères porteuses.

« Il s’agit aussi de prévenir les crimes de haine contre les personnes LGBT, d’interdire la thérapie de conversion, de reconnaître les mariages et les adoptions de couples LGBT », a-t-il dit.

Le jeune homme de 23 ans est candidat aux prochaines élections au conseil municipal de Jérusalem avec le parti Meretz de gauche. Il a été brièvement détenu la semaine dernière par la police pour avoir bloqué une intersection dans la capitale de la ville alors qu’il manifestait.

Lurie-Pardes a dit que la parade de la fierté est l’un de ses jours préférés de l’année. « Il n’y a pas mieux que de marcher dans les rues de Jérusalem drapé d’un drapeau arc-en-ciel avec la force de toute la communauté derrière vous. »

« Je suis un habitant de Jérusalem de troisième génération, je veux pouvoir ressentir cela tous les jours », a-t-il ajouté, déplorant la peur que lui et de nombreux couples LGBT ressentent encore lorsqu’ils marchent dans les rues de Jérusalem.

« Si je veux tenir la main de mon petit ami, je dois encore vérifier dans quel quartier je suis et s’il y a des gens autour … Nous sommes encore très loin du jour où nous pouvons marcher dans la rue et ne pas se sentir menacé. »

Rosenbaum et Luri-Pardes ont précisé qu’ils marchaient aussi pour tous ceux qui n’étaient pas présents ce jeudi.

« Nous marchons pour les personnes qui sont mortes, ou qui se sont suicidées, ou qui ne peuvent pas être ici avec nous, nous marchons pour l’autre », a déclaré Rosenbaum.

Un portrait de Shira Banki au défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)

Lurie-Pardes a ajouté que la parade était aussi pour les jeunes garçons et filles qui ne se sentaient pas suffisamment à l’aise pour y participer.

« Ceux qui voient le nombre de participants augmenter chaque année peuvent comprendre qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils peuvent être fiers de ce qu’ils sont vraiment. »

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