Printemps arabe/Egypte et Bahreïn : Obama s’explique sur son « incohérence »
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Printemps arabe/Egypte et Bahreïn : Obama s’explique sur son « incohérence »

L'hypocrisie consistant à pousser vers la sortie Hosni Moubarak tout en étant discret sur la répression au Bahreïn, où sont stationnées des forces américaines avait été dénoncée

Le président Barack Obama écoute un discours du président égyptien Hosni Mubarak dans l'East Room à la Maison Blanche, le 1er septembre 2010. (Crédit : AP Photo/Charles Dharapak)
Le président Barack Obama écoute un discours du président égyptien Hosni Mubarak dans l'East Room à la Maison Blanche, le 1er septembre 2010. (Crédit : AP Photo/Charles Dharapak)

L’ancien président américain Barack Obama, revient, dans ses mémoires publiés mardi, sur sa gestion critiquée du Printemps arabe, en 2011, et ses choix difficiles dans un monde « en grand désordre ».

Dans Une terre promise (« A Promised Land »), premier tome de ses mémoires qui est publié simultanément en 25 langues à travers le monde, il aborde les vives critiques dont il a fait l’objet alors.

Certains avaient dénoncé l’hypocrisie consistant à pousser vers la sortie l’Egyptien Hosni Moubarak, maître absolu de l’Egypte pendant 30 ans, tout en étant beaucoup plus discret sur la répression dans le sang des manifestations au Bahreïn, où sont stationnées des forces américaines.

« Je n’avais aucune façon élégante d’expliquer cette incohérence apparente, au-delà de la reconnaissance du fait que le monde était en grand désordre, et que, en politique étrangère, je devais en permanence trouver un équilibre entre des intérêts contradictoires », écrit-il.

« Le fait que je ne pouvais, en toutes occasions, placer les droits de l’homme au-dessus de tout autre considération ne signifiait pas que je ne devais pas essayer de faire ce que je pouvais quand je le pouvais ».

Après avoir rencontré Moubarak au Caire en 2009, Barack Obama écrit avoir ressenti « un sentiment qui allait devenir familier » dans ses interactions avec « des autocrates vieillissants ».

Il évoque des hommes « reclus dans leurs palais, dont toutes les interactions étaient filtrées par les fonctionnaires obséquieux qui les entouraient et qui étaient incapables de faire la distinction entre leurs intérêts personnels et ceux de leur pays ».

« Une terre promise » (« A Promised Land »), premier tome des mémoires de Barack Obama, dans une librairie de New York, le 17 novembre 2020. (Crédit : Jamie McCarthy/Getty Images/AFP

Sombre souvenir de Ryad

L’ancien locataire de la Maison Blanche (2009-2017) raconte avoir été conscient de prendre un risque en appelant publiquement le dirigeant égyptien à céder le pouvoir mais souligne que, s’il avait été un jeune égyptien, il aurait « probablement » fait partie des manifestants.

« Je n’avais peut-être pas le pouvoir d’empêcher la Chine ou la Russie de réprimer ses dissidents. Mais le régime Moubarak avait reçu des milliards de dollars de la part des contribuables américains », raconte-t-il.

« Accepter que le bénéficiaire de cette aide, quelqu’un que nous appelions un allié, utilise une telle violence injustifiée contre des manifestants pacifiques (…) représentait un pas que je ne voulais pas franchir ».

Lors du même voyage, il raconte avoir gardé un sombre souvenir de son passage en Arabie saoudite, avec sa stricte séparation entre les hommes et les femmes.

Il dit avoir été « frappé de voir à quel point ce lieu de ségrégation entre les sexes était triste et oppressant, comme si j’étais entré dans un monde où toutes les couleurs avaient été supprimées ».

Barack Obama évoqué par ailleurs le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avec lequel il a entretenu des relations notoirement difficiles.

« Sa vision de lui-même comme principal défenseur du peuple juif (…) lui a permis de justifier presque n’importe quelle décision qui lui permettrait de garder le pouvoir », écrit-il.

« Et sa fine connaissance de la politique et des médias américains lui donnait la conviction qu’il pouvait résister à toute forme de pression qu’une présidence démocrate comme la mienne aurait pu essayer de mettre ».

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