Profanation et tags antisémites dans deux cimetières en France et en Allemagne
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Profanation et tags antisémites dans deux cimetières en France et en Allemagne

Tags "racistes et antisémites" dans un cimetière de l'Aude; des tombes du cimetière juif de la ville de Worms, l’un des plus vieux d’Europe, a été profané

Le village de Gruissan, dominé par la Tour Barberousse. (Crédit : Ptitgonevx / CC BY-SA 3.0)
Le village de Gruissan, dominé par la Tour Barberousse. (Crédit : Ptitgonevx / CC BY-SA 3.0)

Une vingtaine de tombes du cimetière de Gruissan, station balnéaire de l’Aude, ont été taguées de croix gammées et d’inscriptions haineuses, a indiqué lundi à l’AFP la procureure de Narbonne Marie-Agnès Joly.

Dimanche, le gardien du cimetière de Gruissan a constaté les dégradations, « des actes de vandalisme sur une thématique antisémite et raciste », a précisé la procureure qui a mentionné « des inscriptions et des croix gammées sur un certain nombre de tombes ».

Les sépultures sont intactes, a-t-elle précisé, confirmant des informations de France 3 Occitanie.

Selon le site internet de la chaîne, les inscriptions « Mort aux Français », « Mort aux Juifs », « Vendus », « Crève » ont notamment été relevées sur les pierres tombales.

Des techniciens en investigations criminelles ont été envoyés sur place pour effectuer des prélèvements. La brigade de recherche de gendarmerie de Narbonne mène l’enquête.

Lundi, les gendarmes devaient recueillir les plaintes du maire de Gruissan et des familles.

Dans un communiqué, Léo Ohana, président du Consistoire de Narbonne, a déclaré son indignation et son inquiétude.

Le CRIF a lui salué la réactivité du maire de Gruissan. « Ces faits sont d’une extrême gravité, ils doivent interpeller les élus, les forces de l’ordre comme le Grand Public », a écrit l’organisation. « Ils sont les marqueurs d’une montée des expressions violentes et de leur tristement classique dérive vers une haine raciste et antisémite. Lorsque l’antisémitisme s’exprime alors qu’aucun Juif n’est impliqué, cela devient le signal d’une haine majeure sans fondement mais génératrice de passage à l’acte. Cela doit amener les décideurs à des actions urgentes en matière d’éducation, de prévention et de sanctions porteuses du refus de ‘laisser faire’ une telle dérive sociétale. »

Des pierres tombales vandalisées dans le cimetière juif médiéval de la ville allemande de Worms. (Site Web de la ville de Worms via JTA)

Ce week-end également, des tombes du cimetière juif de la ville de Worms, l’un des plus vieux d’Europe, ont été profanées, a rapporté l’agence European Jewish Press. 50 à 100 tombes ont été visées.

Celle du célèbre rabbin Meïr Bar Baroukh, dit le « Maharam de Rothenburg », l’une des grandes figures du judaïsme ashkénaze du 13e siècle, a notamment été touchée par les dégradations.

« Il ne fait pas de doute que la crise du coronavirus a apporté avec elle un regain d’antisémitisme, et nous voyons maintenant comment le poison véhiculé par les réseaux sociaux se transforme en actes antisémites », a témoigné le rabbin Menahem Margolin, président de la Conférence des rabbin européens. « Nous appelons le gouvernement allemand non seulement à réagir fermement contre les auteurs de crime et à rénover le cimetière mais aussi à adopter le plan de lutte globale contre l’antisémitisme que nous avons élaboré, notamment par le biais de l’éducation. »

« Les actes antisémites se multiplient, ils deviennent un phénomène routinier et font désormais partie de l’ordre du jour normal de la vie juive en diaspora… », a commenté Yaakov Hagoel, vice-président de l’Organisation sioniste mondiale.

Worms est une ville importante dans l’histoire des Juifs d’Europe dans laquelle Rachi de Troyes a vécu.

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