Protestations des ultra-orthodoxes contre le confinement
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Protestations des ultra-orthodoxes contre le confinement

La police pense que certaines manifestations seraient un stratagème pour se déplacer d'une ville à l'autre lors du confinement ; mobilisations à Jérusalem et à Bnei Brak

Des Juifs ultra-orthodoxes protestent contre les restrictions sanitaires liées au coronavirus à Bnei Brak, le 20 septembre 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)
Des Juifs ultra-orthodoxes protestent contre les restrictions sanitaires liées au coronavirus à Bnei Brak, le 20 septembre 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

Des protestataires ultra-orthodoxes se sont mobilisés dans plusieurs villes dimanche soir contre le confinement national lié au coronavirus, certains étant soupçonnés d’utiliser les manifestations comme un stratagème pour contourner les restrictions de déplacement.

En vertu du confinement de trois semaines qui a pris effet vendredi, les Israéliens ne peuvent pas s’éloigner de plus d’un kilomètre de leur domicile, sauf pour un besoin essentiel, bien que plusieurs exceptions aient été faites, notamment pour les protestations.

Avant la fête de Rosh HaShana ce week-end, la police a reçu de nombreuses demandes d’approbation de manifestations ultra-orthodoxes débutant après la fin de la fête, ce qui a éveillé leurs soupçons. Les fonctionnaires ont estimé que certaines de ces demandes étaient légitimes, mais que beaucoup d’entre elles servaient de couvertures pour se déplacer, selon la Douzième chaîne.

« Nous sommes bien conscients que certains tenteront de profiter des diverses exceptions pour rentrer chez eux après avoir été absents pendant les fêtes de Rosh HaShana », a indiqué une source policière à Haaretz. « Ceux qui le veulent peuvent contourner les règlements, mais nous attendons du public qu’il assume ses responsabilités ».

Il est traditionnel de passer Rosh HaShana en famille, et pour les juifs religieux, cela signifie rentrer chez eux uniquement lorsqu’ils sont autorisés à conduire à la fin des deux jours de fêtes. Mais cette année, le nouveau confinement a commencé la veille de Rosh HaShana afin d’empêcher les rassemblements familiaux qui pourraient propager des infections.

Le dimanche soir, après la fin de la fête, des convois de bus sont arrivés à Jérusalem et à Bnei Brak pour transporter les familles vers des événements désignés comme des manifestations dans d’autres régions du pays où vivent d’importantes populations ultra-orthodoxes, comme Elad et Beit Shemesh.

Certains bus portaient des pancartes sur le pare-brise avant indiquant qu’ils se rendaient à une manifestation.

« Les lois nuisent aux ultra-orthodoxes et si les laïcs sont autorisés à se déplacer d’un endroit à l’autre pour protester, nous y sommes également autorisés », a déclaré Yehuda, un résident de Bnei Brak, au site d’information de Ynet après avoir passé Rosh HaShana à Jérusalem.

Il a ajouté : « Avant le début des fêtes, je suis allé avec ma famille chez notre famille à Jérusalem quand cela était autorisé et maintenant je retourne à Bnei Brak pour une manifestation… Il n’y a pas de problème et il y en a beaucoup d’autres comme moi dans la population ultra-orthodoxe ».

La police a expliqué à la Douzième chaîne qu’elle ne pouvait pas empêcher le déplacement en masse, malgré le confinement, car elle n’avait aucune preuve que les demandes de protestation étaient illégitimes.

Lors d’un rassemblement à Bnei Brak, un groupe de manifestants a défilé dans les rues. Le quotidien Haaretz rapporte que des familles ont été vues portant des valises dans le quartier en train de rentrer chez elles, apparemment sous le couvert des protestations.

Des vidéos montrent des manifestants en train de brûler une benne à ordures au milieu de la rue, et des médias en hébreu ont rapporté que certains d’entre eux avaient traité la police de « nazie ».

La police a déclaré qu’un homme d’une vingtaine d’années avait été arrêté pour avoir prétendument troublé l’ordre public.

Un représentant de la communauté de Bnei Brak, Avraham Zilbershlag, a défendu la manifestation en disant : « La protestation est destinée à exprimer le sentiment de douleur face aux conséquences destructrices du confinement, qui nuisent aux institutions religieuses, à l’économie et au bien-être des résidents ».

Des centaines de personnes ont également assisté à une manifestation similaire à Kikar Hashabbat à Jérusalem, un important carrefour dans un quartier ultra-orthodoxe de la ville.

On a également rapporté que des Israéliens non haredim recouraient à des subterfuges pour contourner la limite d’un kilomètre de déplacement.

« Soudain, tout le monde fait partie du personnel médical ou a une vieille grand-mère qui a besoin d’aide », a déclaré à Ynet la police à un point de contrôle dans la ville de Kiryat Shmona, au nord du pays, en faisant référence à d’autres exemptions aux restrictions de déplacement.

Des manifestants anti-gouvernementaux se sont également rassemblés dimanche soir contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant sa résidence officielle à Jérusalem et son domicile privé à Césarée.

Les cas de coronavirus en Israël ont augmenté ces derniers mois. Le professeur Ronni Gamzu, responsable de la lutte contre l’épidémie, a déclaré dimanche que les chiffres atteignaient des niveaux « d’urgence » qui pourraient voir 600 Israéliens mourir du virus par mois.

Le confinement de trois semaines, qui impose la fermeture de nombreuses entreprises et limite les déplacements et les rassemblements publics, s’étendra à d’autres fêtes religieuses importantes, notamment Yom Kippour et Souccot.

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