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Qatar/Gaza: accord pour l’approvisionnement en gaz naturel de la centrale électrique

Doha accepte d'ouvrir un compte de garantie pour construire un pipeline reliant les installations de gaz israéliennes à la seule centrale électrique de Gaza

Une Palestinien devant l'unique centrale électrique de Gaza, le 15 février 2018. (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED)
Une Palestinien devant l'unique centrale électrique de Gaza, le 15 février 2018. (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED)

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a annoncé vendredi la signature d’un accord avec la compagnie d’électricité de Gaza, en vue de l’ouverture d’un compte de garantie, visant à couvrir les coûts relatifs à l’approvisionnement en gaz et à la production d’électricité de l’unique centrale de la bande de Gaza, contrôlée par le groupe terroriste du Hamas.

Selon un communiqué, le Qatar sera le titulaire du compte et seul habilité à gérer les paiements. La compagnie de distribution d’électricité de Gaza déposera 5 millions de dollars par mois lorsque la centrale à gaz commencera à fonctionner.

Doha n’a pas indiqué quelle sera la durée de son engagement.

Le Qatar, l’Autorité palestinienne (AP) et la compagnie d’électricité de Gaza ont signé le mois dernier un accord faisant ainsi avancer un projet de longue date visant à approvisionner la seule centrale électrique de Gaza en gaz naturel israélien.

L’envoyé du Qatar pour la bande de Gaza, Mohammed Al-Emadi, assiste à une conférence de presse à l’hôpital Shifa de la ville de Gaza, le 19 février 2018. (Crédit : AP/Khalil Hamra)

D’après Mohammad al-Emadi, l’émissaire du Qatar dans la bande de Gaza, Doha aurait signé à l’époque un mémorandum contenant une promesse d’investir 60 millions de dollars pour la construction du pipeline.

L’accord final, ainsi en préparation depuis des années, n’a pas encore été conclu de manière définitive, ce qui pourrait prendre encore des mois, voire même des années.

L’initiative dite « Gaz pour Gaza » est une danse diplomatique complexe, impliquant Israël, le Hamas, l’AP, le Qatar, l’Égypte et l’Union européenne (UE), entre autres acteurs. Le projet vise à remplacer le carburant diesel qui alimente actuellement la centrale électrique de Gaza par du gaz israélien.

Gaza souffre depuis plus de 10 ans d’un déficit chronique d’électricité. L’enclave côtière ne possède qu’une seule centrale électrique – qui fonctionne au diesel importé – et connaît des coupures quotidiennes de 8 à 12 heures.

Des camions égyptiens transportant du fuel entrent dans la centrale électrique de Gaza, à Nusseirat, le 21 juin 2017 (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Avec l’accord tacite d’Israël depuis 2018, le Qatar verse régulièrement aux dirigeants terroristes du Hamas à Gaza des millions de dollars en espèces.

Ces versements ont pour objet de payer le carburant de la centrale électrique, financer des projets d’infrastructure et fournir une aide à des dizaines de milliers de familles de Gaza.

La transition pour Gaza du diesel au gaz naturel est considérée comme une solution pouvant mettre un terme au problème de l’électricité que connaît l’enclave. Des pourparlers sur un gazoduc sont en cours depuis des années, sans calendrier précis concernant l’achèvement du projet.

Selon la proposition, le gaz naturel proviendrait du gisement de gaz israélien Leviathan, qui se trouve au large des côtes de Gaza, vers le sud d’Israël. L’UE et le Qatar financeraient l’extension du pipeline vers la centrale électrique de Gaza.

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