Quand les JO croisent la route de la géopolitique
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Quand les JO croisent la route de la géopolitique

Les jeux olympiques d'hiver en Corée du sud s'ouvriront sur un début de reprise du dialogue entre Séoul et Pyongyang

Patinage de vitesse - Jeux Olympiques 2014 - Vladislav Bykanov (Crédit : Wikipédia/CC)
Patinage de vitesse - Jeux Olympiques 2014 - Vladislav Bykanov (Crédit : Wikipédia/CC)

A un mois des jeux olympiques d’hiver en Corée du sud (9-25 février), Séoul et Pyongyang ont amorcé une reprise du dialogue, interrompu depuis fin 2015, après que la Corée du nord a envisagé une participation à ces JO.

Compétition universelle, les jeux Olympiques ont très souvent été au centre d’enjeux diplomatiques ou rattrapés par la politique.

Berlin-1936 : les Jeux de la propagande nazie

Les jeux d’été de Berlin restent un symbole fort d’instrumentalisation du sport par un régime.

La capitale allemande avait été choisie par le Comité international olympique (CIO) en 1931, deux ans avant l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler. Des voix s’étaient élevées pour demander le retrait des Jeux à Berlin, alors que les premières mesures antisémites étaient prises en Allemagne. Mais les États-Unis avaient renoncé à boycotter l’événement et la plupart des pays européens y avaient participé.

Hitler voulait que les jeux symbolisent la puissance de l’Allemagne et de la « race aryenne ». Lors de la cérémonie officielle, 100 000 bras s’étaient dressés pour le salut nazi. Mais un champion noir américain, Jesse Owens, avait fait voler ses plans en éclat, en remportant quatre médailles d’or, dont les 100 et 200 m, mais aussi la longueur en battant l’Allemand Lutz Long.

Jesse Owens au départ du 200m aux Jeux olympiques de Berlin, en 1936. (Crédit : Wikipedia)

Après une pause forcée de douze ans à cause de la Seconde Guerre mondiale, les Jeux avaient été de nouveau organisés à Londres en 1948, mais l’Allemagne n’avait pas été invitée par le CIO, pas plus que l’Union soviétique, absente depuis la révolution communiste de 1917, notamment des JO en 1952 à Helsinki.

Munich-1972 : Septembre noir

Trente-six ans après Berlin et 27 ans après la défaite du régime nazi, l’Allemagne avait à nouveau accueilli à nouveau les Jeux d’été, où allaient se nouer le pire drame de leur histoire.

Le 5 septembre, huit membres de l’organisation terroriste palestinienne Septembre noir avaient fait irruption dans le village olympique, tuant deux athlètes israéliens et en prenant neuf en otage.

L’intervention des services de sécurité allemands, sur une base militaire où devaient s’envoler le commando et ses otages, s’était achevée par la mort des neuf athlètes, d’un policier ouest-allemand et de cinq ravisseurs.

Les Jeux s’étaient interrompus dès la prise d’otage, mais avaient repris le lendemain.

Montréal-1976, Moscou-1980, Los Angeles-1984 : l’ère des boycotts

Les Jeux d’été de Montréal avaient été boycottés par 22 pays africains, qui voulaient protester contre la présence de la Nouvelle-Zélande aux JO, alors qu’une équipe de rugby de ce pays était partie en tournée quelques mois plus tôt en Afrique du sud, où régnait l’apartheid.

Privée de Jeux depuis 1960, l’Afrique du Sud ne devait pour sa part les retrouver qu’après la fin de l’apartheid en 1990.

Quatre ans après Montréal, les États-Unis avaient boycotté les JO d’été de Moscou, en réaction à l’intervention soviétique en Afghanistan l’année précédente.

Ce boycott, qui visait à isoler l’Union soviétique en pleine Guerre Froide, avait été suivi par des dizaines d’alliés des États-Unis.

En tout, 65 pays avaient décliné l’invitation soviétique (Allemagne de l’Ouest, Canada, Japon…), dont certains pour raisons économiques.

En 1984, les pays du bloc soviétique, excepté la Roumanie, avaient décidé de boycotter les JO d’été de Los Angeles, en réplique au boycott de 1980. Quatorze États, dont Cuba, l’Allemagne de l’est et la Corée du Nord, avaient suivi le mot d’ordre.

Séoul-1988 : la Corée, déjà

Ces Jeux d’été avaient vu la Corée du Nord boycotter la compétition, après avoir réclamé en vain une organisation conjointe avec la Corée du Sud.

Les relations entre les deux pays, séparés depuis 1945 et en guerre de 1950 à 1953, se sont souvent répercutées sur le terrain sportif.

Ainsi, aux Jeux d’été de 2000 (Sydney) et 2004 (Atlanta), ainsi qu’aux Jeux d’hiver 2002 (Salt Lake City) et 2006 (Turin), les deux pays avaient défilé ensemble lors de la cérémonie d’ouverture, sur fond de réchauffement diplomatique.

Les athlètes portaient la même tenue, sous un drapeau représentant la péninsule en bleu sur fond blanc. Un symbole qui a pris fin aux jeux de Pékin-2008.

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