Rechercher

Ram Ben Barak : « HaTzionout HaDatit obligerait les animatrices à se couvrir la tête »

Bezalel Smotrich, défenseur d'un Israël régi par la loi religieuse, a fustigé le député Yesh Atid ; Elazar Stern considère que le parti menace les femmes et la communauté LGBTQ

Le député Ram Ben Barak à la Knesset, à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Ram Ben Barak à la Knesset, à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Yesh Atid, Ram Ben Barak, a prévenu lundi que le parti HaTzionout HaDatit exigerait des animatrices de télévision qu’elles se couvrent la tête.

Dans une interview accordée à Radio Tzafon, Ben Barak a déclaré que le parti HaTzionout HaDatit serait « dangereux et anti-démocratique ». Il a ajouté que « bientôt, les présentatrices de télévision se couvriront la tête et les femmes ne pourront plus servir dans l’armée ; c’est vers cela que nous nous dirigeons ».

Le chef de HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, a appelé le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, à condamner les paroles de Ben Barak, qu’il a qualifié d’ « incitation ».

« Ben Barak a discrédité le public sioniste religieux et les employées du secteur de l’audiovisuel qui portent fièrement le foulard », a déclaré Smotrich, faisant référence à la communauté orthodoxe, non haredit.

Le parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit de Smotrich et d’Itamar Ben Gvir devrait devenir la troisième faction de la Knesset après les élections législatives du 1er novembre, avec environ 13 sièges, selon les derniers sondages, cependant reconnus pour n’être que peu fiables.

Le député Itamar Ben Gvir et le député Bezalel Smotrich du HaTzionout HaDatit-Otzma Yehudit ont enregistré leur parti pour les prochaines élections législatives à la Knesset, le 14 septembre 2022. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Ben Barak a ensuite défendu ses propos, en écrivant sur Twitter qu’il « respecte toutes les manières dont les gens choisissent de vivre leur vie ». Il a ajouté qu’il avait voulu dire que dans le cadre d’un gouvernement qui serait dirigé par Smotrich et Itamar Ben-Gvir, la loi juive orthodoxe « sera appliquée ».

Ben Barak a déclaré que « les tentatives d’utiliser cette déclaration, ou toute autre à des fins électorales, sont sournoises ».

Le ministre des Renseignements, Elazar Stern, a déclaré mardi à la radio de l’armée qu’il soutenait son collègue de Yesh Atid, affirmant que le parti HaTzionout HaDatit porterait atteinte aux droits des femmes et de la communauté LGBTQ.

« Je comprends sa déclaration – il l’a donnée comme un exemple d’un excès de coercition religieuse », a déclaré Stern à la radio de l’armée.

Elazar Stern, membre de la Knesset. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« En tant qu’individu qui se considère sioniste et religieux, je dis que, à mon grand regret, le parti HaTzionout HaDatit a une opinion claire contre les femmes servant dans Tsahal – pourquoi fermons nous les yeux sur cette question ? Et il est clair qu’ils porteront atteinte aux droits de la communauté homosexuelle », a déclaré Stern, qui a lui-même été critiqué pour des commentaires qu’il a faits l’année dernière, suggérant qu’il avait ignoré des plaintes pour harcèlement sexuel lorsqu’il était à la tête de l’administration des Ressources humaines de Tsahal.

Au fil des ans, Smotrich s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur d’un Israël régi par la loi religieuse.

Il a déclaré que le système judiciaire israélien devait adhérer à la loi juive religieuse et a affirmé que le pays devait aspirer à se gérer comme « à l’époque du roi David ».

Le leader de HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, arrivant pour voter lors des primaires du parti d’extrême droite, dans un bureau de vote à Jérusalem, le 23 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Smotrich a également affirmé par le passé que les unités mixtes nuisaient aux capacités opérationnelles de l’armée.

Les femmes servent dans une variété de rôles au sein de Tsahal, dans de nombreux cas aux côtés de leurs homologues masculins. Toutefois, dans un certain nombre de cas très médiatisés, les femmes n’ont pas été autorisées à participer à des cérémonies en raison des objections de certains participants pour des motifs religieux, et ont été confrontées à d’autres formes de discrimination.

Smotrich est également connu pour ses remarques anti-LGBTQ et s’est vanté d’être un « fier homophobe ».

Il a déclaré qu’il avait « un problème avec la culture LGBT », a comparé le mariage gay à l’inceste et a apparemment attribué une vague de coronavirus à la Gay Pride de Tel Aviv.

Smotrich, qui siège à la Knesset depuis 2015, s’est fait connaître au niveau national près de dix ans auparavant, lorsqu’il a organisé une « parade des bêtes » pour protester contre le défilé de la Gay Pride.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...