Israël en guerre - Jour 282

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Récoltant seulement 18 voix, la motion de défiance contre Netanyahu ne passe pas

Le vote a été boycotté par la coalition ; pour Liberman, dans l'opposition, c'est "irréaliste" d'organiser des élections en pleine guerre

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'exprimant lors d'une conférence de presse, au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 18 janvier 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'exprimant lors d'une conférence de presse, au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 18 janvier 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Alors que la popularité du gouvernement ne cesse de dégringoler, une motion de défiance contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a toutefois recueilli que 18 votes à la Knesset, lundi soir – loin de la majorité nécessaire pour être adoptée par la Knesset, forte de 120 députés.

Le vote a été boycotté par la coalition, dont les chefs ont déclaré plus tôt dans la journée qu’ils « ne participeraient pas à des spectacles politiques en temps de guerre ».

La motion, déposée par le parti Avoda, évoquait « l’échec » du gouvernement à assurer le retour des 136 Israéliens qui seraient encore retenus en otage dans la bande de Gaza par le groupe terroriste du Hamas. L’incapacité de Netanyahu à obtenir la libération des captifs détenus à Gaza a entraîné les critiques féroces des familles de ces derniers et celles de ses adversaires politiques.

Efrat Rayten, députée d’Avoda, a affirmé que devant la plénière, avant le vote, que « le devoir fondamental d’un État envers ses citoyens est de protéger leur vie et leur sécurité ».  »

« Il est impossible de faire confiance à un gouvernement qui a échoué si lamentablement » pendant et après l’attaque du Hamas du 7 octobre », a-t-elle ajouté.

« Ni les moyens militaires, ni le gouvernement ne sont parvenus à faire revenir un seul otage », a pour sa part déploré Mansour Abbas, député du parti Raam, pendant le débat (une soldate a été toutefois secourue lors d’une opération militaire). Il a estimé que les captifs « paient le prix » des erreurs commises par Jérusalem et il a ajouté que la guerre devait cesser.

Prenant la parole pour le compte du gouvernement à la tribune, May Golan du Likud a accusé l’opposition de se livrer à un jeu de politique politicienne en temps de guerre.

« Le gouvernement, qui est un gouvernement responsable, ne participe pas aux petites politiques ou à tout autre type de politique alors qu’une guerre pour le droit à l’existence et à la sécurité des citoyens du pays est encore en cours », a-t-elle déclaré. Se tournant vers les membres des familles des otages, qui se tenaient dans la galerie, elle a dit que « nous comprenons votre souffrance et nous œuvrons en permanence en faveur du retour de ceux que vous aimez ». Elle a été huée.

Des Israéliens dont les membres de la famille sont retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza réagissent lors d’une session plénière dans la salle d’assemblée de la Knesset, le 22 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En réponse à l’absence de la coalition, la cheffe sortante du parti Avoda, Merav Michaeli, a estimé que le gouvernement avait « peur » dans son allocution devant lesz législateurs.

« Bibi fuit ses responsabilités », a-t-elle ajouté, utilisant le surnom de Netanyahu.

Michaeli avait expliqué sa décision de présenter une motion de défiance au cours d’une réunion de faction hebdomadaire de la Knesset, avant le vote. « Depuis le 7 octobre », avait-elle indiqué, « nous nous sommes abstenus de prendre cette mesure mais cela fait 108 jours que nous voyons ce gouvernement s’occuper de tout… à l’exception des otages », avait-elle noté.

« Et nous devons être prêts à cesser les combats » à Gaza « pour pouvoir rapatrier nos otages », avait-elle souligné.

« On ne peut pas marmonner sans arrêt en disant que la remise en liberté des otages et leur retour sont des questions plus importantes que tout le reste », avait-elle continué. « On ne peut pas continuer à mentir en disant que ‘seule une victoire totale pourra garantir l’élimination du Hamas et le retour de tous les otages’. Cela prendra très longtemps de renverser le Hamas et nous n’avons pas de temps. Ils n’ont pas de temps. Et nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à leur faire courir ainsi un danger qui est très clair, qui est immédiat et ce jour après jour. »

Des propos qui ont été tenus plusieurs heures après que des proches des captifs sont entrés dans la salle où se tenait une réunion de la Commission des Finances, au parlement, pour demander au gouvernement de faire davantage pour la remise en liberté de leurs êtres chers.

Mais malgré l’impopularité croissante de Netanyahu et malgré la rhétorique dure employée par ses adversaires à son égard, la motion n’a pas été en capacité de rassembler un soutien significatif de la part des autres factions d’opposition.

Des manifestants s’introduisent dans une séance de la Commission des Finances de la Knesset, appelant le gouvernement à agir pour faire libérer les otages encore détenus à Gaza, le 22 janvier 2024. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

S’adressant aux journalistes avant la réunion de faction de sa formation Yisrael Beytenu, dans l’après-midi de lundi, Avigdor Liberman avait rejeté la mesure d’Avoda, estimant que le pays « a besoin d’unité » et que des élections sont clivantes.

« Ce n’est pas le moment de relancer des guerres entre les Juifs », avait-il déclaré, disant qu’il était « irréaliste » d’organiser un scrutin en temps de guerre et s’interrogeant sur la manière dont le gouvernement pourrait permettre aux centaines de milliers de réservistes d’aller faire leur devoir civique.

« Est-ce qu’on va installer une urne à Khan Younès ? », avait-il demandé, narquois.

Malgré cela, Liberman avait reconnu que Netanyahu devait s’en aller, établissant que si la droite souhaite rester au pouvoir, il faudra renouveler son leader. « Le cas échéant, peu importe quand des élections auront lieu, la droite intégrera l’opposition », avait-il estimé.

Si Netanyahu « avait une once de conscience, qu’il était en mesure d’assumer ses responsabilités, il présenterait sa démission », avait-il souligné.

Suite à l’attaque commise par le Hamas, le 7 octobre, dans le sud d’Israël, la confiance dans le gouvernement a chuté – atteignant, selon l’Institut israélien de la Démocratie, son niveau le plus bas depuis deux décennies. Selon une étude qui a été diffusée, le mois dernier, par le think-tank dont le siège est à Jérusalem, plus des deux-tiers des Israéliens estiment qu’un scrutin devra se tenir dès que la guerre contre le Hamas sera terminée.

Avant le vote, le leader de l’opposition, Yair Lapid, a pour sa part appelé Netanyahu à négocier la date de nouvelles élections.

Même s’il a promis de promouvoir un vote de défiance contre le Premier ministre si le cabinet devait adopter un budget qui ne réduisait pas le montant des fonds alloués à la coalition, a indiqué Lapid aux journalistes, il attendra « une semaine encore », citant le retard pris par le gouvernement concernant la soumission du budget devant les députés de la Knesset.

Dans l’intervalle, « j’ai une proposition à faire au Premier ministre Netanyahu : Prenons place, vous et moi, le Premier ministre et le chef de l’opposition, et posons une date », a-t-il continué, affirmant qu’un scrutin était inévitable.

Le leader de l’opposition Yair Lapid lors d’une réunion de faction de Yesh Atid à la Knesset, le 22 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Au lendemain de la plus grande catastrophe de toute l’Histoire du pays, nous avons besoin d’un gouvernement qui regagnera la confiance du public, qui regagnera la confiance du système de sécurité, qui aura un plan pour le jour d’après ».

En réponse, le ministre des Finances Bezalel Smotrich du parti d’extrême-droite Hatzionout HaDatit a indiqué qu’il « y a une date convenue pour un scrutin, dans deux ans et demi. C’est la loi qui a déterminé cette date, c’est le public et c’est la société israélienne qui l’ont déterminée ».

Smotrich a aussi rejeté les appels à un nouveau cessez-le-feu dans la bande de Gaza, affirment que « dire qu’il est possible aujourd’hui de faire libérer les otages et de revenir après un mois ou deux de combats visant à éliminer le Hamas est de la science-fiction ».

Des paroles qui ont été reprises par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui a expliqué que « nous avons le devoir de rapatrier les otages et de lutter pour eux mais nous avons aussi l’obligation de nous assurer » que les autres citoyens d’Israël seront en sécurité.

La présidente du parti Avoda, la députée Merav Michaeli, annonçant qu’elle se retire de la direction du parti, lors d’une conférence de presse, à Tel Aviv, le 7 décembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Si des élections devaient avoir lieu aujourd’hui, environ trois mois et demi depuis le début de la guerre contre le Hamas à Gaza, le parti HaMahane HaMamlahti du ministre Benny Gantz serait bien placé pour former une coalition, écartant Benjamin Netanyahu de son poste, selon un sondage qui a été publié dimanche.

Alors qu’il leur était demandé quelles étaient les valeurs qui déterminaient Netanyahu dans sa prise de décision relative à la guerre, 53% des personnes interrogées par la Treizième chaîne ont indiqué croire que ses intérêts personnels passaient avant tout le reste. 33% seulement des sondés ont répondu qu’il agissait au nom de l’intérêt du pays.

L’enquête d’opinion a révélé que HaMahane HaMamlahti, de Gantz, deviendrait le plus grand parti au parlement avec 37 sièges – il en occupe 12 actuellement. Le Likud placé sous l’autorité de Netanyahu remporterait 16 sièges, un résultat divisé par deux par rapport au dernier scrutin. Le troisième parti de la Knesset serait Yesh Atid de Yair Lapid avec 14 sièges – il en a 24 actuellement.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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